O16073
Du Bellay : "Œuvres poétiques"



O16073 Du Bellay : "Œuvres poetiques"

"Œuvres poétiques"

Du Bellay

Classiques Garnier

1993



1522-1560.



S'appelle LE DESESPERE.



A l'olivier

J'espère te rendre
Egal un jour au Laurier immortel.

(Laure)



Le faux me plaît, le vrai me déconforte.



Aussi doux que le miel
Fait couler du ciel
Le sommeil aux yeux.


J'ai oublié l'art de pétrarquizer.



Sachant que rien n'est ici-bas
Immortel, que l'esprit de l'homme.



En raison je me fonde
Le sage contrefaisant.



Mère d'Amour, et fille de la mer.



Ces cheveux d'or, ce front de marbre, et celle
Bouche d'œillets, et de lys toute pleine,
Ces doux soupirs, cette odorante haleine,
Et de ces yeux l'une et l'autre étincelle,

Ce chant divin, qui les âmes rappelle,
Ce chaste ris, enchanteur de ma peine,
Ce corps, ce tout, bref cette plus qu'humaine
Douce beauté si cruellement belle.



Le Babylonien ses hauts murs vantera
Et ses vergers en l'air, de son Ephésienne
La Grèce décrira la fabrique ancienne,
Et le peuple du Nil ses pointes chantera.



Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l'honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du Roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront ;
Ceux qui aiment les arts, les sciences diront,
Ceux qui sont vertueux, pour tels se feront croire,
Ceux qui aiment le vin, deviseront de boire

Moi qui suis malheureux, je plaindrai mon malheur.



France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle.



Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui la conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée

Plus me plaît le séjour qu'on bâti mes aïeux
Que des palais Romains le front audacieux
Plus que le marbre pur me plaît l'ardoise fine

Et plus que l'air marin la douceur angevine.



Bonnet sut la langue hébraïque
Aussi bien que la chaldaïque,
Mais en latin le bon abbé
N'y entendait ni A, ni B.

Retour à la page d'accueil : ici