O15491
Christiane Tortel : Le paon, suivant les civilisations, sacralisé, diabolisé



O15491 Christiane Tortel : Le paon, suivant les civilisations, sacralise, diabolise



Sacraliser et diaboliser ?

Des attitudes connexes, quelquefois terriblement identiques.

Ainsi, les gnostiques, pour lesquels, en général, la vie est mauvaise.

Pour beaucoup, le bonheur est un délit, de même que la sexualité.

Le péché originel, qui considère que toute l’œuvre de Dieu est irrémédiablement viciée.

Péché originel, que l’on ne peut que fictivement réparer, avec les incantations séniles du salut.

Marcion, évêque du Pont, considère que l’univers a été créé par le diable. Qu’il faut absolument que l’Eglise se détache de tout ce qui est juif. Excommunié, il n’en marque pas moins, essentiellement, l’Eglise entière.

Parmi les signes terribles, la femme est une création du démon, et tout ce qui la concerne lui est directement relié.

Tertullien : La femme doit demander pardon d’être une femme.

Ignace de Loyola, créateur de l’ordre des jésuites : Rien avec les femmes.

Hippolyte déteste les femmes ; il n’aime que la virginité.

Un prêtre catholique, dans Le Monde : La chasteté est inscrite dans la nature.

Diviniser la chasteté, mais la détruire, avec la pédophilie, les prêtres paillards. Boccace, Marguerite de Navarre, Le Roman de la rose, Al Hariri.

Giacomo Leopardi : Tout est mal, tout tend vers le mal.

Marx ? Il n’y a de vérité que matérialiste ; elle conduit, directement, au goulag et à ses joies.

Staline, divinisé, est un monstre. Eluard le chante, comme dieu. Barbarie, j’écris ton nom.

Dieu est infâme ; c’est ce que pense Voltaire, qui condescend, tout de même, à accepter un grand architecte. Un grand horloger : Celui de Beaumarchais, son disciple, sans doute. Cet infâme, il faut l’écraser, comme toute forme de religiosité, dont le djihadisme musulman n’est nullement une caricature.

Heine, Nietzsche, l’ont reconnu : Dieu est mort. Mais ceux qui l’ont tué, les cruels Juifs, qui l’ont pourtant inventé, n’en sont pas moins gravement criminels. Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Nous sommes inspirés par l’amour, mais diaboliques. Nous ne saurions pardonné jamais une faute aussi grave, qui justifie la Shoah.

Luther parle de vermine juive.

Hegel considère que les Juifs sont incapables d’amour, puisqu’ils ont abandonné la Chaldée, quand Abraham l’a quittée.

Kant, doux philosophe : Les Juifs sont la vermine de l’Europe. Et il leur conseille, paternellement, l’auto-euthanasie

Des lois d’airain, qui peuplent l’univers.

L’amour, la passion, conduisent à la mort. Orient et Occident sont d’accord sur ce constat tragique.

Il n’y a rien dans la vie, que… l’économie, le mot le plus lugubre de la langue, pour Paul Morand.

Les politiciens, déroutés dans leur âme absente, ne savent parler que de cela. Cachant leur pourriture, leurs orgies, leur corruption : Pour le peuple, il faut une irréligion.

Séparer les lettres et les sciences, conduisant à des êtres atrophiés, amenuisés : des avortons.

Un désespoir sordide, qui attribue toujours tous les prix Nobel à la famille Thénardier, pour ses immenses mérites.

Alfred Nobel, créateur du prix : Je suis le plus malheureux des chiens galeux, qui a une vie plus heureuse que moi. Dans sa pièce Némésis, il décrit les turpitudes de la ville de Rome, avec la corruption, le meurtre, les adultères, du pape et des cardinaux. Optimiste créateur de prix fictifs, tandis que, pendant les hécatombes, on décerne à tour de bras des prix de la paix.

Dans la mythologie, fréquemment, les déesses de l’amour sont aussi celles de la mort. Les dieux jouent avec les humains, ils s’amusent à vicier leurs vies absurdes. A la fois, la divinisation et la diabolisation.

Qu’avait fait le pauvre Œdipe, qui ne savait pas qu’il tuait son père et faisait l’amour à sa mère ? Méritait-il une telle malédiction, latente aujourd’hui à la vie de tous les psychanalysés ?

La psychanalyse, diététique et crème cosmétique, monologue sur le malheur de l’homme, qui n’a rien, vraiment rien à quoi se rattacher.

Est-ce la peine de s’intéresser à l’âme humaine, pour aboutir à parler de la femme, comme "continent noir", et de se demander, pitoyablement, "que veut la femme" ?

Dans le nom Napoléon, les lettres paon.

Paon

Aigle

Epervier

Vautour

Hyène

Une belle licorne, devenue monstrueux rhinocéros.

Le tueur rapace croit à la grandeur de sa gloire.

Une nuit de Paris reconstituera ceci.

Le fils fragile croit que son père, qu’il admire, représente une immense valeur.

Marie Bonaparte, interrogée, déclare que son parent était l’un des grands criminels de l’histoire.

Edmond Dantès n’arrête pas de se venger, et Pouchkine est éternellement occis par d’Anthès. Lui, homme à femmes, n’admet pas que sa Natalia Goncharovna le trompe. De même que Clemenceau, aux 800 maîtresses, persécute sa femme qui s’est donnée à un seul amant, le précepteur des enfants. Il divorce, la dépossède, lui fait retirer la garde des enfants. Et il estime avoir bien agi.

Alphonse Karr, amant de Juliette Drouet, avant Hugo, estime que la femme n’a jamais le droit de prendre l’initiative du divorce, qui appartient à l’homme. Lui qui a défini le baiser comme un message adressé au premier étage, pour savoir si le rez-de-chaussée est libre.

Divinisation, diabolisation…

La femme donne accès au divin.

William Blake : Ce chef-d’œuvre de Dieu, le corps féminin.

Adam reçoit Hava en cadeau. Il s’écrie : Cette fois-ci, elle est l’être de mes êtres, la chair de ma chair. Tous mes êtres morcelés, elle les unit, les unifie. Quelle merveille ! Elle est, à la fois, être et chair…

Le contraire de ce Platon, pour lequel l’amour n’est possible qu’entre deux hommes, jamais entre un homme et une femme.

Il couronne les poètes, mais les met à la porte de la cité.

Perdu dans sa pauvre caverne, séparant irrémédiablement les idées et la réalité.

Une dualisation de la vie, celle qui caractérise, à la fois, Orient et Occident, islam et christianisme. Deux énormes glandes prolifiques, entre lesquelles, péniblement, se trouve le filament sexuel d’Israël, presque imperceptible, mais fécond.

Napoléon t’offre ses victoires, mais aussi ses victimes. Paon qui se pavane, à la fois génial et imbécile.

A Sainte-Hélène, il écrit que durant son règne il aurait mis Beaumarchais à Bicêtre, et qu’il aurait ainsi évité beaucoup de malheurs à l’humanité.

Pourtant, c’est Beaumarchais qui est précieux, et non Napoléon, vautour aiglé qui aime les charniers, destructeur de l’univers.

Napoléon, le paon.

Un prestige de héros.

Mais le paon est aussi une hyène.

Le paon, oiseau d’Héra.

Elle prépose Ladon à la garde du cadeau de Gaïa, des pommes hespéridées. Ladon a cent yeux, et il surveille constamment les pommes. Mais Héraclès le tue, et Héra fait de ses yeux les belles plumes du paon.

Une grande beauté, mais masculine ; tandis que les paonnes sont grises et ternes. Une inversion : contrairement aux animaux, les femmes se parent, tandis que les vêtements masculins sont plus anonymes et standardisés.

Sacralisation, diabolisation…

Monothéisme si beau ; mais il est, pratiquement, identique à tous les paganismes.

Aharon, grand-prêtre, fabrique le veau d’or.

Toutes les religions se prétendent inspirées par le sacré ; mais, en réalité, elles sont largement diabolisées.

Arnold Schoenberg, dans son opéra, Moïse et Aaron, montre que Moïse apporte aux humains la soif d’absolu, la vérité, la noblesse. Au contraire, Aaron remplace cette fécondité par la religion, qui détruit toute la vie avec ses rites et son manque d’inspiration.

En Iran, le paon est sacralisé.

Chez Zoroastre, une égalité entre les hommes et les femmes. Malgré un dualisme qui conduisit à la création de toutes les sectes. Zoroastre naît en riant, comme Ham ; il est joyeux, heureux. Beauté et cou gracile du paon.

Multicolore, le paon est Yossef, à la tunique de toutes les couleurs. En lui, toutes les qualités concourent, surtout la sexualité. Il rêve, comprend les rêves d’autrui. Haï, le berger réduit en esclavage, presque tué, devient vice-roi. Et il ne se venge pas de ses frères.

Paon sacralisé, plénitude et perfection.

Saint Jérôme est accusé, à Rome, d’être l’amant de toutes les femmes qui sont ses élèves. Il proteste. Il dit : Elles me parlent de leur virginité… Un procès dévoile son innocence, mais il doit quitter Rome, et il ouvre un monastère à Beit Lehem.

Il déclare que le paon est orgueilleux, qu’il s’agit de la femme.

Prisonnier des mythes païens du renoncement, de l’obéissance…

Son ami d’enfance, Rufin, est arien ? Jérôme le critique violemment dans un livre, "Contre Rufin". Paula, riche romaine, le soutenait. Il dit qu’elle ressemble à la vierge Thècle. Mais quand elle soutient aussi Rufin, il déclare qu’elle est une vieille folle.

Comme Stendhal, avec sa maîtresse Amélie. Elle l’inspirait. Mais un an après, il se demande si elle a une once d’intelligence.

Comme Nietzsche, très abondant en compliments pour Lou, dont il est amoureux. Mais elle refuse de l’épouser : Pour elle, il est l’incarnation de Dieu sur terre. Elle ne le voit pas bien dans son lit. A partir de ce refus, il éprouve pour elle de la haine : elle est une guenon…

Versatilité de l’homme envers la femme.

De la religiosité et de son contraire.

Le paon est divin, mais je le hais.

Jérôme déclare que le paon représente l’orgueil, la femme.

Tout est si facilement délabré, dans la pensée humaine.

Est-il difficile de simplement reconnaître la beauté du paon ?

La lucidité d’Orwell n’est pas loin.

La guerre, c’est la paix.

La liberté, c’est l’esclavage.

Enseignement de l’histoire du paon ? Le sacré, c’est le diabolique…

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