O15569
Cicad : "Antisémitisme des Pères de l’Eglise"



O15569 Cicad : "Antisemitisme des Peres de l’Eglise"

"Antisémitisme des Pères de l’Eglise"

Cicad

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CICAD



L'antijudaïsme des Pères de l'Eglise
L'antijudaïsme chrétien est aussi ancien que l'Eglise catholique elle-même.




Au IIe et IIIe siècles après la naissance de Jésus, les Pères de l'Eglise ont cherché à attirer les païens et les classes dirigeantes vers le christianisme, mais l'influence des Juifs sur les païens était encore forte. Les Pères de l'Eglise ont donc considéré les Juifs comme de dangereux opposants à l'orthodoxie voulant tromper le petit peuple. Ils se sont attachés à renforcer les aspects négatifs des Juifs déjà mentionnés dans les Evangiles. La résistance opposée par les Juifs n'a fait que nourrir leur ressentiment.

Les polémiques entre Chrétiens et Juifs se sont amplifiées entre le IIe et le IVe siècle, notamment au sujet des Ecritures et de leur interprétation. Les Pères de l'Eglises accusaient les Juifs de maudire Jésus trois fois par jour dans leurs prières et les considéraient comme des démons. Lorsque le christianisme est devenu la religion officielle de l'Empire romain, en 312, il est passé de l'opprimé à l'oppresseur. Contrairement aux païens peu à peu convertis au christianisme, les Juifs ne reconnaissaient pas Jésus comme le Messie.

Les Pères de l'Eglise se trouvaient face à un dilemme : d'un côté, ils avaient incorporé l'Ancien Testament - autrement dit la Bible hébraïque - au christianisme. De l'autre, ces mêmes textes indiquaient clairement que les Juifs étaient le peuple choisi de Dieu, une idée inconcevable pour l'Eglise, puisque les Juifs ne reconnaissaient pas Jésus. Ils ont surmonté l'obstacle en déclarant que puisque les Juifs avaient rejeté Jésus, ils avaient perdu la prérogative de "peuple élu" au profit des Chrétiens devenus le "vrai Israël" (verus Israel).

Au IVe siècle, Saint Augustin écrit, sur la base d'un psaume, qu'il ne faut pas tuer les Juifs, mais les condamner à la dispersion et à l'humiliation, en signe de victoire de l'Eglise sur la Synagogue. Cette condamnation à la servitude éternelle sera maintenue pendant des siècles : ils ne sont pas tués mais constamment persécutés, afin de montrer aux Chrétiens le sort réservé à ceux qui renient Jésus.

A la même époque, le patriarche de Constantinople Jean Chrysostome prononce des sermons très virulents contre les Juifs, et prêche aux Chrétiens que c'est un péché de traiter les Juifs avec respect. Il appelle la synagogue la maison de Satan dédiée à l'idolâtrie et le repaire des meurtriers de Dieu.

Par la suite, les relations entre Chrétiens et Juifs ont figuré à l'ordre du jour de la plupart des conciles de l'Eglise. Jusqu'à la fin du Moyen Age, une législation de plus en plus sévère se met en place contre les Juifs : mariages mixtes prohibés, interdiction pour les Chrétiens d'avoir des relations sociales avec les Juifs, impossibilité pour un Juif d'avoir un employé chrétien, etc. Les Juifs deviennent de véritables parias lorsque leur sont imposés un signe distinctif sur leur vêtement (la rouelle*), des impôts de plus en plus lourds (voir l'argent* et les Juifs). Ils sont accusés de meurtre rituel*, de déicide* et tenus responsables de tous les maux de la société médiévale. La haine des Juifs est alimentée par les sermons des prêtres, par les pièces de théâtre, par les écrits des Pères de l'Eglise, par des bulles papales et des édits royaux. L'antijudaïsme chrétien a vécu son apogée avec les Croisades* et l'Inquisition*.

Pendant des siècles, l'Eglise a encouragé l'enseignement du mépris à l'égard des Juifs, dans les prédications, les cours de catéchisme, l'éducation aux enfants. Ce discours a commencé à évoluer positivement avec le concile de Vatican II*, en 1965.

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