O15898
Wikipédia : "Siméon le Stylite"



O15898 Wikipedia : "Simeon le Stylite"

"Siméon le Stylite"

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Saint Siméon le Stylite, dit Siméon l'Ancien (arabe : ??? ????? ??????? (mar sem?an l-?amudi)) (c. 388 ou c. 389 - 459) est un saint chrétien. Son nom vient du mot grec stylos signifiant colonne.
Siméon vécut toute sa vie de façon austère, en Syrie, se retranchant régulièrement et longuement du monde. Il se retira au sommet d'une colonne, d'où son surnom. Chaque jour, des pèlerins venaient lui apporter des victuailles qu'ils hissaient jusqu'à Siméon avec une corde soulevant un panier. L'espace dont il disposait au sommet de sa colonne était tout juste suffisant pour se tenir debout ou assis, jamais allongé. On raconte que le roi Nu'man prince des Arabes voulut empêcher les visites des foules de pèlerins mais en fut dissuadé par une vision2,3. Siméon le Stylite mourut en position de prière, les mains jointes et les yeux fermés, de sorte que ses fidèles mirent deux jours à se rendre compte de sa mort. Parmi les ruines de l'église Saint-Siméon-le-Stylite, il reste un vestige de cet édifice au Djébal Sima'an (Mont Siméon) non loin d'Alep en Syrie. Son principal biographe est son contemporain Théodoret de Cyr4.
Il est fêté le 26 janvier en Occident5 et le 1er septembre en Orient6.
Siméon, qui est né à Sisan (soit probablement la ville de Samandag en Turquieactuelle) au nord de la Syrie, était le fils d'un berger7.
Avec la division de l'Empire romain en 395, la Syrie fut incorporée dans l'Empire romain d'Orient qui allait devenir l'Empire byzantin et le christianisme s'y développa rapidement.
Apparemment sous l'influence de sa mère, Marthe (qui est aussi une sainte) [réf. nécessaire], Siméon développa son zèle pour le christianisme à l'âge de 13 ans, à la suite de la lecture des Béatitudes. Dès son plus jeune âge, il se soumit à une austérité croissante, en particulier par le jeûne et il entra au monastère avant l'âge de 16 ans.
« Son père était berger, et lui-même passa les premières années de sa vie à garder les troupeaux. Il avait treize ans, quand un jour, à l'église, il entendit lire ces paroles : "Bienheureux ceux qui pleurent !... Bienheureux ceux qui ont le cœur pur !" Éclairé par la grâce, embrasé du désir de la perfection, il se met en prière, s'endort et fait un songe : "Il me semblait, dit-il, que je creusais les fondements d'un édifice ; quand je crus la fosse assez profonde, je m'arrêtai : "Creuse encore !" me dit une voix. Par quatre fois je repris mon travail et je m'arrêtai, et par quatre fois j'entendis la même parole : "Creuse encore !" Enfin la voix me dit : "C'est assez ! Maintenant tu peux élever un édifice aussi haut qu'il te plaira." Ce songe signifiait sans doute l'humilité, base de toutes les vertus et mesure de la perfection ; mais il faisait aussi allusion au genre de vie que devait mener le pieux jeune homme. »
Entré au monastère, il commença un jeûne sévère de quarante jours pour le Grand Carême qui le laissa exsangue ; il fut visité par l'abbé du monastère qui lui laissa de l'eau et des pains. Quelques jours plus tard, Siméon est découvert inconscient, avec l'eau et les pains intacts. Lorsqu'il est ramené au monastère, on découvre qu'il a lié sa taille avec une ceinture de feuilles de palmiers faite de sorte que plusieurs jours de trempage sont nécessaires pour enlever les fibres de sa blessure. Les autres moines l'accusent de se relever la nuit pour manger et de les faire passer pour gloutons8. Aussi Siméon fut enjoint de quitter le monastère. Il renouvela ce jeûne chaque année.
Il se retira pour un an et demi dans une cabane où il réussit à passer le carême, sans manger ni boire. Lorsqu'il sortit de la cabane, ce fut comme un miracle9. Plus tard, il resta debout en prière tant que ses membres purent le soutenir.
Après un an et demi passé dans sa cabane, Siméon chercha un promontoire rocheux sur les pentes de ce qui est maintenant le sommet de Cheikk Barakat sur le Mont Siméon et se contraint lui-même à rester prisonnier dans cet espace étroit de moins de 20 mètres de diamètre. Mais les foules de pèlerins envahissaient les parages, réclamant prières et intercessions et lui laissant trop peu de temps pour ses propres dévotions. Cela le conduisit à adopter un nouveau mode de vie.



COLONNE DE SIMEON LE STYLITE



Afin de pouvoir voir venir de loin le nombre sans cesse croissant de fidèles quêtant ses prières et conseils et lui laissant si peu de temps pour ses austérités et dévotions privées, Siméon découvrit un pilier qui demeurait parmi les ruines ; il y avait une petite plateforme à son sommet sur laquelle il décida de passer sa vie. Comme il lui était impossible d'échapper du monde "horizontalement", il tentait de lui échapper "verticalement". Pour sa subsistance, les petits garçons du village devaient grimper en haut du pilier et lui remettre du pain et du lait de chèvre.
Lorsque ses aînés, les moines vivant dans le désert, eurent entendu parler de Siméon qui avait choisi cette forme nouvelle et étrange d'ascétisme, ils voulurent le rencontrer afin de déterminer si ses prouesses extrêmes étaient fondées sur l'humilité ou si elles tenaient à l'orgueil. Ils exigèrent de Siméon qu'il obéisse et descende de son pilier. S'il désobéissait, ils le forceraient à en descendre, mais s'il était disposé à se soumettre, ils le laisseraient vivre sur son pilier. Saint Siméon fit preuve d'une complète obéissance, montrant par là son humilité ; aussi les moines le laissèrent vivre comme il le souhaitait.
Ce premier pilier avait un peu plus de quatre mètres de haut ; d'autres le remplacèrent ensuite et le dernier de la série était semble-t-il haut de plus de 15 mètres. À la partie supérieure du pilier se trouvait une plate-forme avec un balustre, dont on pense qu'elle faisait environ un mètre carré.
Selon ce que dit son hagiographe, Siméon ne permettait à aucune femme de venir près de son pilier, pas même sa propre mère ; on prétend qu'il lui dit « Si nous en sommes dignes, nous nous verrons dans la vie à venir. » Marthe se soumit à ce dictat. Restant dans son domaine, elle adopta également une vie monastique de silence et de prière. Lorsqu'elle mourut, Siméon demanda que ses restes lui soient apportés. Il dit adieu à sa mère morte, et un sourire apparut sur son visage.
Edward Gibbon dans son histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain décrit ainsi l'existence de Siméon :
« Dans cette noble position, cet anachorète syrien résista à la chaleur de trente étés et au froid d'autant d'hivers. Il prit l'habitude de maintenir sa position périlleuse sans crainte et prit des attitudes et postures successives différentes de prière et de méditation. Il priait parfois debout, avec les bras en croix, mais sa pratique la plus familière était la flexion de son maigre squelette abaissant son front jusqu'aux pieds ; et un spectateur curieux, ayant compté douze cents quarante quatre métanies successives, insista longuement sur ce compte à l'infini. La progression d'un ulcère dans sa cuisse put les diminuer, mais ne perturbait pas cette vie céleste ; et le patient ermite expira, sans quitter sa colonne.10 »
Même sur la plus élevée de ses colonnes, Siméon ne s'était pas retiré du monde. Le nouveau pilier a attiré plus de personnes, non seulement les pèlerins mais aussi les spectateurs. Siméon lui-même se tenait à la disposition de ces visiteurs tous les après-midis. Au moyen d'une échelle, les visiteurs pouvaient monter le voir. On sait qu'il a écrit des lettres et avait des disciples, leur prêchant en particulier d'éviter les jurons et l'usure.
Dernières années[modifier | modifier le code]



L'empereur Théodose II et son épouse Eudoxie ont grandement respecté le saint et écouté ses avocats, tandis que l'empereur Léon envoya une lettre en faveur du concile de Chalcédoine[pas clair]. La vie de Siméon a coïncidé avec celle de sainte Geneviève. On dit qu'il prenait de ses nouvelles et lui envoyait ses salutations.
Siméon devint tellement influent qu'une délégation de l'Église fut envoyée pour qu'il descende de son pilier comme un signe de soumission. Lorsque, toutefois, il fut disposé à s'y conformer, la demande a été retirée. Une fois qu'il était malade, Théodose envoya trois évêques le priant de descendre et l'autorisant à être aidé par les médecins, mais Siméon préféra laisser sa guérison dans les mains de Dieu, et il retrouva la santé.
Après avoir passé trente-neuf ans sur son pilier, Siméon meurt le 2 septembre 459. À sa mort, il donne sa mélote (tunique de berger) à l'empereur Léon. Il a inspiré de nombreux imitateurs et adeptes, notamment son homonyme Siméon dit le Jeune et, au siècle suivant, des ascètes vivaient sur les piliers, comme stylites, menant une vie commune, ceci tout au long de l'Empire byzantin.
Il est commémoré comme un saint par les coptes orthodoxes le 29 Bashans (mi-juin). Il est commémoré le 1er septembre par les orthodoxes orientaux et catholiques byzantins et le 5 janvier dans l'Église catholique latine.
Une dispute survint en 468 entre le patriarche d'Antioche et l'empereur Léon à Constantinople pour la possession des restes et reliques de Siméon. L'empereur obtint gain de cause, mais en échange il fit ériger le martyrium cruciforme de saint Siméon8.
Les ruines d'un vaste édifice érigé en son honneur et connu en arabe, comme la « Qala‘at Simân » ("la Citadelle de Siméon"), peuvent encore être vues. Le martyrium se trouve à environ 30 km au nord-ouest d'Alep 36° 20' 03? N, 36° 50' 38? E) et il est composé de quatre basiliques situées dans une cour octogonale vers les quatre points cardinaux pour former une grande croix. Au centre de la cour se trouve la base du style ou colonne sur laquelle se serait tenu saint Siméon.
Une statue commémorant l'ascétisme de saint Siméon se trouve dans le centre ville de Grimsby, en Angleterre : la communauté chrétienne florissante syrienne orthodoxe de la ville a commandé la statue, qui a un motif en jade de trente-neuf cercles concentriques représentant chacun une des années de saint Siméon et le sommet du pilier qui fut construit en 1971.

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