O15737
Pessoa : "Un singulier regard"



O15737 Pessoa : "Un singulier regard"

"Un singulier regard"

Pessoa

Christian Bourgois

2003



1888-1935.



Tu étais beaucoup d’autres,
Tu étais tous les autres

-- Et n’étais jamais personne.



Son œuvre tout entière n’est qu’un long commentaire sur les innombrables facettes de sa personnalité.



Il se livre tout entier.



Il a passé sa vie à s’analyser.

Angoisse fondamentale qui a miné sa vie.



J’ai été un poète inspiré par la philosophie, pas un philosophe doué de facultés poétiques.



L’artiste se doit de naître aussi beau qu’élégant.

Celui qui adore la beauté ne peut en être lui-même dépourvu.



Je n’ai personne à qui me confier.



Un ami intime, c’est un de mes rêves.

N’en parlons plus.



Je me sens aussi seul qu’un bateau naufragé en mer.



Ne te moque de personne, ne ridiculise jamais personne, pas même dans le secret de ton cœur.

La vie humaine est trop triste et trop sérieuse pour qu’on en rie.



Je ne suis jamais heureux.



Je suis l’ombre de moi-même.

Et je cherche ce dont elle est l’ombre.


Je me demande si je suis fou.



Dix mille fois mon cœur s’est brisé dans ma poitrine.

Sanglots.

Douleurs.



La haine pour les institutions, les conventions, ont embrasé mon âme de son incendie.



Aussi longtemps que j’ai été chrétien, j’ai pensé que les hommes étaient responsables du mal qu’ils faisaient.

Je haïssais les tyrans.

Mais je me suis libéré de l’influence immorale et mensongère de la philosophie du Christ.

J’ai haï le mal en lui-même.

Les rois et les prêtres, j’en ai eu pitié, parce que ce sont des hommes.

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