O15942
Wikipédia : "Solon"



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"Solon"

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Solon, né à Athènes vers 640 av. J.-C. et mort sur l'île de Chypre vers 558 av. J.-C., est un homme d'État, législateur et poète athénien. En réponse à un poème jeuniste de Ménechme, il écrit : « Je deviens vieux en apprenant toujours »1. Souvent considéré comme ayant instauré la démocratie à Athènes, il fait partie des Sept Sages de la Grèce. Solon a joué un rôle politique important, étant à l'origine d'une série de réformes qui accrurent considérablement le rôle de la classe populaire dans la politique athénienne.
Selon Phanias, qui a traité de la tyrannie, Solon est décédé moins de deux ans après l'usurpation de la tyrannie par Pisistrate. Il naît à Athènes dans une famille eupatride. Il se rend populaire lors d’une guerre contre la cité voisine de Mégare, gagnée sur ses conseils. L’historien Déimaque de Platées dément la participation de Solon à cette bataille, Diogène Laërce l'affirme.

Il est d’abord négociant, commerçant, ce qui l'amène à beaucoup voyager. Sa fortune et son savoir le placent au rang des premiers citoyens de la ville. En son absence, Mégare reprend Salamine aux Athéniens. À Athènes, on vote un décret qui interdit, sous peine de mort, que l’on en reparle2. Dans le milieu des années 590, il milite pourtant pour une nouvelle guerre contre Mégare, au cours de laquelle il conseille de s’emparer de l’île de Salamine. Pisistrate le soutient, et ils obtiennent l'abrogation du décret, et le déclenchement de la guerre pour Salamine2. Solon est nommé chef de l'expédition, qui est un succès : Salamine est reprise3. C'était sur ses conseils que la guerre avait été gagnée et il devint très populaire, si l'on en juge par les évènements ultérieurs. Pour les historiens grecs postérieurs, ses poèmes étaient la principale source d'informations sur la crise économique et sociale à laquelle il tenta de remédier.
Alors que l’écart entre les riches aristocrates et la classe populaire se creusait, Athènes sombrait dans une crise sociale. En effet, la ville était dominée par les « eupatrides » ou communément appelée les aristocrates qui détenaient alors les meilleures terres et contrôlaient le gouvernement. Les plus pauvres quant à eux, tombaient facilement dans l’endettement voire dans l’esclavage faute de moyens. Toutes les classes sociales se tournèrent alors vers Solon pour remédier à la situation qui pouvait déboucher sur la tyrannie. Il est élu archonte pour 594–593 et l'on attend de lui qu'il remédie aux conflits dans la cité d'Athènes4. L’esclavage pour dettes réduisait fortement le nombre d’hommes libres, et alimentait les conflits.
Ainsi, il abolit l'esclavage pour dettes5, et affranchit ceux qui étaient tombés en servitude pour cette raison6. Il fit une réduction de dettes privées et publiques7, et affranchit les terres des hectémores de redevances 8. Cependant, il ne fit pas de réforme agraire 9, autrement dit, il ne redistribua pas la propriété des terres, bien que les pauvres l'aient attendu10.
Concernant les réformes politiques, il mit en place le tribunal du peuple, l'Héliée11. Tous les citoyens eurent accès aux jurys12, ce qui est à noter. Les jurys étaient constitués par tirage au sort13. Les sources ne disent pas si l'on tirait au sort parmi les volontaires, mais on peut le supposer. Le tribunal est principalement une cour d'appel 14. Aristote considère qu'il était déjà le lieu du contrôle des magistrats par le peuple 15. Solon fit une autre réforme d'importance : il étendit le droit de défense et d'accusation 16 à n'importe quel citoyen. Solon a aussi écrit un nouveau code de lois, qui concernent ce que les catégories modernes nomment droit privé, droit criminel et procédure légale17. Les lois de Dracon sont abandonnées, à l'exception de celle sur le meurtre18. Les lois de Solon ont été gravées sur des kybris, qui auraient été placés au Portique royal19.
Ce qu'on appelle généralement les « classes soloniennes » existaient avant Solon20 : selon M. Hansen, Solon aurait peut-être ajouté les pentacosiomédimnes aux thètes, zeugites, cavaliers, la classe de cens le plus élevé21. Mais ces classes sont maintenant définies par un critère de richesse 22:
Les Pentacosiomédimnes23 sont ceux qui peuvent tirer de leur richesse plus de 500 (pentacosio) mesures (métra) de produits secs ou liquides (blé, vin ou olive) par an 24;
Les hippeis, ou cavaliers, sont ceux qui pouvaient tirer de leur richesse plus de 300 mesures par an. Aristote discute du nom de cette classe : pour être membre de cette classe, il aurait peut-être fallu être en mesure d'élever des chevaux. Il estime cependant qu'à l'instar des autres classes, le critère devait bien être un critère de richesse25;
Les Zeugites26 sont ceux qui pouvaient tirer de leur richesse plus de 200 mesures par an ; les zeugites forment une sorte de classe moyenne chez qui l'on recrutait les hoplites.
Les thètes sont ceux qui ne pouvaient pas tirer de leur richesse plus de 200 mesures par an ; leur nom signifiait un employé sans propriété, ou un journalier.
Le critère pour être éligible est maintenant fondé sur la fortune produite (pas directement sur le capital), et non plus sur la naissance20. Seules les trois premières classes, autrement dit les plus riches, peuvent accéder aux magistratures27. Par contre, toutes les classes ont accès à l'assemblée du peuple et au tribunal 28. L'élection des magistrats ayant probablement lieu à l'Assemblée du Peuple 29, l'on peut considérer que dès Solon, le suffrage était universalisé parmi les citoyens, et c'est un point important pour comprendre la genèse de la démocratie à Athènes. La procédure d'accès à l'archontat semble combiner élection préalable puis tirage au sort30. Mais pour l'ensemble des magistratures, c'est bien l'élection qui semble avoir la prépondérance 31.
Par ailleurs, Solon aurait créé le conseil des 50032. Son existence est controversée : voir ce qu'en dit M. Hansen21. E. Will pour sa part ne croit pas à l'existence de ce conseil33. Dans l’Athenaion politeia, qui date entre 335 et 32234, Aristote ne fait que le mentionner, et ne dit rien de sa procédure de formation et de ses attributions. De plus, toujours dans l’Athenaion Politeia, au paragraphe 31.1, est cité un texte décrivant le régime oligarchique des « Quatre Cents », en -411. Les oligarques ont pu être tentés, pour légitimer leurs réformes, d'inventer un passé : ils réalisaient ainsi le retour à la « constitution des anciens ». Il faut attendre Plutarque pour avoir des renseignements sur ses attributions35. Ce conseil aurait eu des fonctions probouleumatiques, autrement dit, il aurait été chargé d'introduire les débats à l'assemblée du peuple, exactement comme le conseil des cinq cents (la Boulè) que créa Clisthène[Lequel ?] par ses réformes de 508.
Concernant l'Aréopage, Plutarque attribue sa création à Solon36, tout en nuançant lui-même son propos. Quant à Aristote, il pense que l'Aréopage existait avant Solon37.
Voici deux jugements d'Aristote sur les réformes de Solon :
« Solon, semble-t-il, tout en se gardant d'abolir les institutions qui existaient auparavant, telles que le Conseil [de l'Aréopage] et l'élection des magistrats, a réellement fondé la démocratie en composant les tribunaux de juges pris parmi tous les citoyens. Aussi lui adresse-t-on parfois de vives critiques, comme ayant détruit l'élément non démocratique du gouvernement, en attribuant l'autorité suprême aux tribunaux dont les membres sont tirés au sort »
— Aristote, Politique, 1274 a.
et plus loin,
« Solon lui-même n'a vraisemblablement attribué au peuple que le pouvoir strictement nécessaire, celui d'élire les magistrats et de vérifier leur gestion (car si le peuple ne possède même pas sur ce point un contrôle absolu, il ne peut être qu'esclave et ennemi de la chose publique) »
— Aristote, Politique, 1274 a 15.
Il modifie aussi le calendrier 38 et le système des poids et mesures39.

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