O15576
Noriega : Meurtre, drogue, blanchiment d’argent ; et légion d’honneur française



O15576 Noriega : Meurtre, drogue, blanchiment d’argent ; et legion d’honneur francaise

Noriega : Meurtre, drogue, blanchiment d’argent ; et légion d’honneur française.



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Manuel Antonio Noriega, dont la date de naissance officielle n'est toujours pas confirmée (les dates avancées restent le mois de janvier, de l'année 1934, 1936 ou 1938) 1et mort incarcéré dans son pays le 29 mai 2017 est un militaire et Etat panaméen. De 1984 à 1990, en tant que général, il est chef des forces armées panaméennes, il exerça de facto le pouvoir dans le pays, sans avoir constitutionnellement le titre de chef de l'État. Détenu aux États-Unis pour trafic de drogue et blanchiment, il a été condamné au Panama par contumace pour meurtres.
Originaire d'un quartier pauvre de Panama, il y reste jusqu'à ses années universitaires avant de partir dans une école militaire située au Pérou. Il a également reçu une formation de renseignement et de contre-espionnage à l'École militaire des Amériques à la base militaire américaine de Fort Gulick au Panama, en 1967, ainsi qu'un cours spécialisé dans les opérations psychologiques (psyops) à Fort Bragg (Caroline du Nord). Il est recruté par la CIA en 1967 pour laquelle il travaillera jusque dans les années 1980. Il accède au grade de sous-lieutenant de la garde nationale panaméenne à son retour.
On allègue[Qui ?] qu'il participa en 1968 au coup d'État qui renverse Arias et marque le début d'une ère de régime militaire dominé par Omar Torrijos. Noriega devient le bras droit de Torrijos, et s'installe à la tête du G-2, le service de renseignements, qui sème la terreur parmi les opposants à Torrijos. Noriega est l'homme le plus craint du pays à la fin des années 1970.
Torrijos meurt dans un accident d'avion en 1981, et Noriega tire vite profit des luttes de pouvoir qui en résultent. Nommé à la tête de l'armée en 1983, il représente de 1983 à 1989 une force incontournable pour tous les présidents panaméens successivement au pouvoir.

LAV-25 de l'USMC devant les ruines d'un bâtiment des forces de défense du Panama le 20 décembre 1989.
En 1987, Manuel Noriega est l'homme fort du Panama, dont il est dirigeant de fait. Il bénéficie du soutien des États-Unis et de bien d'autres pays. Il est ainsi fait commandeur de la Légion d'honneur par François Mitterrand le 22 janvier 1987, sur proposition du ministère des Affaires étrangères du gouvernement Chirac2,3. Au-delà de ce rôle public de quasi chef d'État, il est agent double de la CIA et des services cubains, tout en relayant le trafic de la cocaïne colombienne4.
Il est lâché par les États-Unis en 1987 et une cour américaine l'accuse de trafic de drogue et de racket en 1988. Le sous-comité du Sénat américain sur le terrorisme, les stupéfiants et les opérations internationales conclut[réf. nécessaire] alors que « la saga au Panama du général Manuel Antonio Noriega représente l'un des échecs les plus graves de la politique étrangère des États-Unis... Il est clair que chaque agence gouvernementale américaine qui avait une relation avec Noriega a fermé les yeux à sa corruption et au trafic de drogue, alors même qu'il était en train de devenir un acteur clé au nom du cartel de Medellin (dont un des membres était le notoire Pablo Escobar). « Noriega a été autorisé à établir la première narcokleptocratie de l'hémisphère » .
À cela s'ajoute de manière moins officielle son rôle de double agent, Noriega étant jugé coupable d'avoir transmis des informations hautement confidentielles à Cuba, d'avoir facilité le transfert de technologies sensibles à des pays du bloc de l'Est et d'avoir vendu des armes aux guerilleros pro-communistes d'Amérique latine5 et au gouvernement sandiniste6 dès la fin des années 1970, les services de renseignement militaires américains tentant de l'espionner à partir de 1981, ignorant les activités de la CIA et vice-versa tandis que Noriega lui tentait d'infiltrer les unités de renseignement américains au Panama7.
Les relations avec Washington se détériorent encore plus à la suite de l'annulation de l'élection présidentielle de mai 1989 et à l'auto-désignation de Noriega en tant que président. Celui-ci déclara alors « l'état de guerre » envers les États-Unis.
Le président américain George H. W. Bush prit alors pour prétexte l'exécution d'un soldat américain par des soldats panaméens pour ordonner l'invasion de Panama le 20 décembre 1989, dans le cadre de l'Opération Just Cause. Les pertes militaires de deux côtés furent minimes, mais elles entraînèrent plusieurs centaines de morts civiles et l'exode d'au moins 20 000 personnes3.
Réfugié dans la nonciature de Panama, Manuel Noriega se rendit le 3 janvier 1990 après un siège de plusieurs jours sous le vacarme assourdissant de musique rock8, avec des titres opportunément choisis dont I Fought the Law par The Clash, Welcome to the Jungle parGuns N' Roses9, Voodoo Child (Slight Return) de Jimi Hendrix10, Panama de Van Halen11 ou encore Too Old to Rock 'n' Roll: Too Young to Die par Jethro Tull12[pertinence contestée].
Le procès fut confié au parquet de Miami. Manuel Noriega fut condamné en 1992 à quarante ans de prison ferme. Sa peine est ensuite ramenée à trente ans, puis réduite à dix-sept ans pour bonne conduite. Il vivait jusqu'en avril 2010 (avant son extradition en France) dans une prison de Floride, où il se convertit à l'évangélisme Born again en 199213.
Il aurait dû être libéré le 9 septembre 2007, mais son extradition a été réclamée par le Panama et la France, où une enquête pour trafic de drogue était ouverte depuis 19894.
Son procès a donné lieu à un certain nombre d'interrogations concernant l'importance des liens entre Manuel Noriega et la CIA alors que les documents du gouvernement américain soumis à la cour de Miami en audiences préliminaires en 1991-92 confirmaient que Manuel Noriega a été payé (au moins) 320 000 $ par le gouvernement américain pour services rendus, ainsi que ses liens avec quelques figures clés de l'administration Reagan et Bush, ayant permis la fourniture d'armes aux rebelles Contras au Nicaragua payées avec les bénéfices de la vente de drogue du cartel de Medellin14. La plupart de ces questions n'a pas encore reçu de réponses précises.
Manuel Noriega, pour sa défense, avança que le chiffre réel des paiements américains avait approché 10 000 000 $ et demanda à être autorisé à divulguer les tâches qu'il avait effectuées pour les États-Unis. Le tribunal a statué que « l'information sur le contenu des opérations secrètes dans lesquelles Noriega avait été engagé en échange de versements présumés était sans rapport avec sa défense ». Il a jugé que la présentation de preuves concernant le rôle de Manuel Noriega dans la CIA pouvait « confondre le jury ».
La fortune de Manuel Noriega a été évaluée à près de 60 millions d'euros par les autorités américaines, lors de son procès à Tampa en 1992.

Noriega a été incarcéré à la Prison de la Santé, à Paris.
Manuel Noriega est condamné par contumace en France en 1999 à dix ans d'emprisonnement pour blanchiment d'argent et à une amende de 75 millions de francs français de l'époque à la suite d'un ordre d'extradition signé le 17 juillet 2007 ; il est également condamné au Panama à deux peines de vingt ans de prison pour le meurtre de deux opposants politiques : Hugo Spadafora, en 1985, et le commandant Moises Giroldi, en 198915.
Alertée, en 1989, par les services américains qui enquêtaient sur le recyclage de l'argent de la drogue, la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) avait signalé à la justice le fonctionnement de comptes bancaires ouverts en France par Manuel Noriega et plusieurs de ses proches.
Dès 1986, des sommes importantes ont, en effet, été déposées par le clan Noriega, sa femme, deux de ses filles et les ambassadeurs du Panama en France et en Grande-Bretagne, ainsi que par le consul général de Panama à Marseille sur des comptes ouverts à la BNP, au CIC, au Crédit lyonnais et au Banco do Brasil. À Marseille, sa fille Sandra exerçait les fonctions de consul général de Panama16.
Un juge a gelé tous les avoirs de l'ancien dictateur, soit plusieurs dizaines de millions de francs, et a découvert que la famille Noriega avait également investi dans l'achat de trois appartements dans les quartiers chics de Paris : quai d'Orsay pour environ 15 millions de francs, quai de Grenelle et rue de l'Université.
Déposées sur un compte panaméen de la Bank of Credit and Commerce International, les sommes versées à Manuel Noriega par les chefs du cartel de Cali transitaient ensuite par Londres et Paris pour être, enfin, réparties au Luxembourg, en Suisse et en Autriche.
Le mandat d'arrêt international lancé, le 8 novembre 1996 par le juge Fiévet contre l'épouse de l'ancien dictateur, suspectée d'avoir participé au blanchiment de l'argent, est toujours en cours17.
Il a été extradé le 26 avril 2010 vers la France18. Noriega est alors incarcéré à la Prison de la Santé, à Paris19.
Le 7 juillet 2010, il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de 10 ans de prison et une amende de 75 millions de francs pour blanchiment d'argent issu de la drogue, ses avocats Maitre Olivier Metzner et Maitre Yves Leberquier, insistant sur l'aspect politique de ce procès, sur l'immunité de son client à l'époque des faits par ailleurs prescrits, à son passé d'agent rémunéré par la CIA20, assortie de la confiscation de 2,3 millions d'euros, plus un million d'euros de réparations à l'État du Panama, partie civile21. Il était libérable en 2011.
Le 2 août 2011, un décret d'extradition vers le Panama a été notifié à Manuel Noriega par les autorités françaises22. Il est extradé par la France à destination de son pays le 11 décembre 2011. Il y est immédiatement emprisonné dans le cadre d'accusations de violation des droits de l'homme.
En 2017, les autorités panaméennes l’autorisent à se faire hospitaliser pour se faire opérer d’une tumeur du cerveau; à la suite de cette opération, il doit subir une trachéotomie23 et tombe dans le coma. Noriega meurt sans avoir repris connaissance dans la nuit du 29 au 30 mai 20173.
Noriega fait une apparition dans deux missions du jeu Call of Duty: Black Ops II , dans lequel il collabore un premier temps avec la CIA pour capturer un trafiquant d'armes et de drogues nicaraguayen, et un deuxième où il trahit les États-Unis.
Manuel Noriega est surnommé au Panama Cara de piña « Face d'ananas » du fait de la peau de son visage fortement grêlée24.

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