O15939
Wikipédia : "Porphyre"



O15939 Wikipedia : "Porphyre"

"Porphyre"

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Porphyre de Tyr (234 – v.310) est un philosophe néoplatonicien, connu pour avoir été le disciple de Plotin, pour avoir édité les écrits de ce dernier (les Ennéades) et rédigé après la mort de son maître une Vie de Plotin (vers 301), que nous pouvons lire encore aujourd'hui. Il est aussi important à un autre titre : c'est par lui que le néoplatonisme va passer en milieu chrétien, via Marius Victorinus, jusque chez saint Augustin et Claudien Mamert1. Il écrivit un traité Contre les chrétiens. Parmi ses disciples, il semble qu'il faille compter Jamblique. Porphyre pense que le christianisme implique une conception absurde et irrationnelle de la divinité qui le condamnerait, aussi bien du point de vue des religions particulières que du point de vue transcendant de la philosophie.
Dans le traité De regressu animae (Du le retour de l'âme), il propose une tout autre théorie des rapports entre philosophie et religion : les religions ne s'adresseraient qu'à des dieux inférieurs ou à des démons ; la philosophie les transcenderait, parce qu'elle serait le culte du Dieu suprême, dont le philosophe est le prêtre.
Dans le traité Philosophia ex oraculis haurienda (La philosophie à retirer des oracles)2, il explique la signification cachée des sacrifices aux dieux et aux daimonês, et enseigne l'enseignement théologique qu'il faut en retirer.
Dans le traité Peri Agalmatôn (Sur les Images des dieux)3, il donne une interprétation de la signification des différents dieux de la mythologie, dans le sens des puissances cachées de la nature.
Porphyre est né en Phénicie (dans l'actuel Liban), à Tyr, en 234 apr. J.-C. ; c'est un Tyrien hellénisé. Son nom syrien est Malchos (« Roi »), traduit en grec par basileus. Son maître de rhétorique, Cassius Longin, chez qui il va en 254 à Athènes suivre les cours, l'appela Porphyre (porphyra, « pourpre »), « en transportant à la personne la couleur royale du vêtement4 ». Dès cette époque, il écrit une Histoire de la philosophie, dont fait partie sa Vie de Pythagore (qu'il vaudrait mieux traduire : Vie pythagorique, Genre de vie pythagoricien), qui se fonde sur Nicomaque de Gérase.
C'est peut-être Longin qui l'envoie à Rome en 263, suivre les cours de Plotin. Plotin le charge de mettre de l'ordre dans ses écrits. En 268, soit cinq années après son arrivée auprès de Plotin, Porphyre, qui souffre de dépression, s'installe en Sicile, où il rédige un ouvrage intitulé Contre les chrétiens, qui sera brûlé en 448 sur ordre des empereurs Valentinien III et Théodose II5,6. Il rédige vers 268 son célèbre ouvrage de logique, Isagogè, qui fera autorité durant tout le Moyen Âge (12 siècles). En 270, quand Plotin décède, Porphyre se trouve toujours en Sicile, à Lilybée.
Peu après, Porphyre se rend à Rome, et succède à Plotin, en 270, comme second scolarque, à la tête de l'école néoplatonicienne de Rome. Il épouse aussi une veuve, Marcella, qui élevait sept enfants, dont certains en bas-âge. Il lui adressa une lettre, dont André-Jean Festugière dit qu'elle est « le véritable testament du paganisme ». On pense que Porphyre eut pour élève, vers 275, le philosophe Jamblique. Porphyre commence à éditer les œuvres de Plotin après 2987 et rédige sa Vie de Plotin vers 301. Il meurt peut-être en 305, à Rome, sous Dioclétien8.
Porphyre est-il néopythagoricien ou néoplatonicien ? Selon Dominic O'Meara, « Porphyre n'est pas un platonicien (comme Numénios d'Apamée, Jamblique ou Syrianos) qui pythagorise mais plutôt un platonicien universaliste, qui trouve son platonisme chez Pythagore et dans beaucoup d'autres domaines9 ».
Les grands thèmes porphyriens10 sont platoniciens :
l'intellect comme temple de Dieu ;
le retour à soi ;
la notion du vrai moi identique au noûs (intellect) ;
le précepte delphique « Connais-toi toi-même » ;
la non-responsabilité divine dans les fautes des hommes.
On trouve aussi des thèmes pythagoriciens :
la place faite au silence ;
la défense de livrer la doctrine aux profanes et aux esprits déformés ;
la libération par la philosophie.
Olympiodore le Jeune oppose chez les néoplatoniciens les contemplatifs aux théurgistes : « Beaucoup, comme Porphyre et Plotin, préfèrent la philosophie, d'autres, comme Jamblique, Syrianos et Proclos, préfèrent la théurgie (?e?at???)11 »



POLEMIQUE



Porphyre de Tyr a composé un traité intitulé Contre les chrétiens à une date que les "spécialistes" situent après 271. L'empereur Constantin, converti au christianisme, a pris des mesures pour l'interdire. Apollinaire de Laodicée rédigea une réfutation de cet ouvrage en 370 ; l'arien Philostorge, en produisit une autre en 420, ce qui montre que Contre les chrétiens était encore en circulation au Ve siècle12 ou qui montre tout simplement que l'on parlait encore de ce traité à cette époque. Ce traité de Porphyre de Tyr a été reconstitué (principalement sur la base de ces réfutations, donc à prendre avec méfiance) et réédité à l'époque moderne.
-> Une personne par exemple a réfuté porphyre sur le fait que les chrétiens étaient anthropophages par le fait de manger une hostie. Mais porphyre s'y connaissait en histoire des religions, il savait donc déjà qu'il y avait des religions qui faisaient ça. Et que ces personnes coupait déjà une hostie selon une certaine façon de faire en pensant "manger le corps de leur dieu". Donc il savait déjà que c'était une image cette hostie. Peut être que Porphyre a réellement parlé d'anthropophagie concernant les chrétiens dans son traité, alors il s'agit forcément d'humour. Tout comme le traité "Contre les gnostiques" contient énormément d'humour aussi qui est un traité basé sur déductions par l'absurde en prenant en compte les réponses de ses interlocuteurs (discussion entre Plotin et quelques gnostiques).
Ce texte s'inscrit dans une lignée d'ouvrages, principalement du traité "Contre les gnostiques" de Plotin (à la fin de la 3ème ennéade), celui du philosophe païen Celse, Discours véritable (178), également perdu et reconstitué à partir de la réfutation qu'en donna Origènedans son Contre Celse (248), et celui de l'empereur Julien, Contre les Galiléens (en latin Libri tres contra Galileos, 361-363), lui aussi reconstruit à partir des citations hostiles qu'en fait Cyrille d'Alexandrie dans son Contra Julianum13.



LOGIQUE




Débat imaginaire entre Averroèset Porphyre (tiré du Liber de herbisde Monfredo de Monte Imperiali, XIVe siècle.
Dans son Isagogè (I, 9-12, trad. J. Tricot), Porphyre pose les fondements de la « querelle des universaux qui divisera les philosophes médiévaux, et qui continue aujourd'hui encore d'exercer son influence (par exemple sur la question des universaux abstraits) :
« Tout d'abord, en ce qui concerne les genres et les espèces, la question est de savoir si ce sont [I] des réalités subsistantes en elles-mêmes ou seulement [II] de simples conceptions de l'esprit, et, en admettant que ce soient des réalités substantielles, s'ils sont [Ia1] corporels ou [Ia2] incorporels, si, enfin, ils sont [Ib1] séparés ou [Ib2] ne subsistent que dans les choses sensibles et d'après elles. J'éviterai d'en parler. C'est là un problème très profond et qui exige une recherche toute différente et plus étendue. »
Une première alternative oppose [I] le « réalisme » platonicien des Idées (les genres et les espèces, par ex. « l'abeille », ont une existence réelle, comme Formes, Modèles, Idées séparées) au [II] « conceptualisme » (ou mentalisme, en termes modernes) aristotélicien (« les idées générales existent seulement dans l'esprit » : ce sont des abstractions). Un second choix paraît à l'intérieur de la première branche de l'alternative. Admettons la thèse platonicienne, qui pose la subsistance des universaux. Deux autres questions se présentent.
Ce deuxième problème relève de la philosophie stoïcienne[réf. nécessaire] : ces genres et espèces sont soit corporels soit incorporels. Pour des stoïciens, presque tout est corporel, sauf le lieu, le temps, le vide et l'exprimable ; pour Platon, l'universel est un incorporel.
Le troisième problème relève du débat entre Platon et Aristote : l'universel est soit une Forme séparée (comme le croit Platon) ou un concept mental postérieur aux choses dans l'ordre de l'être (comme le croit Aristote[réf. nécessaire]) soit une forme immanente au sensible, un être subsistant dans les choses visibles.
En un peu plus simple :
- On ne voit pas toutes les propriétés qui existent ? un arbre à l'époque donne de l'ombre, du bois de chauffage, des fruits, outils, etc ...
- Depuis, on a su qu'un arbre donnait aussi de l'oxygène ou du CO2 selon les cycles jours/nuits
De ce fait, quand je regarde quelque chose, est-ce que je vois toutes ses propriétés ? Là est la querelle des universaux.
Donc en nettement plus simple, notre conception d'une plante est-elle une simple conception de l'esprit ? Ou alors peut-on avoir des conceptions qui correspondent parfaitement à la réalité ? (va t on s'apercevoir un jour qu'une plante a des désirs par exemple ? ou alors peut être "accro" à des substances ? et là ça voudrait dire qu'une plante n'a plus simplement une âme supérieure, mais aussi une âme inférieure et donc aussi une âme moyenne selon le néoplatonisme).
Mais dans le livre Isagogé il y aussi l'arbre de porphyre.
De ce fait la querelle des universaux porte surtout sur le fait de savoir s'il on peut réellement classer les êtres vivants par catégories.
Donc, une des questions est "est-ce que l'on se trompe dans la définition des catégories" par exemple. Est-ce que ces catégories sont des conceptions de l'esprit qui sont fausses ou alors des conceptions de l'esprit qui correspondent à la réalité ?
Or on voit à notre époque, que n'importe quel être humain sur la planète n'est pas sapiens en fait, nous sommes tous sapiens-néandertal.
Nous nous sommes donc trompés dans l'une des catégories de l'arbre de porphyre amélioré, nous avons donc eu une conception de nous même qui était fausse durant une certaine période. Ce qui correspond parfaitement à cette "fameuse querelle des universaux".

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