O16075
Du Fu : "Il y a un homme errant"



O16075 Du Fu : "Il y a un homme errant"

"Il y a un homme errant"

Du Fu

Orphée La Différence

1989



710-770.



L'année de sa naissance, monte sur le trône Ming Huang, l'Empereur brillant.

En 712, en Chine.

Souverain éclairé, il pratique la doctrine des lettrés.

Il renforce la sécurité aux frontière, s'efforce d'améliorer la sécurité du peuple, patronne les arts et les lettres.

L'ordre règne dans le pays, les taxes sont peu élevées, la corruption est pratiquement inexistante, et la prospérité générale.

L'empereur crée une école dans chaque village, complète la bibliothèque impériale, fonde l'Académie Hanlin, son secrétariat privé, qui groupe les meilleurs écrivains.

Bon musicien, il encourage la musique et la danse.



Vers 745, l'empereur s'éprend d'une toute jeune fille, Yang Daisheng, connue dans l'histoire comme Yang Guifiei, la concubine impériale Yang.

A partir de ce moment, l'empereur se désintéresse du gouvernement.

La vie à la cour est une succession ininterrompue de fêtes.

Les ministres savent que tout ce que l'empereur exige, c'est que l'argent soit là dès que la concubine exprime un désir.

Tous les membres de la famille Yang reçoivent des palais, des postes importants.

La corruption règne sous le ministre d'Etat Yang Guozhong, cousin de la favorite, qui ne songe qu'à s'enrichir.

Des catastrophes naturelles, inondations, incendies, augmentent la misère du peuple.



An Lushan, un officier, petit et très ventru, gagne la faveur de Yang Guifei.

L'empereur :
--- Que renferme votre ventre énorme ?
--- Que de la loyauté, Majesté !

Il se proclame empereur.

L'empereur prend la fuite.



Du Fu a écrit sans se soucier de rendre ses poèmes faciles à comprendre.

Son style exige du lecteur une grande culture et une vaste érudition.



Du Fu se présente à un concours spécial, pour toute personne ayant des qualifications quelconques.

Le premier ministre fait échouer tous les candidats, afin de prouver à l'empereur que, sous son règne éclairé, tous les hommes de talent ont un emploi.



Il est incapable de flatterie, et c'est un très mauvais courtisan.

Dégradé.



Il mène une vie errante.



En Chine, l'âge se calcule à partir de la gestation.



Le taoïsme est à la mode.

Du Fu le méprise.

Il ne fréquente pas les COUVENTS taoïstes, construits par des princesses et de jeunes élégantes, qui en ont fait des salons littéraires ou des lieux de libertinage.



Comme j'aimerais voir construire une immense maison qui abriterait contre le froid tous les lettrés du monde !



Il est accompagné toute sa vie par la misère.



Un vers qui ne me paraît pas devoir surprendre ne me laisse pas de repos, il ne m'en laissera pas même dans la tombe.


Il ne s'apitoie jamais sur son sort.



Je me traîne de souci en chagrin.



Il est considéré en Chine comme le plus grand poète chinois de tous les temps.



Il s'élève contre l'imitation des anciens.



Ceux qui portent des culottes de soie ne meurent pas de faim.



Moi, Du Fu, lorsque j'étais jeune
Je me destinais à la carrière de fonctionnaire
J'avais lu des milliers de livres



Espérant faire mais preuves
J'étais comme un oiseau suspendu dans le vide
Comme un poisson essayant de nager hors de l'eau…



Je grimpais dans les arbres mille fois par jour
Maintenant que je vois approcher mes cinquante ans
Je suis plus souvent assis ou couché que debout



Ma femme voit mon visage se rembrunir comme d'habitude
Mes enfants font peu cas du respect dû à leur père
Ils crient lorsqu'ils ne trouvent rien à manger dans la cuisine.

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