Y2091
Pensées



Y2091 Pensees

"Vitupère" ? Le mot vient de vipère.

A la piscine, des enfants passent l’épreuve du bac. Je propose des antisèches plastifiées, qui ne mouillent pas. Les antisèches de l’archiduchesse sont sèches…

Des concurrents électionniques. Ils jouent à leur jeu tragique, membre de ce qu’ils appellent "la même famille politique". Mais comme ils s’étripent ! Méchamment, dans la mauvaise foi. L’un d’eux dit : Il est très cruel avec les femmes. Mais il en a limogé seize, d’un seul coup, secrétaires d’Etat, quand il était premier ministre. Egalement, il accepte les voix des extrémistes xénophobes. Le premier déclare : Chez lui, seulement l’uniformité. Pas d’originalité. Pas d’idées. Pas de présence. Seulement, le néant. Une casserole pour l’un, son absence pour l’autre. Quelle tristesse, de prêter attention à ces clowns insignifiants ! Le pays les regarde, les écoute. Il n’a rien d’autre à ce mettre sous la dent, sauf les cuisses de grenouilles, qu’il ne mange que rarement. Après l’augustinisme, l’athéisme légitime qui lui répond. Et le rien, nada, de Saint Jean de la Croix, mais sans sa ferveur.

Des incendies qui sont des attentats, en Israël. Détruire le pays et le peuple, autrement qu’avec les pierres, les bombes, les couteaux. Se féliciter de la mort apportée, tant est grande la rancœur, la frustration. Quatre manières de nuire, dit Baba kama : Le taureau, le puits, l’incendie, le broutage. Chacun renchérit, et trouve encore mieux. Une promesse palestinienne, de l’amertume : "Nous ferons de votre vie un enfer". Nous ne savons pas si Dieu est content de nous voir ici. Mais nous l’affirmons effrontément, sans nous soucier de savoir ce qu’il pense. Considérant qu’il n’existe pas. Notre petite idole tribale, que nous trimbalons de théologie en théologie, sans vergogne.

Des faits divers ; chacun compte, certainement. Mais pourquoi occupent-ils tellement de place, dans l’imaginaire et le quotidien ? Il s’agit d’une fuite du réel. Considérer que l’insignifiant est très important ; qu’il mérite d’occuper toute la place. Laisser de côté la notion mièvre de "goût de la vie". Vérité, beauté, des mythes inaccessibles. Je n’ai rien, je vis dans le néant de mes politiciens politicards, corrompus et vils. Je n’ai pas d’autre ressource. Je m’ennuie avec eux, mais enfin, il s’agit de ma jeune fille au pair. Elle n’est ni belle ni désirable, mais c’est elle qui emplit mon appartement. La laideur propagandique s’est emparée de ma vie ; je n’ai rien d’autre, sauf de bien plus crapuleux encore.

Me parler d’une chose, au moyen de mon journal, de ma mitraillette vidéo. Tu n’as aucune possibilité de l’éviter, et tu dois être soumis au traitement que je t’impose. Sauf si tu choisis la clochardisation. Celle de Henri David Thoreau, quoique moins noblement que chez lui. Blasé, désabusé, tu subis les fléaux de ton époque. Sans autre possibilité que la résignation, puisque tu feins d’être démocrate, mais non démocritique.

Henri David Thoreau, vu par Michel Granger. Il met son point d’honneur à vivre en opposition à son époque. Revendique son indépendance par rapport à l’esprit de la grand-rue. Suit le penchant de son génie qui est très tordu. Refus de la pensée toute faite. De l’ornière des traditions. Perdre les repères conventionnels. Opérer une relecture de son monde. Il tonne. Nous sommes mal éduqués, grossiers et illettrés. Enoncé de propositions contraires à l’opinion commune. Prendre à rebours les évidences, renverser la hiérarchie des valeurs. Proteste contre l’Etat esclavagiste. Ne respecte pas la Constitution américaine. Aurait voulu la mort de l’Etat. Très peu nombreux sont ceux qui ont la force, le courage de Thoreau. La plupart, veules et apathiques, se soumettent. Il ne marquent aucune opposition, sauf quand elle est bien cachée. Une lucidité d’opérette, et surtout la soumission. Je rituel médiocre de Churchill : C’est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Sans Dieu ni vérité, le conformisme béat, tellement agréable, pour celui qui ne veut affronter aucun combat. Son univers est détestable, mais il le chérit, dans la fange…

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