O15246
Charles Dobzynski : " Le miroir d’un peuple, poésie yiddish"



O15246 Charles Dobzynski : " Le miroir d’un peuple, poesie yiddish"

" Le miroir d’un peuple, poésie yiddish"

Charles Dobzynski

Gallimard

1971



Ere Juif c’est atteindre en soi ce qui vous fait autre et semblable à tous les autres.



Marx

Nation chimérique.



I. L. PERETZ



Il jure sur ses papillotes
Sur ses franges
Ses phylactères

Il brûle tout, tout répudie



MORRIS VINTCHEVSKI



Aux cent familles millionnaires
Ma force, mon esprit, et mon âme et mon corps

Que reste-t-il finalement pour moi ?



Les riches ont leur golem, leur robot

Moi je le sers et j’obéis



Elections

Tant de mensonges cyniques !



Chasseurs, valets, voleurs et mercantis,
Dans cette foire du dollar.



Tel Esaü dans la Bible
Ils n’ont rien
Que lentilles rouges dans leur marmite.



AVROM REISEN



Les filles dans les rues
Ondulent et se plie
Chacune est violon
Leurs gestes – mélodie.



Un inconnu nous accueille
Et la santé ?

S’il avait pu sonder nos cœurs
Il y aurait vu – la blessure.



ELIEZER STEINBERG



Un souris
Hors de son nid

Voit une rose
Epanouie

Une souris rouge
Qui n’a point de queue !



MOSHE NADIR



Je dois rester assis à ma table
Et expliquer à l’univers
La beauté du travail.



ITSHAK KATZENELSON



On a exterminé les juifs avec les mains des juifs – les miens !



H. LEIVIK



Et mon corps il meurtrit
Ma vocation flétrit
Ensanglante mon cri.



MENAHEM BORAISHA



Le fruit de l’ignorance
Il perdit l’entendement de Dieu.



La Tora est ton tortionnaire
Qui tient à la main son fouet.



Lui donnant femme, un ventre ouvert
Ici de la création réside le secret



Source du sang menstruel où tu puises
Ton ascension et ta chute.



MELECH RAVITCH



Je ne veux point ton lait, je ne veux point ton miel,
Je ne veux point ton feu, ta foudre ni ta haine

Je ne veux pas les cinq remparts de la doctrine.



KADIA MOLODOWSKI



Dieu de miséricorde
Choisis un autre peuple

Nous sommes las de mourir

Nous n’avons plus de prières

Nous avons dispersé notre cendre sacrée

Nous avons payé
Avec des vieillards
Des jeunes gens
Des nouveau-nés
Chaque lettre de tes Dix Commandements

Délivre-nous de l’aura du génie.



Chaque planche à part
Fendue et taillée.



PERETZ MARKICH



Blouse blanche
Blonde tresse
Elle se déhanche
Avec un prêtre !



Dévêts-toi
Ote de ton corps tous ces oripeaux

Pour un centime, achète mon cerveau !



Les bourreaux ont poussé Levi vers le moulin
Et l’ont forcé à prendre une pelle

Kol Nidré

Il creuse sa tombe.



MOSHE KULBAK



Toute la durée du jour on a trimé comme des serfs


Montent les ruines d’un système.



ISIK MANGUER



Israël

J’ai traîné partout à l’étranger, maintenant je vais traîner chez moi.



O ma pauvreté, toi mon seul royaume.



Ma mère

Isik, mon âme,
Prends au moins ce petit châle

Tristement je regarde
Ses yeux si beaux
Son amour même m’empêche
De devenir oiseau.



Lot
Tu bois chaque nuit
Tu te saoules



Passe pour Manguer
Tailleur à la manque



Mais de toi ce n’est pas digne vraiment.



MOSHE TEIF



Tu es saint ô mn peuple, et tu es immortel.



ARIE CHAMRI



De sa tribu
Le dernier dit
Pour le préserver de l’oubli
Ainsi nous les poètes juifs.



Dans les liens de notre anté-forêt
Avec nos becs calcinés
Avec nos ailes sciées.



HIRSCH OCHEROVITCH



Le grand Tout hait le petit Presque.



MOTL GRUBIAN



Lénine nous a jadis alertés
En ce guide un dibbouk habite



Couronné Dieu, c’est notre liberté
Que le Géorgien décapite !



LEISER WOLF



Le temps a toujours le temps.



JEREMIE HESCHELES



Jonas, Jonas !
Qu’as-tu ressenti dans le ventre de la baleine ?



LEISER EICHENRAND



Sur le cœur de Jésus l’étoile de David.



HIRSCH GLIK



Ne dis jamais que tu vas de ton dernier pas

Nous sommes là !



MOSHE LEIB HALPERN



Ma mère m’a mis au monde tout nu
Et je ne puis souffrir la feuille de vigne.

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