O15838
Denis Jeambar : "Les dictateurs à penser"



O15838 Denis Jeambar : "Les dictateurs a penser"

"Les dictateurs à penser, et autres donneurs de leçons"

Denis Jeambar

Seuil

2004



Petits meurtres démocratiques entre amis



La modestie n’est pas la marque de notre temps.

L’arrogance de la pensée et les certitudes envahissent le monde et déferlent sur notre quotidien.



Banquise des vanités.



La France qui sait est de retour.



Incroyable suffisance.



Trois valeurs fondamentales de la démocratie

La raison.

La vérité.

La justice.

A la place, autre chose :

"Tout le monde en parle."

"On ne peut pas plaire à tout le monde."



Quelle névrose s’empare de nous ?

Nous sortons d’un siècle de ténèbres, le plus noir et le plus sanglant que cette pauvre terre ait connu.

Et déjà nous commettons les mêmes erreurs qu’hier.



Une forme nouvelle de totalitarisme s’installe, dont nous élites politiques, économiques, intellectuelles et médiatiques sont les avocats zélés.

Un assassin italien en cavale ?

Le défendre, simplement parce qu’il a écrit un polar ; qu’importent quelques meurtres ?

Pontifes de l’intelligence et de la perspicacité et de l’équité.

Alors qu’ils n’obéissent qu’à leurs propres passions, et ne songent qu’à suivre la pente de leurs intérêts.



Une cohorte puissante de maîtres à dire et de dictateurs à penser s’est installée aux commandes de l’opinion, et lui fait ingurgiter ses fausses vérités.



Plus rien n’est connaissance.

Tout devient dogme.

Dans une société prisonnière d’un mandarinat prétentieux et sûr de lui.



Mépris du peuple, placé sous hypnose.



L’événementiel et l’urgence importent plus que la réalité et l’authenticité des faits.


Médias frénétiques.



Une chasse permanente aux intrus.



Ils s’affichent en hommes libres.

Pour que nul ne viennent ni ne puisse contester leur probité et leur élévation.



Ils montent dans tous les trains qui passent

Yougoslavie

Tchétchénie

Afghanistan

Irak



La Star Academy

La Ferme des célébrités



La pavane des Intelligents


Les Battististes



Les matamores de papier



A l’abri des droits de l’homme

Le bon droit, soudain, est passé du côté arabe et Israël a perdu sa légitimité et son humanité.

De Gaulle a évacué la culpabilité qui pesait sur les esprits européens depuis la tragédie de la Shoah.

Il a signifié que la repentance ne pouvait plus guider la diplomatie.

Il a libéré la parole sur les Juifs et contribué à ce que l’on ne les regarde plus comme d’éternelles victimes.

Bien qu’insoupçonnable, il a desserré l’étau qui contraignait et bâillonnait l’antisémitisme en France.

Importantes ventes d’armes.



De Gaulle

Conférence de presse du 27 novembre 1969

Israël, ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combats des objectifs qu’il voulait atteindre.

Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme.



Aucun président n’est revenu là-dessus.


De victime, le Juif est devenu bourreau face au Palestinien déshérité et sacrifié, incarnation de la minorité souffrante, nouveau damné de la terre.



Israël a basculé dans le cas des Etats bourgeois, donc coupables.

Il constitue même le coupable idéal, puisque son attitude vis-à-vis des Palestiniens allège le fardeau de notre propre culpabilité.

Plus Jérusalem commet de fautes, plus s’éloigne le spectre d’Auschwitz.



A l’abri des droits de l’homme dont la pensée française est le garant, Israël peut être fustigé sans risque.



Aucun regret des communistes, quant au culte de Staline.



L’imposture des experts



Despotisme des faiseurs d’opinion.



Elle passe par la courbe de popularité.



Captation arrogante du pouvoir.



Le Magic Circus de l’info


Les hommes sont souvent dépassés par les systèmes qu’ils inventent.



Ce ne sont pas les boussoles qui sont déréglées, mais l’usage que l’on en fait.



Dictature absolue de l’instant.



Travers flattés

L’impatience de savoir.

Le désir de posséder.

L’envie.

Le voyeurisme.



L’immédiateté libère les instincts et nivelle, jusqu’à l’obscène, les émotions.



Le plaisir devient un bien de consommation quotidien.



Jouir sans relâche, et non seulement sans entrave.



La notion d’effort passe à l’arrière-plan et les droits supplantent les devoirs.



L’égalité n’est plus une chance offerte à chacun, mais un dû qui libère les revendications et justifie les transgressions.

Quand je ne reçois pas, je prends !



La société se criminalise sous le masque des injustices.


L’exclu est toujours une victime qui a droit à réparation même quand il refuse les règles du jeu.



Durkheim

Leçons de sociologie

Il n’y a pas de forme de l’activité sociale qui puisse se passer d’une discipline morale qui lui soit propre.



C’est là le cœur de la démocratie.


Un meurtre par minute des séries télévisées.



EPILOGUE

L’INCREDULE



L’indignation solitaire suscite la dérision.



C’est pour se faire valoir…



Le système adore entretenir des contradicteurs complices ; il est toujours bon de créer le débat quand on peut le contrôler.

L’apparence démocratique est la meilleure arme des pouvoirs forts et des dictateurs à penser.



La pensée unique rend l’indignation difficile.

Sa force principale est d’être péremptoire.



L’indignation est difficile.

On ne nous en sert qu’un ersatz.

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