O16098
Alexandre Weill : "A nous deux, défi à M Dupanloup"



O16098 Alexandre Weill : "A nous deux, defi a M Dupanloup"

"A nous deux, défi à M Dupanloup"

Alexandre Weill

Michel Lévy

1868



Assez, vous jouez le rôle impie de zélateur et d’inquisiteur.



Je ne me servirai pas comme vous des mots : AMOUR, PAIX, PARDON, RELIGION, masques sous lesquels vous cachez un sac et une corde.



Mes ancêtres, dont je ne suis nullement fier – tout orgueil n’étant que gueuserie – étaient à la tête de l’humanité civilisatrice.

Quand les vôtres, mangeant des glands avec les pourceaux dans la forêt des Ardennes, sacrifiaient des êtres humains sur leurs dolmen, dignes précurseurs de vos pères qui en sacrifiaient bien plus sur leurs bûchers.



Vous leur imputez le crime d’avoir tué Jésus. Mais en quoi cela vous regarde-t-il ?

Jésus était de notre race et de notre sang.

Il n’était, que je sache, ni Gaulois ni Saxon, ni Bourguignon, ni Allemand, ni Slave.

Si Jésus est Dieu, vous devez faire des rentes à tous ceux qui ont contribué à ce sacrifice qui vous a rédimés.

Sinon, il était tout simplement un juif, tout grand qu’il fût.



J’ai secoué les poudreux haillons du judaïsme rabbinique, je l’ai en horreur, ne fût-ce que parce que vous et vos semblables vous en êtes sortis.



Mon Dieu, d’ailleurs, ne travaille pas dans le vieux.



Je suis fils de Moïse, d’Isaïe, de Platon, de Socrate, de Philon, de Bacon, de Montaigne, de Descartes, de Spinoza, de Fénelon, de Kant, de Montesquieu et de Voltaire.



Il est du devoir de chacun, non seulement d’être juste, afin de créer du bien, mais encore de ne pas permettre une injustice contre qui, contre quoi que ce soit.



Vous vous attaquez aux athées, aux matérialistes. En quoi êtes-vous meilleur qu’eux ?



Il faut que vous soyez vaincus, ou la France disparaîtra du rang des nations civilisées !

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