Y2097
Pensées



Y2097 Pensees

Un disciple admiratif de Spinoza : "Tous ceux qui, avant lui, avaient parlé de l’Ecriture, l’avaient fait en aveugles". Lui seul était perspicace, lucide, inspiré… Ces versets, ils étaient impénétrables à tous, sauf à lui. Spinoza, digne du prix Nobel de la Bible… En vérité, sa valeur était ailleurs. Il n’était nullement un fin exégète, mais un penseur de liberté. Mais peu nombreux furent ses disciples qui le comprirent. D’où une louange, sur un terrain où elle était déplacée. Une acuité de jugement. Le refus du simplisme du judaïsme de son temps, avec son maître, Menaché ben Israël. Chercher, dans la prudence ; ne provoquer personne ; mais rester fidèle à sa propre pensée. Socinien ? Peut-être. Protégé des frères de Witte. Ne recherchant en rien les conflits inutiles, toujours stériles.

En Pologne, on est d’un catholicisme maladif, fervent et obtus. Monseigneur Glemp. Il n’y a pas eu de victimes juives de la Shoah ; seulement des patriotes polonais qui ont été assassinés. Il n’y a plus guère de Juifs en Pologne ; mais l’antisémitisme y est vivace. La xénophobie polonaise est radicale : Détester avoir un voisin étranger. L’étranger est une plaie. Peu importe l’amour de l’étranger, dont parle la Bible. Selon Rabi Eliezer, à 42 reprises. Le mal, qui envoûte la population, et la réduit à sa simple méchanceté.

Vulgarité de Berlusconi, vomie par Yannick Haenel. Elle enlaidit l’Italie. Mais quand les 60 courtisanes nues dansaient chaque soir pour les cardinaux de Rome, ils n’avaient pas honte de ce spectacle. Au contraire, la ville de Rome était fière d’eux, de leur virilité.

Yannick Haenel : Actéon a été tué par Diane, transformé en cerf dévoré par ses chiens, parce qu’il l’a traitée comme une proie. Corrélativement, ses chiens le traitent en proie. Diane, Artémis, déesse vierge, traumatisée par sa virginité. Elle n’a que la rivière pour s’y baigner nue, parce que les maisons n’ont pas encore été inventées. Etre contemplée, en spectacle voyeur, est une insulte. "Va, raconte ce que tu as vu". Outragée. Mais n’était-il pas naturel qu’elle soit vue ?

Jules Renard : "quand une femme ment, elle croit qu’elle dit la vérité". Pis que cela : Dans ses approximations, qu’elle n’appelle pas mensonges, elle identifie ses convictions à la vérité. Ce que je pense, c’est évidemment la vérité même.

Discréditer méchamment des rivaux, en mentant au besoin, cela paraît normal aux médiocres. Enfermés dans leurs affirmations douteuses, ils ne les mettent pas en cause. Considèrent que le mal qu’ils peuvent leur faire est louable, légitime.

Pas de scrupules, dans le combat contre un adversaire. Il possède les défauts les plus horribles, tandis que l’on est soi-même innocent de tout mal. D’où une plaidoirie permanente, fondée sur le mensonge, le dénigrement.

Tout ce qu’ont fait mes prédécesseurs était mauvais ; moi, enfin, qui vois clair et suis doué, je saurai relever notre pays de ses impasses.

Des vedettes… Elles n’ont pas de grandes qualités, sauf peut-être la beauté de leur corps, à un moment donné. Mais Dieu ayant été occis, ces récipients à transposer le désir se sentent les vrais remplaçants des idoles vermoulues. Pourtant, elles manquent à tous, le voyeurisme ne saurait, sérieusement, tenir lieu de métaphysique.

Ce que veut le peuple est primordial. Il n’y a pas d’autre critère du vrai… Un ramassis d’ignorants, incultes et brutaux, qui croient en la légitimité de leurs désirs les plus bas, ce qu’on appelle, très simplement, le populisme. On ne connaît rien d’autre comme système de gouvernement, depuis que les empereurs romains nommés devenaient sympathiques à la plèbe, à coups de sesterces, de places aux jeux du cirque.

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