O15257
Le Point : Meurtres de Kim Jong-Un



O15257 Le Point : Meurtres de Kim Jong-Un

Meurtres de Kim Jong-Un

Le Point

13-05-15



Depuis son arrivée au pouvoir, Kim Jong-un aurait fait exécuter de nombreux cadres de son parti, mais aussi des membres de sa famille. Les faits sont bien souvent difficiles à vérifier puisqu’il s’agit d’une dictature à la transparence très relative, d’autant que les informations émanent la plupart du temps des renseignements du rival sud-coréen. Reste que, pour certains observateurs, les nombreuses exécutions de proches et de dignitaires du régime montrent l’instabilité politique depuis l’arrivée au pouvoir du jeune dictateur.
L’aquaparc de la discorde
Mais où est la tante du leader nord-coréen ? Est-elle seulement en vie ? Les spéculations vont bon train sur le sort réservé à Kim Kyong-hui. Selon un témoignage sur CNN d’un "haut responsable qui a déserté son poste", Kim Jong-un aurait ordonné son empoisonnement en mai 2014. Les raisons ? Censés épauler le jeune dictateur depuis son arrivée au pouvoir, Kim Kyong-hui et son mari, Jang Song-thaek, lui auraient déconseillé la construction d'un parc aquatique et d'une station de ski. Selon la tante, il fallait avant tout redresser l’économie du pays. D’après la source de la chaîne américaine, c’est à cette date que le couple a disparu de la scène publique.
La sextape de l’ex-petite amie
En août 2013, un journal sud-coréen affirmait que l’ex-petite amie de Kim Jong-un, la chanteuse Hyon Song-wol, avait été fusillée, après avoir été arrêtée avec onze autres artistes, dont son mari. Ils auraient tous deux filmé leurs ébats sexuels avant de les vendre. Ce qu’interdit la législation sur la pornographie en Corée du Nord. Et comme si ce n’était pas assez, les familles des accusés ont été placées dans des camps selon le principe de culpabilité par association en vigueur dans le pays.

Kim Jong-un et Hyon Song-wol s’étaient rencontrés une dizaine d’années plus tôt. Pourtant, le père du leader - l'ancien dictateur du pays aujourd'hui décédé - désapprouvait cette relation et aurait demandé à Kim Jong-un d'y mettre un terme. D’autres sources estiment par ailleurs que l’actuelle épouse aurait réclamé l’assassinat de sa rivale. La Corée du Nord a ensuite démenti cette exécution, affirmant que ces annonces étaient l’œuvre de "psychopathes" et de "dingues de la confrontation" au sein du gouvernement de Séoul.
Canon antiaérien pour le ministre
Le ministre de la Défense, Hyon Yong-chol, aurait été exécuté pour insubordination il y a quelques semaines. Nommé à la tête des Forces armées du peuple il y a à peine un an, le cadre est accusé de s’être assoupi lors de défilés militaires. Selon le NIS (services secrets sud-coréens), le ministre était en disgrâce depuis qu’il avait manifesté sa mauvaise humeur devant certains ordres que lui donnait Kim. Le renseignement sud-coréen serait en possession de rapports selon lesquels le ministre se serait aussi rendu coupable d’un acte de trahison. L’accusé aurait été exécuté au canon antiaérien fin avril dans une académie militaire du nord de Pyongyang. Selon les médias sud-coréens, cette méthode a déjà été utilisée par le passé et est réservée aux personnalités de haut rang. Une méthode cruelle censée marquer les esprits.
L’exécution du mentor
C’est l'un des assassinats les plus marquants depuis la prise de pouvoir de Kim Jong-un. Considéré comme le numéro deux du régime de Pyongyang, l’oncle et mentor du dictateur a été qualifié de "traître", puis condamné à mort. Chang Song-taek a été exécuté pour crimes contre le parti juste après son arrestation lors du Politburo, la réunion des cadres nord-coréens. C'est devant un tribunal militaire spécial qu’il a été condamné pour avoir tenté de renverser le régime. Selon l'agence de presse officielle KCNA, c’est un "crime aussi hideux que celui d'avoir tenté de renverser l'État par toutes sortes d'intrigues et de méthodes méprisables, avec l'ambition frénétique de s'emparer du pouvoir suprême de notre parti et de notre État".
Mauvaise télévision
En octobre 2014, au moins 50 personnes – dont des membres du parti – auraient été tuées pour avoir regardé des productions télévisées étrangères. Seules les réalisations nord-coréennes sont autorisées. L’histoire – relatée par The Independent, d’après les rapports du renseignement sud-coréen – semble difficile à vérifier, mais des informations similaires évoquaient déjà 80 exécutions pour les mêmes raisons en 2013.

Retour à la page d'accueil : ici