Y2150
Pensées



Y2150 Pensees

"Envie de" ? Un jargon publicitaire, incitatif. Il est trop long de demander "Avez-vous envie de" ? Une formule ramassée suffit, qui s’applique aussi bien aux pâtisseries et aux chocolats qu’aux expressions, prétendues, de la plus haute intellectualité. Consommateur, consomme, c’est ton rôle et ta seule définition. Ne trouble pas le verbiage de l’insignifiance, que l’on aime à appeler… "culture".

Mahmoud Mohamad Taha, au Soudan, a des idées tolérantes sur la réforme de l’islam. Le chef de la junte soudanaise, Gaafar Nimeiri, le fait pendre, en 1985. Auparavant, il déclare qu’il a étudié pendant 27 heures la doctrine de Taha. Il en a conclu qu’elle était anti-islamiste. Un simple chef de junte peut donc juger de ce qui le dépasse infiniment ? Les horizons de Taha lui faisaient connaître Descartes, Sartre, Marx, la psychanalyse. Les Motazalites, les Soufis, Hallaj, Ibn Arabi, Ghazali. Egalement, la philosophie grecque. Nimeiri n’était pas un savant… De plus, même si une pensée diverge de l’islam, l’intellectuel qui l’exprime ne mérite aucune mort. Même si Pie IX, canonisé par Jean-Paul II, avait déclaré : "La liberté de conscience est un délire". Dans le crime d’abus de pouvoir de Nimeiri, l’université Al Azhar a approuvé. Des tyrans divers s’acharnent à être malfaisants. Souvent, ils revêtent leur cruauté de l’idole Dieu, conscients qu’ils sont de si bien agir…

La vie politique provoque, dans tous les pays, écœurement et dégoût. Elle est faite de vantardise permanente, de morgue, d’arrogance. Aucune valeur, et seulement la prétention illimité.

Hypocrisie des inhumations… Suivant le cas, des sentiments empruntés affichés. Assez peu de sincérité, dans l’excès des louanges et des reproches, plus rarement.

Poincaré écrit à Maurras : "Pardonnez à un illettré de vous écrire". Une humilité qui est rare, la forfanterie étant plus commune.

Un langage pédant, infect… "Rendre sa copie", "adouber". Aucun naturel, le mimétisme qui conduit au conformisme absolu, dans l’insignifiance. Chacun se conforme aux grimaces verbales des autres, et c’est l’envie de vivre qui disparaît.

Hommes politiques roublards, menteurs, rusés. Avant tout, hypocrites. Ils sont la honte de leur peuple. Il vaut mieux éviter de les regarder, pour ne pas contracter leurs tares. Quand chaque parole est un mensonge, un calcul bien visible.

Malgré ses dirigeants ignobles, un peuple peut être beau. La politique arriviste le macule, mais superficiellement ; il garde une fraîcheur, un charme, que ses rois ne peuvent endommager, malgré leurs traditions permanentes du crime.

Tu es celui que tu es ; la cruauté des chefs ne peut enlaidir ta nature profonde.

Quels sont les pires ? Les hommes de religion, ou les politiciens ? La même laideur, visible et lisible à tout instant.

Méfie-toi de Dieu ! enfin, des idoles que l’on te présente comme lui, alors qu’il ne s’agit que d’une vertu grimaçante, empruntée, mensongère.

Un appel hypocrite au consensus, à chaque souffle. Ce que je fais est tellement louable ! Tu ne peux que m’emboiter le pas, te conformer. Toute déviance mérite la mort.

Un ton, celui de ce qu’on appelle les "informations". Approuver, encenser, admirer. Mais il ne s’agit que du vide.

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