O15873
Robert Calasso : "La littérature et les dieux"



O15873 Robert Calasso : "La litterature et les dieux"

"La littérature et les dieux"

Robert Calasso

Gallimard

2001



Les dieux sont les hôtes fugitifs de la littérature.



Ulysse parle d’Athéna

Il est difficile, ô déesse, de te reconnaître, même pour celui qui beaucoup sait.



Aratos

Que notre début ait lieu de Zeus, de lui que les hommes ne laissent jamais innommé.



Virgile

Iovis omnia plena.



Banquet commémoratif de la révolution de 1848, en 1851

Un jeune intellectuel propose de porter un toast au dieu Pan.

Baudelaire

Mais qu’a-t-il de commun avec la révolution ?

Sa réponse

C’est lui qui a fait la révolution, il est la révolution.

Baudelaire

Je croyais qu’il était mort.

Le jeune homme

C’est un bruit qu’on fait courir. Ce sont les mauvaises langues. Il vit encore, il va revenir.

Baudelaire

Il parlait du dieu Pan comme du prisonnier de Sainte-Hélène.

Il demande au jeune homme

Seriez-vous donc païen ?

Le jeune homme

Mais oui, le paganisme bien compris, seul, peut sauver le monde.

Il faut revenir aux vraies doctrines, obscurcies un instant par l’infâme Galiléen.

D’ailleurs, Junon m’a jeté un regard favorable, qui m’a pénétré jusqu’à l’âme.

Baudelaire

Le malheureux est peut-être fou.



Madame de Staël

Pour elle, l’Allemagne était la forêt enchantée au centre de l’Europe.



Baudelaire

Heine : Excès de paganisme, sa littérature pourrie de sentimentalisme matérialiste.



Les Nymphes

Des êtres féminins, qui ne sont pas immortels.

Mais à la vie immensément longue.

Nymphe signifie "jeune fille prête pour les noces".



Ezra Pound

Aucune métaphore plus appropriée n’ayant été trouvée pour traduire certaines nuances d’ordre émotionnel, j’affirme que les dieux existent.



Siegfried Schmid

Il écrit à Hölderlin

Tout est vie, si le dieu nous anime, invisible, senti.



Heidegger

Le terrible sert à définir le sacré.

Le beau n’est que le commencement du terrible, tel que nous réussissons à la supporter.



Henry Vaugham

J’ai vu l’Eternité l’autre nuit
Comme un grand ANNEAU de lumière pure et illimitée,
Aussi calme que brillante.



Hölderlin

Coudrais-je être un comète ?

Je le crois.

Parce qu’elles ont la rapidité des oiseaux.

Elles fleurissent du feu.

Et par leur pureté, elles sont comme des enfants.

La nature de l’homme ne peut se risquer à désirer quelque chose de plus grand.



Hölderlin

A propos de Dionysos

Un vase fragile ne sait pas toujours l’accueillir,
Seul par moments l’homme supporte la plénitude divine.



Wagner

Grâce à la musique, nous nous comportons comme se comportait le Grec face à ses mythes symboliques.



Nietzsche

Observations féroces et précises contre l’Allemagne.

Ecce Homo.



Nietzsche

Naissance de la Tragédie

Le savoir et la musique nous font pressentir une renaissance allemande du monde grec.

C’est à cette renaissance que nous voulons nous consacrer.



Nietzsche

Maintenant, il est seulement nécessaire d’être le serviteur de la masse, et surtout le serviteur d’un parti.



Nietzsche

Le Crépuscule des idoles

Le monde vrai.

Le sage, pieux, vertueux, vit en lui.

Il est lui-même ce monde.



Nietzsche

A Jacob Burckhardt

Je serais au fond bien plus volontiers professeur à Bâle que Dieu,

Mais je n’ai pas osé pousser assez loin mon égoïsme personnel pour abandonner, à cause de lui, la création du monde.



Cox

Si les dieux font quelque chose d’inconvenant, c’est alors qu’ils ne sont plus dieux du tout.



Novalis

Monologue

Quand on parle et l’on écrit, il arrive quelque chose de fou :

La pure conversation est un pur jeu de mots.

Le langage ne se soucie que de lui-même.

Tous l’ignorent.

C’est pourquoi il est un mystère si merveilleux et si fécond.

Surtout quand on parle seulement pour le plaisir de parler.

Haine de tant de gens sérieux pour le langage.

Le bavardage méprisable est le côté infiniment sérieux du langage.

Il s’agit d’un monde à part.

Comme les formules mathématiques.

Une liberté.

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