Y2132
Pensées



Y2132 Pensees

Galilée doit renoncer à ses découvertes, les nier. Sous menace de torture, il accepte ce reniement. L’Eglise est puissante, et elle croit, arrogante, qu’elle a le droit de persécuter tous ceux qui résistent à ses affirmations, fondées ou non. Le cardinal Barberini, par lequel Dieu parle, dicte à Galilée les lois correctes de l’astronomie et de la mécanique. Tous ces cardinaux sombres, Cibo, de Lorenzaccio. Galilée se soumet. Il y a peu, l’Eglise a indument brûlé Giordano Bruno, qui lui résistait. Il s’est détourné, quand on lui présenta un crucifix. L’Inca, assassiné, après conversion. Jan Hus, brûlé, pour sainteté. Dans les conciles convoqués à cet effet, le procès de Pélage est falsifié. De même, celui d’Abélard. Saint Augustin est sûr de son bon droit, de même que saint Bernard. Celestius, disciple de Pélage, s’exprime narquoisement : "Il y a encore beaucoup de Mani dans le lupanar d’Augustin". Une opinion véridique. Effectivement, Augustin est toujours manichéen, et il le restera. L’Eglise attrapera ses fantasmes, comme autant de maladies. Et l’Eglise catholique, infestée de la gnose, détestera le corps, la vie, la sexualité. Elle considérera que la femme est l’instrument du diable, puisqu’elle a détourné de l’obéissance Adam, qui n’était ni chrétien ni catholique. Religiosité fétide, pestilentielle, qui ne sait que faire le malheur de l’homme. Tout en consommant abondamment, dans l’hypocrisie, la chair de la femme, de l’homme, de l’enfant. Un malheur qui éclipse beaucoup de cataclysmes. Cataclysmes naturels, cataclysmes provoqués par l’homme, sournoisement, dans la méchanceté et la foi, qui est en général mauvaise.

Les Vaudois donnent leurs biens aux pauvres ? On trouve, dans les Evangiles, des paroles de Jésus qui le demandent au jeune homme riche. Mais l’Eglise est horrifiée par ce blasphème, cette hérésie qui sent le diable. Les Vaudois sont méchamment pourchassés, comme les Bahaï en Iran, qui se croit défenseur des folies, légitimes, de Dieu. Une religiosité qui n’apporte aucun bien, et qui détruit la vie des hommes. Elle a pourtant une excellente réputation, et les naïfs répètent, à longueur de vie, que "toutes les religions sont bonnes". De même, aux dires de Serge Cohen, "Staline est la plus grande autorité scientifique de tous les temps". Et même, Paul Eluard, poète, le magnifie tel Dieu. Quelle chance de posséder une vérité scientifique tellement certaine ! Staline, Karl Marx… Tous les deux, de si grands savants ! Après tout, ils pouvaient tranquillement divaguer : Platon n’avait-il pas déclaré qu’il n’y a d’amour possible qu’entre hommes ? Que la femme est un homme puni ? Des penseurs tellement éminents ne peuvent qu’être admirés, encensés, magnifiés. De même que les empereurs romains, déifiés au milieu de leurs crimes. L’humanité, les bras ballants, adore les idoles qu’on lui propose, surtout quand elles sont dument décorées. Personne, pratiquement, n’ose douter de ce qui est parfaitement établi.

Etienne La Boëtie : Les tyrans ne sont pas rejetés ; chacun accepte leur pouvoir détestable, délirant. Parce que tous aiment la servitude. Qu’ils renoncent tranquillement à toute liberté. Quelle joie ! On m’indique obligeamment ce que je dois penser, dire, faire. Je ne me risque pas à oser penser par moi-même. J’adopte tranquillement les conclusions des propagandes et des publicités. Il s’agit de ma nourriture quotidienne, celle qui fausse ma vie, avec mon plein accord. J’aime tous ces mensonges. Je les entretiens complaisamment, dans mon esprit bourgeois jusqu’à la moelle.

La liberté, largement condamnée par tous. Elle est outrecuidante. Ce sont les mensonges de ma religion qui font de moi un être libre, heureux. Vide et seul, au milieu de mes congénères, eux aussi aseptisés. Des rhinocéros, disait Ionesco. Mais toutes les espèces animales peuvent servir de modèle, au milieu de la crainte de déplaire, qui peut attirer des conséquences tellement funestes.

Opposer le corps et l’esprit, et ne pas se rendre compte qu’il s’agit d’une grave maladie, qui détruit la vie. Les cerveaux malades, happés par les religions, dont les dictateurs s’inspirent constamment, dans la facilité, la paresse. Il n’y a rien d’autre que le mensonge ; il prime, investit tous les "espaces", se conduit en maître. Rien d’autre qu’un esprit vicié, qui n’a même plus la force de crier son mal. Résigné, il se limite à la quasi-vie de son taudis. Se disant content, heureux de ce que les chefs mondiaux s’inspirent directement de la vérité qui les fait mourir…

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