O15893
Hérodote : "Piron"



O15893 Herodote : "Piron"

"Piron"

Hérodote

17-10-17



lexis Piron (1689 - 1773)
Un stylet acéré


Auteur aujourd’hui oublié, Alexis Piron a égayé comme personne le siècle des Lumières. Ennemi juré de Voltaire qu’il n’eut de cesse de tourner en ridicule, ses épigrammes étaient les plus redoutées de tout le royaume.
Dans Des hommes célèbres de France au XVIIIe siècle, Goethe écrit qu’il fut « l’un des hommes les plus spirituels qu’ait produit la France, si riche et si féconde en ce genre ; le plus véritablement bon vivant, le plus inépuisable diseur de bons mots, le plus amusant convive de son temps. »

Un bourguignon débordant d’esprit
Né à Dijon en 1689, Alexis Piron est le fils d’un notable de la ville, apothicaire de son état et poète à ses heures perdues, et qui lui transmit son tempérament joyeux et le goût des bons mots. Dès son plus jeune âge, Piron se distingue par son caractère irrévérencieux et farceur qui donne du fil à retordre à son père. Ce dernier souhaiterait qu’il fasse carrière dans l’Église ou la médecine, mais Piron est un cancre et n’aspire qu’à être poète.
Il se résout finalement à devenir avocat et s’inscrit à la faculté de droit de Besançon où il décroche son diplôme. Il n’aura cependant pas la possibilité de plaider, son père, soumis à des revers de fortune, ne pouvant lui apporter l’aide financière nécessaire à sa charge. De retour à Dijon, Piron mène une vie oisive. Il passe son temps à courir les jupons et à festoyer avec sa bande d’amis, avec laquelle il compose des poèmes libertins, des épigrammes et des chansons paillardes.
Les belles jambes
Colin poussé d’amour folâtre
Regardait à son aise un jour
Les jambes plus blanches qu’albâtre
De Rose, objet de son amour.
Tantôt il s’adresse à la gauche,
Tantôt la droite le débauche.
Je ne sais plus, dit-il, laquelle regarder.
Une égale beauté fait un combat entre elle.
Ah ! lui dit Rose, ami sans plus tarder.
Mettez-vous entre deux pour finir leurs querelles.L’Ode à Priape
d’un défi lancé par son cousin, Jehannin de Chamblanc, durant un repas bien arrosé, Piron compose une Ode à Priape, dieu grec de la fertilité, toujours représenté avec un gigantesque phallus. Volontairement outrancier, le texte est non seulement pornographique mais également blasphématoire.
Alors que Piron lui avait demandé de détruire son manuscrit, Jehannin ne trouve rien de mieux à faire que de lire le texte à des jeunes conseillers du parlement de Bourgogne qui en font aussitôt des copies.
L’ode circule dans toute la ville et un exemplaire se retrouve même entre les mains d’Antoine Bouhier, président du parlement. Face à la polémique, le jeune homme est contraint de désavouer son texte. Diffusée jusqu’à Paris, l’Ode à Priape fait néanmoins connaître le nom de Piron dans les cercles littéraires.

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