O15926
Vahé Godel : "La poésie arménienne"



O15926 Vahe Godel : "La poesie armenienne"

"La poésie arménienne"

Vahé Godel

La Différence

2006



Moi, je chante le vin,
Le rire des autels païens



Le Christ n’a pu bannir les anciens dieux de la poésie arménienne.



Combien de peuples ont disparu tels des torrents dans les déserts.



La langue d’Arménie.



Souvenez-vous de Mesrop l’immortel



Longuement, elles priaient, implorant Dieu de leur donner la force d’endurer leur misère.



Toi qui devais me faire franchir les fleuves de sang

Voilà qu’au bord d’une flaque d’eau tu t’écroules ?



Que mon poulain me mène donc où bon lui semble.



Il se couche

Son cheval en plein soleil
Lui fait de l’ombre.



Je m’adresse

Aux injustes comme aux justes

Aux criminels, aux innocents

Aux vaniteux

Aux humbles

A ceux qui ne possèdent rien

Aux femmes comme aux hommes

A la piétaille comme aux nobles



Seigneur, tu m’as donné la force de tenir cette plume.



Toi qui prends soin des âmes souffrantes, mutilées.



Dieu de justice et de
Miséricorde, il faut
Que je te parle. Veuille
Ecouter ma voix

En ce monde se produisent
Des choses bien étranges,
Tout ce qu’on peut voir
Passe l’imaginable.

Sans Eve,
Adam n’eût pu survivre



Qu’un seul couple
Ait produit une aussi
Nombreuse descendance,
Quoi de plus admirable ?

Diversité multiple
De peuples et d’idiomes

Et multiplicité
Des haines réciproques



Ismaël

Le bâtard d’Abraham.



Ils n’étaient qu’étrangers parmi des étrangers


Au jardin de ta gorge, ah ! que ne puis-je entrer
Pour y cueillir la pomme !

Au vallon de tes seins, que ne puis-je m’étendre
Pour y fermer les yeux ?



Pourquoi me plaindre en ce bas monde puisque
Je t’aime ?



Année rouge
Tu ravageas
Nos villes, nos villages,
Empourprant l’Arménie du sang des Arméniens !



Hors toi-même, tout est image.

Veux-tu qu’on parle de toi, deviens image.



Mon père me pourvut de sagesse ;
Ma mère de folie.



Violette Krikorian

Il y a belle lurette qu’en ce bas monde
Enfer et paradis m’ont procuré
Les plus rares jouissances.

Ton paradis et ton enfer
Je n’en ai rien à foutre

Donne-moi aujourd’hui
Ma beauté quotidienne

Délivre mes yeux
Des travaux d’aiguille

Délivre ma bouche de la langue de bois

J’en ai marre de faire la lessive

De remuer les casseroles

De subir chaque jour le supplice
De l’autobus

Retour à la page d'accueil : ici