O15259
Vladimir Jankélévitch : "L’ironie"



O15259 Vladimir Jankelevitch : "L’ironie"

"L’ironie"

Vladimir Jankélévitch

Flammarion

1964



L’art, le comique et l’ironie deviennent possibles là où se relâche l’urgence vitale.



L’ironie joue avec le danger.



Socrate amuse les Athéniens.

Schelling le compare à Dionysos, le jeune dieu, grâce à qui va s’emplir de chants et de bruits le ciel désertique d’Ouranos.



Socrate est le seul homme qui puisse faire rougir Alcibiade.

Le seul qui li fasse comprendre qu’à vivre comme il fait, ce n’est pas la peine de vivre.



Jésus, par ses questions, fait honte aux hommes de la loi et les réduit au silence.

Il leur explique que toute richesse vient de la ruse ou de la violence.

Que toute possession est fille d’injustice.

L’avoir est inessentiel.

Il le volatilise.



Jésus ne triomphera pas, sinon par sa mort même, d’une perfidie qui st à base de mauvaise volonté.



Socrate dégonfle la complaisance satisfaite.

Il donne aux hommes la démangeaison de se connaître et de se définir.



Ils ont tué Socrate, mais il a eu le temps de les définir.

Il s’est vengé de ses accusateurs en leur léguant sa mort.



Socrate capture les dieux dans un filet subtil, pour que nous ne prenons plus les fables au sérieux.



Après l’ironie socratique, l’insolence cynique.

Diogène, un Socrate forcené.



Le cynisme est une philosophie de la surenchère.

L’ironie, après Socrate, se tend jusqu’au blasphème et jusqu’aux pires exagérations du radicalisme moral.



Jean-Paul

Sublime à l’envers.

L’humour.



Witz réflexif

Acide et persifleur du 18 ème siècle.

Une ironie un peu sauvage, exaltée et ambitieuse.



L’homme moderne a dépassé son destin tragique, escarpé et tragique

Comme un rocher de Prométhée.

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