O15808
Georges Devereux : "Cléomène le fou"



O15808 Georges Devereux : "Cleomene le fou"

"Cléomène le fou"

"Histoire ethnopsychanalytique"

Georges Devereux

Aubier

1995



JACQUY CHEMOUNI

PREFACE


Hongrois, converti probablement au christianisme.

Cachant opiniâtrement ses origines juives.

Emigré en France, puis aux Etats-Unis.
Fin de sa vie en France.

Meurt en 1988.
Il souhaita un enterrement rituel mohave.



Amour pour la Grèce antique, à laquelle il s'identifie.



La psychanalyse propose une théorie originale de l'âme.



Cicéron

La première loi de l'histoire est de ne rien dire de faux.
La seconde d'oser dire tout ce qui est vrai.



CLEOMENE



Sparte, entre 550 et 490.



LE PERSONNAGE DE CLEOMENE



Bigamie de son père, le roi Anaxandride

Roi de Sparte, de la lignée des Agides.
Contemporain de Crésus et d'Ariston.

Marié à une femme qu'il aimait, qui ne lui donna pas d'enfant.

Le gouvernement lui demande de s'en séparer, et d'en épouser une autre.
Il refuse.
On lui impose la bigamie.

Il aurait pu aussi demander à un de ses amis d'engrosser sa femme.
C'était la pratique coutumière à Sparte.

Malgré sa répugnance, il accepte la bigamie.

Peu après la naissance de Cléomène, de la deuxième femme, la première accouche de Dorieus.

Méfiance du gouvernement, pour lesquels la stérilité n'était qu'un prétexte d'intervention.

Les éphores ont voté une loi ordonnant la bigamie à Anaxandride.



La vie matrimoniale d'Anaxandride

Il continue ses relations sexuelles avec sa première femme.

Contrairement à la coutume spartiate, chaque épouse avait sa propre demeure.

Ensuite, la première femme a des jumeaux : Léonidas et Cléombrotos.

Dès la naissance de Cléomène, Anaxandride délaisse complètement sa deuxième femme.

La seconde épouse humiliée.

Cléomène pouvait être exclu de la succession de son père.

Une situation difficile et conflictuelle, ressentie très tôt par Cléomène.



L'enfance traumatisée de Cléomène

Il grandissait dans un contexte absolument sans précédent.

Angoisse et incertitude déclenchées par sa situation insolite.

Il ressentait l'hostilité contre lui, comme une menace l'empêchant d'accéder au trône.



Rapports sociaux et familiaux

Comme tous les schizophrènes, Cléomène était incapable de rapports humains chaleureux.

Ce sont ses proches parents qui limitèrent sa liberté et l'emprisonnèrent, quand il devint fou.

Son inaptitude aux rapports humains le rendaient peu respectueux des sentiments des autres, qu'il ne comprenait pas. Mais il savait les exploiter.

Adultères choquants pour les Spartiates.

Il s'empare d'Argos.

Liens affectueux uniquement avec sa très jeune et unique fille, Gorgo.

Il cherchait son approbation.

Il acceptait ses reproches sans régir.

Mais ces relations ne sont fortes que lorsqu'elle est enfant ; dès qu'elle est adulte, elle n'existe plus.



Relation au père et à la mère

Une mère ne peut éprouver beaucoup de tendresse à l'égard d'un enfant conçu avec un époux qui ne l'aime pas.

D'autre part, la naissance de Cléomène a mis fin à la vie affective et sexuelle de sa mère.

Affection excessive, possessive et destructrice.

L'installant comme confident dans ses malheurs domestiques.

Pas de relation entre Cléomène et son père.



Dorieus, son demi-frère

Les éphores, à leur demande, assistèrent à l'accouchement, pour s'assurer qu'il n'y avait pas de substitution d'enfant.

Beaucoup de Spartiates mettaient en doute la légitimité de Cléomène.

Dorieus, le Dorien. Une autre politique que celle de l'entourage de sa mère, les Achéens de Chilon.

Dorieus comptait sur son mérite viril pour régner.

Les Spartiates choisissent Cléomène comme roi.

Il va en Libye.

Il est tué.



Rivalité entre frères

Cléomène menacé dans son droit d'aînesse.

Son père le considère comme un obstacle.

Il favorise ouvertement Dorieus.
Cléomène semblait anormal, et Dorieus, le plus brillant de ses contemporains.

Dorieus espère en l'annulation rétroactive de la loi sur la bigamie.

Cléomène serait devenu alors simple bâtard royal.

Paranoïa de Cléomène, et crimes, pour confirmer sa légitimité.



Mort de Cléomène

Il est une énigme.

Mort atroce et insolite.

Suicide.

Tenu captif, il voit un jour son gardien à ses côtés.

Il lui demande un poignard.

L'autre commence par refuser.

Il le menace de sa colère au jour où il serait délivré de ses entraves.

Le gardien lui en donne un.
Il s'en laboure le corps, à commencer par les jambes.
Remonte aux cuisses, puis aux flancs.
Parvient au ventre.
Se hache littéralement les entrailles.

Autodépècement.



La mort confirme la folie.

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