O15837
Wikipédia : "Charles Richet"



O15837 Wikipedia : "Charles Richet"

"Charles Richet"

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Charles Robert Richet (26 août 1850 à Paris - 3 décembre 1935 à Paris) est un physiologiste français, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1913pour la description de l'anaphylaxie1, et président de 1920 à 1926 de la Société française d'eugénisme.

Charles Richet est le fils de l'anatomiste et chirurgien Alfred Richet (1816-1891), le petit-fils de l'homme politique Charles Renouard (1794-1878), arrière-petit-fils de l'ingénieur civil Pierre-Simon Girard (1765-1836) et cousin par ce dernier du ministre Joseph Caillaux (1863-1944).
Agrégé de physiologie à la faculté de médecine en 1878, membre puis président des Sociétés pacifistes (dont il préside les congrès nationaux et internationaux), professeur de physiologie en 1887, secrétaire général de la Société de psychologie physiologique (présidée par Charcot en 1886 et vice-présidée par Théodule Ribot et Paul Janet), secrétaire général du premier congrès international de Psychologie physiologique tenu à Paris en 1889, directeur de la Revue Scientifique, membre de l'Académie nationale de médecine en 1898, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine « en reconnaissance de ses travaux sur l'anaphylaxie1 », membre de l'Académie des sciences en 1914, jubilé scientifique devant une Assemblée internationale de savants en 1926, c'est un excellent littérateur, sociologue, philosophe, psychologue, curieux de tout, à commencer par l'homme.
Membre influent du Grand Orient de France[réf. nécessaire], il fut également fondateur de la Société française d'eugénique, dont il est le président de 1920 à 1926, il adopte des positions eugénistes, mais aussi fortement racistes (idées qu'il soutient notamment dans Sélection humaine, publiée en 1913). Un exemple de déclaration de Richet à l'appui de ses idées : « …une véritable aristocratie, celle des blancs, de pure race, non mélangés avec les détestables éléments ethniques que l’Afrique et l’Asie introduiraient parmi nous »[réf. insuffisante].
En 1890, il réalise la première sérothérapie sur l'homme. Il est également pionnier de l'aviation2 avec Victor Tatin et il est propriétaire du château Richet à Carqueiranne.
Charles Richet milite aussi pour l'espéranto, et cofonde l'Institut métapsychique international en 1919, ayant promu ce terme dès 1894. Il consacre une grande partie de sa vie à l'étude des phénomènes paranormaux via cette science de l'inhabituel, notamment la télépathie, la psychokinésie, le moulage de mains de fantômes ectoplasmiques3. Il participe à la fondation de la branche française de la Society for Psychical Research dont il fut président en 1905. Il a longtemps poussé ses collègues à s'incliner devant les faits de la méthode expérimentale, mais n'a jamais obtenu le consensus pour ces travaux. Charles Richet était un proche ami de Pierre Janet avec lequel il avait créé l'Institut Psychique International puis l'Institut Psychologique International en 1900-1901. Mais il s'en sépare notamment parce qu'il aurait été trompé dans l'épisode de la "Villa Carmen" (1905).
Charles Richet est par ailleurs le père de Charles Richet (fils), médecin et membre de l'académie de médecine, déporté à Buchenwald, le grand-père de Gabriel Richet (1916-2014), médecin néphrologue et membre de l'académie de médecine.



AFFAIRE DREYFUS



« Ce Français pacifiste n'était pas de l'imbécile espèce anti-France. Son pays le trouva prêt à l'aider à tout moment utile. En 1870, il devança l'appel. En 1916, âgé de 66 ans, il entreprit une croisade en Italie, en Roumanie, en Russie, pays peuplé de ses élèves, pour y encourager latins et slaves à la lutte qu'il espérait devoir clore l'horrible coutume de la guerre. De retour en France il va aux armées où ses conseils peuvent être utiles et il y étudie les effets du choc explosif sur les combattants. Puis il s'emploie à observer, à l'hôpital de la côte Saint-André, les effets bénéfiques de sa zomothérapie sur les soldats tuberculeux. »
Pacifiste et patriote, son désarroi face au déchaînement des violences et notamment celles du premier conflit mondial lui fait publier de multiples essais contre la guerre et en faveur de la paix4, comme Le Passé de la guerre et l'avenir de la paix ou Les Coupables.
Il milite pour la création d'une société internationale d'arbitrage. La « force, c’est la guerre, c’est le procédé des enfants, des bêtes, des sauvages : c’est le procédé des hommes d’aujourd’hui. L’autre procédé, c’est le droit ; et le droit, c’est le recours à un tribunal arbitral5 ! »
« La guerre qui s'est déchaînée au 1er août 1914 a fait déjà cinq millions de morts, douze millions de blessés, devenus pour la plupart des impotents. Ces 17 millions d'hommes étaient l'élite de la jeunesse européenne, les plus beaux, les plus vaillants. Deux millions de civils, femmes, enfants, vieillards, ont péri par la misère et par la faim... Pendant deux ans, aucun des habitants de l'Europe n'a eu le courage de sourire... Tel est le bilan de ce grand crime. Y a-t-il des coupables6 ? »
Dans la conclusion du même ouvrage , p. 265 et suivantes : « Assez de sang. Assez de larmes. Assez de douleurs [...] Chaque Etat souverain devra s'incliner devant une souveraineté supérieure, celle du droit ! »
Défenseur du capitaine Dreyfus et outragé par le déni de justice, Charles Richet fait part à Zola de son soutien et de ses encouragements lors de la publication du manifeste J'accuse…! où Emile Zola défend l'innocence de Dreyfus7.



Meurtri par ce qu'il a vu, en tant que médecin, pendant la Grande Guerre, Richet clame en 90 pages ses quatre vérités à une humanité qui le révolte dans L'Homme stupide.



Son ouvrage débute par des propos misanthropes : « Personne ne m'accusera de nourrir une admiration aveugle pour notre soi-disant civilisation », et, à l'inverse de Rousseau, n'épargne pas les non-européens : « Les nègres n'ont rien d'analogue [à l'humanité blanche]. Ils continuent, même au milieu des Blancs, à vivre une existence végétative, sans rien produire que de l'acide carbonique et de l'urée. », ajoutant que selon lui « les écureuils et les singes sont bien au-dessus des nègres, dans la hiérarchie des intelligences. »
C'est toutefois à la société qui se prétend civilisée qu'est consacré ensuite l'essentiel du texte : mutilations des enfants (circoncision, percement d'oreilles...), guerre, alcool, autres poisons, crédulité, absurdité des bijoux (dans des pages qui rappellent Tertullien), traitement injuste par l'humanité de ses grands hommes, refus obstiné par les hommes d'une langue universelle sont ainsi passés en revue de façon pessimiste et sarcastique. En leitmotiv y revient cette idée : partout et toujours Homo stultus (l'homme stupide en latin) règne en maître.
« L'aménagement d'un vaisseau cuirassé témoigne à certains égards d'une prodigieuse intelligence. Puissantes machines, télégraphies sans fil, canons énormes pourvus de poudres savantes, forces électriques régissant tout le mécanisme, salons luxueux, bibliothèques choisies, hydravions rapides ! C'est parfait. L'ingénieuse disposition de toutes les parties du bâtiment permet de faire voguer sans péril, en toutes les mers, toutes les merveilles de la civilisation accumulées en un étroit espace. Oui ! c'est beau, et j'admire ! Mais bientôt, quand je réfléchis, mon admiration s'évanouit. Elle s'évanouit même si bien qu'il n'en reste plus de trace. Car enfin quelle est la destination de ce magnifique appareil ? Détruire un autre appareil analogue. Alors à quoi bon ? »
Cependant, Charles Richet en commençant et terminant L'Homme stupide donne sa proposition pour que l'homme devienne réellement sapiens, laquelle ne diffère pas de celle, racialiste, répandue à son époque et d'autre part eugéniste positive qu'il avait exposée en 1913 dans La Sélection humaine. Il écrit ainsi :
« Donc on peut modifier par sélection les espèces. Donc il y a transmission héréditaire. Donc, en continuant cette sélection, c'est-à-dire l'accouplement des meilleurs, sans défaillance, pendant de nombreuses générations, on forcera certains caractères, aussi bien psychologiques que physiques, à se fixer sur l'espècenote 1. Car la forme de l'esprit est soumise à l'hérédité, tout autant que la forme du corps.
S'il en est ainsi — et il est fortement prouvé qu'il en est ainsi — pour que Homo stultus cesse d'être Homo stultus, il lui faudra développer son intelligence par une sévère et prolongée sélection. Mais, pour commencer, ne fût-ce que timidement, cette grande œuvre, un immense et douloureux effort serait nécessaire. Et malheureusement nous sommes arrivés à un tel point de dégradation qu'une si rude tâche sera probablement impossible. »



En 1913, dans son livre La Sélection humaine, il avait écrit : « Lorsqu’il s’agira de la race jaune, et, à plus forte raison, de la race noire, pour conserver, et surtout pour augmenter notre puissance mentale, il faudra pratiquer non plus la sélection individuelle comme avec nos frères les blancs, mais la sélection spécifique, en écartant résolument tout mélange avec les races inférieures10. », ou bien, « après l'élimination des races inférieures, le premier pas dans la voie de la sélection, c'est l'élimination des anormaux11. ».
Le lien entre les deux livres est tel que La Sélection humaine est rééditée en 1919, année de la parution de L'Homme stupide.
Son idée était que la sélection de l'homme par l'homme serait plus rapide que la sélection naturelle, d'où le titre du livre La Sélection humaine. Voir cependant les restrictions précisées dans l'article Eugénisme.
Dans La Sélection humaine, Charles Richet mentionne par deux fois Rabelais12 comme homme illustre.



En tant que romancier et poète, Charles Richet est l'auteur de plusieurs nouvelles de proto-science-fiction dans les années 1880-1890, sous le pseudonyme de Charles Épheyre13,14,15 dont « Le microbe du Professeur Bakermann, récit des temps futurs » en 1892 et « Le Mirausorus » en 1893.
Homme passionné et universel comme on pouvait l'être à son époque, il a aussi écrit, sous son nom ou celui de C. Épheyre, des fables (Pour les Grands et les Petits), des pièces de théâtre (La mort de Socrate, Circé, que jouera Sarah Bernhardt), des romans et nouvelles (La grand-mère ; À la recherche du bonheur, à la recherche de la gloire ; Une conscience d'homme ; Possession et Sœur Marthe, nouvelle puis roman puis libretto d'opéra-comique), des poèmes (Poésies, sous le pseudonyme d'Epheyre, avec Paul Fournier, 1875), ou des ouvrages de vulgarisation historique (Abrégé d'histoire générale ; Initiation à l'histoire de France ; Histoire universelle des civilisations dédiées aux jeunes gens des écoles de tous les pays).

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