O15426
Guy Emmanuel Askénazi : "Gustav Mahler, œuvre d’un obsessionnel"



O15426 Guy Emmanuel Askenazi : "Gustav Mahler, œuvre d’un obsessionnel"

"Gustav Mahler, œuvre d’un obsessionnel"

Guy Emmanuel Askénazi

Thèse de Psychiatrie

Paris

1969



Thèse

Doctorat en médecine



Né en 1938.

Charenton.



Structure obsessionnelle.



Freud

Diagnostic

Névrose obsessionnelle.



En proie au doute.

Aux remords.



Le ménage marche mal.

Très atteint.



Il télégraphie à Freud.

Qui interrompt ses vacances, pour le recevoir.



Un autre télégramme, qui annule le rendez-vous.



Trois fois la même manœuvre.



Ils finissent par se rencontrer.



Ils déambulent quatre heures dans les rues de Leyde.



Minutie dans son travail.



Interrogations permanentes et angoissées sur le sens de la vie.



Fascination à l’égard de la mort.

Horreur qu’elle lui inspire.



Il interdit qu’on lui serve de la viande.


Sa vie rendue impossible par ses idées obsédantes.



Des rituels défensifs.



Sa façon d’être, névrotique.



Autrichien juif

Ils portent la contradiction dans la fin du 19 ème siècle.

Freud

Kafka

Stefan Zweig

Par essence, des êtres déchirés, du fait de leur double appartenance.

Une religion qu’ils rejettent avec violence.

Mais dont ils conservent inconsciemment un certains nombre d’enseignements :

Rigueur éthique

Goût prononcé de la vérité

De la justice

Un milieu culturel ambiant dont consciemment ils se réclament, mais qui, malgré leurs succès, les rejette socialement comme juifs.

Les renvoyant psychologiquement au problème de leur altérité foncière.

Baptême, pour Mahler.

Afin de résoudre un certain nombre de handicaps sociaux.

Mais le problème de leur identité juive demeure.

Avec une position difficile qu’elle implique.

Le problème reste entier.



En Allemagne, Mahler écrit :

Je suis trois fois apatride,

Comme natif de Bohème en Autriche,

Comme autrichien en Allemagne,

Comme Juif dans le monde entier.

Partout intrus, jamais désiré.



D’où une œuvre déconcertante.

Nouvelle

En contradiction avec ce qui se fait.

Elle rejoint l’homme dans son essence la plus profonde.



Né à Kaliste, en Bohème, en 1860.

Second de 12 enfants.

Père aubergiste, qui a épousé sa femme par arrivisme.

Boiteuse, elle a dû se contenter de ce parti médiocre.

Lui, entêté, elle la douceur même.

Six de ses frères et sœurs meurent en bas âge.

Surdoué.

Obsession de la mort.

Recherche éperdue de l’innocence.

De la fraîcheur.

De l’enfance.

Réminiscences musicales de marches militaires et de chansons populaires.

Il suit les partisans de Wagner.

Brahms dans un jury, il n’obtient rien.

Ayant travaillé sur Beethoven, enfant de douleur.

Double carrière de compositeur et de chef d’orchestre.

Succès.

Mais l’enfer d’une vie harassante, dont il se plaint sans cesse.

Il doit lutter contre le nationalisme étroit de ses collaborateurs.

Comme Zichy, directeur de l’Opéra de Budapest, qui lui reproche ses penchants "trop germaniques".

Mon judaïsme constitue un obstacle de dernière heure sur lequel viennent buter les parties contractantes.

Il se fait baptiser à Hambourg, au début de 1897.

Des raisons sociales et professionnelles bien apparentes.

Dans ses mémoires, il indique qu’il a été attiré par l’aspect grandiose et impressionnant du cérémonial de l’Eglise catholique.

Cela a grandement contribué à sa décision.

Travail considérable à l’Opéra de Hambourg :

Ma prison, mon pénitencier.

Comme chef d’orchestre, il est redouté par les chanteurs et les instrumentistes.

Car sa minutie rend les répétitions fort longues.

Bruno Walter

A la fois chagrin et humour.

Geste autoritaire, qui réduit autrui à un état d’obéissance aveugle.



Coup de foudre avec Alma.

Il est ébloui par elle.

Vie conjugale orageuse.

Délaissée, elle trouve des consolations ailleurs.

Il réclame un dévouement absolu.

L’exigence affective d’Alma n’est jamais assouvie.



Strauss

Schoenberg


1907

Il doit démissionner du poste de directeur de l’Opéra de Vienne.

On lui reproche ses origines juives.

Son intransigeance.

Sa rectitude.



Alma

En dix ans, je ne l’ai jamais vu se détendre.



Des morts familiales.



Le docteur Blumenthal

Vous n’avez aucune raison d’être fier de ce cœur-là.



Alma

Commence alors la mort de Mahler.



Etats-Unis, après Vienne

Content de ne pas accompagner l’Opéra de Vienne dans sa chute.



Châtelet.



Succès.

Déjà dans les bras de la mort.



Il meurt en 1911.

Sa dernière parole est "petit Mozart".



Fragilité du moi obsessionnel.

D’où une intolérance à la moindre frustration.

Extrême dépendance envers sa famille.

Craignant avant tout la solitude.

L’abandon.

L’objet d’amour indispensable, mais décevant.



Contraint de désirer pour être.

Mais tout désir est voué à l’insatisfaction totale.

Existence de martyr.

De condamné.

L’Autre, indispensable et introuvable.



Solitude intérieure.

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