K4306
Tikoun Peracha : Toldot



K4306 Tikoun Peracha : Toldot

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K4306

Toldot

Genèse Berechit

25.19
28.09
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25.19
Voici la postérité d'Isaac, fils d'Abraham.
25.20
Abraham engendra Isaac. Isaac était âgé de quarante ans, quand il prit pour femme Rebecca, fille de Bethuel, l'Araméen, de Paddan Aram, et soeur de Laban, l'Araméen.

( ; Berechit : 25.19 )




Itshak, énigmatique.



Incompréhensible.



Il vit à l’ombre d’Abraham.



Lui ressemblant, physiquement.



Mais tandis qu’Abraham vit la générosité, pour Itshak, la vie est celle de la rigueur.



Il est pauvre, tandis qu’Abraham est riche.



Les Cananéens ressentent Abraham comme un prince.



Berechit 23.6

"Tu es prince de Dieu, parmi nous."



Au contraire, Itshak se plaint à eux :



Berechit 26.27

"Vous me haïssez…"



Deux expériences, très différentes.



Abraham creuse des puits.



Les Philistins les bouchent.



Itshak, dans une piété filiale, les creuse à nouveau.



Il leur donne des noms.



Les noms mêmes qu’Abraham leur avait donné.



Le verset est clair :



"Abraham enfanta Itshak."



Itshak est tout fait de tension, d’introspection.



Il est torturé, par rapport à un Dieu qui est, pour lui ? épouvante.



Abraham ne se satisfait pas de cette situation.



Il décide d’agir.



Qu’Itshak se marie.



Qu’il construise sa propre famille.



Itshak est trop faible, pour pouvoir quitter la terre.



Jamais il ne l’a quittée.



A l’âge de quarante ans, la maturité.



Avot 5.21



"Quand on a quarante ans, l’intelligence."



La faculté de discrimination.



La capacité de féconder deux idées contradictoires, l’une par l’autre.



Bina est une qualité féminine.



La femme est sensible aux contradictions.



Elle les met en évidence.



Elle n’est pas paralysée par elle, et elle est féconde.



Elle possède un sens très sûr de l’humour.



L’humour est complètement absent chez Itshak.



Pourtant, à son propos, on rit beaucoup.



Sara rit.



Quand il naît, on rit.



Mais Itshak, lui-même, ne rit pas.



Les chrétiens persécutaient ceux qui riaient, déclarant que Jésus n’avait jamais ri.



Même si Pascal prétendait le contraire.



"Il était bon vivant, et il riait avec ses amis."



Itshak est tellement austère…



Pourtant, il fait l’amour, en plein champ, avec sa femme Rivka.



Oui, un personnage énigmatique.



Il va chercher Agar.



Il la remarie à son père, Abraham, sous le nom de Ketoura.



Il veut bénir, non Yaacov, mais Essav.



Dieu dit, éberlué :



"Il aime ce que je hais…"



Itshak est incompréhensible à tous, et aussi à Dieu.



Dans le traité Sanhédrin, il est enseigné qu’Israël reviendra à Itshak.



Chabat 89 B

Rabi Yonatan dit



C’est toi, Itshak, qui es notre père.



Abraham ne nous connaît pas.



Israël ne nous reconnaît pas.



C’est toi qui es notre père.



Toi, qui sais rendre justice et à Agar et à Essav.



Tandis qu’Israël, vautré dans ses idées fixes, en est incapable.



Il cherche à voler l’aînesse de son frère.



Et aussi sa bénédiction.



Il n’a aucun respect pour la décision paternelle.



Ne voyant que son propre intérêt.



Aucune moralité, aucun sens de la justice.



Revenir à Itshak ?



S’intéresser, enfin, à la justice.



Au lieu d’être partisan étroit, seulement occupé de sa propre cause.



Rivka est étonnée de sa grossesse étrange.



Elle va consulter Dieu.



Ce n’est pas le cas d’Itshak.



Et elle ne lui en dit rien…




27.1
Isaac devenait vieux, et ses yeux s'étaient affaiblis au point qu'il ne voyait plus. Alors il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit: Mon fils! Et il lui répondit: Me voici!
27.2
Isaac dit: Voici donc, je suis vieux, je ne connais pas le jour de ma mort.
27.3
Maintenant donc, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va dans les champs, et chasse-moi du gibier.
27.4
Fais-moi un mets comme j'aime, et apporte-le-moi à manger, afin que mon âme te bénisse avant que je meure.

( ; Berechit : 27.1 )




Je vais mourir, et je n’aurai goûté à rien…



Yaacov est tout entier dans les tentes.



L’étude.



Son seul horizon ?



Tora et mitsvot.



Le pauvre, il n’en a pas honte…



Je t’en prie, mon vrai fils…



Donne-moi ce qui me manque.



Du gibier…



A cela, je n’ai jamais goûté.



Suspendu aux règles inflexibles de la cachrout, et ne connaissant rien d’autre.



Le sabot et la rumination, au milieu des nageoires et des écailles.



Fais-moi un mets comme j’aime…



Jamais je n’y ai goûté.



Ce ne sont pas les repas de ta mère qui m’apportent cela.



Je t’n prie, sors-moi de mon caveau.



Avant Makhpela, j’y suis déjà…



Goûter la saveur de l’interdit.



C’est cela que je désire.



Toi qui t’y adonnes chaque jour, je veux que tu me sauves.



Que tu me sortes de mes ornières yechiviques.



Que je vive, enfin, au lieu de me contenter de la "petite mort" qui est la mienne, depuis que je suis né.



Toi, mon unique fils, tu respires l’air de la vie.



Moi, je me contente d’ânonner :



Devarim 30.18

"Choisis la vie."



Mais je ne sais pas en quoi elle consiste.



J’ai trop goûté à la liturgie synagogale…



Il ne s’agit pas vraiment de musique.



Ne m’abandonne pas à la plénitude de ma déchéance.




28.1
Isaac appela Jacob, le bénit, et lui donna cet ordre: Tu ne prendras pas une femme parmi les filles de Canaan.
28.2
Lève-toi, va à Paddan-Aram, à la maison de Bethuel, père de ta mère, et prends-y une femme d'entre les filles de Laban, frère de ta mère.

( ; Berechit : 28.1 )




Fais ce que j’ai fait, petit.



Sors de l’ornière bien balisée de ta famille parfaite.



Elargis tous tes horizons.



Ressemble, autant que tu le pourras, à ton merveilleux frère.



Confronte-toi à mon bandit de beau-frère.



Cela te fera, peut-être, un peu de bien.



Si du moins tout n’est pas perdu, pour toi, comme pour moi.

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