O15203
Serge Doubrovsky : "Corneille et la dialectique du héros"



O15203 Serge Doubrovsky : "Corneille et la dialectique du heros"

"Corneille et la dialectique du héros"

Serge Doubrovsky

Gallimard

1963



Place Royale

Angélique

Dure condition de mon malheur extrême !
Si j’aime, on me trahit ; je trahis si l’on m’aime.



Corps et esprit ne font qu’un et concourent au ravissement sensuel.

Le monde cornélien est donc bien, dès l’origine, un monde du désir et de la chair, dont la valeur essentielle est la beauté.



Mélite

Je ne cherche en aimant que le seul bien d’aimer.



Etant riche, on est tout...



On l’éloigna de moi par ce maudit usage
Qui n’a d’égards qu’aux biens pour faire un mariage...



Monsieur, j’aime ma fille avec trop de tendresse
Pour la vouloir contraindre en ses affections...



Où les conditions n’ont point d’égalité,
L’amour ne se fait guère avec sincérité.


La Veuve

Le monde est un chaos, et son désordre excède
Tout ce qu’on y voudrait apporter de remède.



Ce que je t’ai promis ne peut être à personne.



L’amour est un tyran qui n’épargne personne...



Si l’amour vit d’espoir, il périt avec lui :
C’est un feu qui s’éteint faute de nourriture.



--- Si vous fûtes vaillant, je le suis aujourd’hui...

--- Vous êtes aujourd’hui ce qu’autrefois je fus.



Le Cid

Ton honneur t’est plus cher que je ne te suis chère...
Et te fait renoncer, malgré ta passion,
A l’espoir le plus doux de ma possession.


Le Cid

Mettre en mon lit Rodrigue et mon père au cercueil ?



Loi aristocratique du meilleur, c’est-à-dire du plus fort.



La mort de Pompée

Un véritable roi n’est ni mari ni père.
Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez.



Bérénice

Et vous n’aimez que vous, quand vous croyez l’aimer.

Retour à la page d'accueil : ici