Y2104
Pensées



Y2104 Pensees

Woerth, ministre, donne la Légion d’honneur à de Maistre, fondé de pouvoir de l’Oréal, pour qu’il engage sa femme, probablement incapable. Fillon fait de même, avec le propriétaire de la Revue des Deux Mondes (celui de l’iniquité et de l’injustice) pour qu’il engage, dans la revue, sa femme Pénélope. Un procès voit Woerth acquitté, dans un univers où le cloaque sordide est la règle. Quand on procède ainsi avec Dieu – par exemple, Hélène, mère de Constantin, qui soudoie Dieu pour qu’il pardonne les crimes de son fils – rien de cela n’est choquant. Il faut un cadeau à Nicolette, pour qu’elle se donne à Aucassin. Le troc honteux, quand il n’y a aucun amour, et que tous vivent sous le signe du vol, que l’on appelle, pudiquement, corruption.

Une étonnante admiration pour le mal. Les tyrans ont un public captif, qui aime leur monstruosité. Il convient de laisser de côté la fiction du "despote éclairé". Il est toujours despote, mais jamais éclairé. Chaque jour ses crimes, dont le peuple est friand. Instinctivement, c’est vers ces gens qu’il se porte, dans ses préférences. Alors qu’il laisse de côté les misérables équitables. Les pyramides de crânes de Tamerlan ont toujours été grandement appréciées. Le dictateur fou est celui que les gens aiment. Dans la légende du Graal, le roi pécheur est malade de sa sexualité. Comme Jésus. C’est pour cela qu’il est aimé. La pédophilie des prêtres catholiques paraît au peuple comme une sorte de droit. Malades, certainement, mais d’autant plus attachants dans leurs infirmités. Népotisme, corruption. Offrir la Légion d’honneur à celui dont on attend quelque chose. Le mensonge invétéré, en guise de moyen habituel d’expression. Quels sont les monarques qui sont aimés ? Les pires. A l’époque des Borgia, chaque soir, 60 courtisanes nues dansent pour les cardinaux, qui apprécient beaucoup ce spectacle raffiné.

Alfred Nobel, institue un prix. Mais sa vie est malheureuse. Il déclare qu’elle est plus misérable que celle de n’importe quel chien errant. Un bel optimisme, en ce qui concerne la science. Mais, en même temps, il écrit une terrible pièce, "Némésis", qui décrit la vie à Rome. Dépravation, inceste, adultère. Crime, poison. Le pape, comme les cardinaux, s’adonnent à tous les vices. En même temps, l’avenir du progrès, et la lucidité en ce qui concerne les dignités prétendues.

Ne fais pas comme si les attitudes méprisantes, haineuses, n’existaient pas. Elles constituent, au contraire, le quotidien des pensées et des paroles des gens. Ils aiment détester, et croient que leur détestation est justifiée Toutes sortes de haines. Elles ne se concentrent pas toutes sur les maladies antijuives du nazisme.

"Juste milieu" ? Il n’intéresse personne. Tout au contraire, il provoque de la répugnance. Seul l’excès attire. Sans passion, pas de vie.

Mes espions, ils ont raison d’espionner ; par contre, ceux qui m’espionnent sont des monstres, qui méritent cent fois d’être sanctionnés. Je m’attendrais à trouver plus de maturité en Israël. Mais ce n’est pas le cas. Punir radicalement les intrusions, et bêler, avec beaucoup de conviction, à propos du retour en Israël de Jonathan Pollard.

Israël ? Toutes sortes de blocages. L’incapacité d’avoir une discussion politique raisonnable. C’est affligeant, inquiétant. Le nationalisme israélien est assez symétrique de ceux du Hamas, du Hezbollah. Des idées délirantes, outrées. Au contraire, dans des temps plus anciens, la lucidité, dans les propos de Ben Gourion, de Nahoum Goldmann. L’Etat a favorisé l’extrémisme, l’exigence du passe-droit. Ne pas comprendre le point de vue des Palestiniens, et ne pas non plus s’y intéresser. Un peuple devenu médiocre, obtus.

Tout permettre, sur le plan sexuel, et partout : C’est, paraît-il, la vraie liberté, celle qui constitue le droit essentiel de chacun. L’amour à plusieurs, n’importe qui avec n’importe qui, sans même se connaître. Et trouver en cela une soi-disant liberté, qui se venge de la morale bourgeoise, tellement exiguë.

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