O15023
Léonard Cohen : "Poèmes et chansons"



O15023 Leonard Cohen : "Poemes et chansons"

"Poèmes et chansons"

Léonard Cohen

Christian Bourgois

1976



THE SPICE BOX OF EARTH

LA BOITE D’EPICES DE LA TERRE



A la mémoire de ma grand-mère

Mme Lyon Cohen

Et à la mémoire de mon grand-père

Rabbin Solomon Klinitsky



Un cerf-volant est une victime



Après les prières du Sabbat

Maintenant le Baal Shem est mort

Et un papillon accomplit sa vie



Les fleurs que j’ai laissées dans la terre



Si c’était le printemps



Certains hommes

Certains homes
Mériteraient des montagnes
Pour porter leurs noms à travers les âges



Toi tout en blanc



Fin d’après-midi



Passé auprès des ruisseaux



Avant l’histoire

De sa terrasse il aperçut
Une femme qui se baignait

Loin de la terrasse,
Le roi, David,
Entonne son psaume éternel

La femme
Oh la fille, Bethsabée,
Dénude ses épaules ruisselantes



Seuls le maître et l’esclave étreignent



Je n’ai pas flané dans les monastères d’Europe



Lorsque j’ai découvert ton corps

Ont proclame en un défi unique de beauté personnelle
Ce qui ne peut être proclamé ni loué :
Il faut l’éprouver.



Les femmes adultères de Salomon



La belle au bois dormant



Chant funèbre

Alors que je gisais mort
Dns mon lit détrempé d’amour
Des anges vinrent embrasser ma tête

J’en attrapai un adulte
Et le maintins au tapis
Afin qu’il soit mon ange dans la ville morte.

Il ne s’envolera pas
Il a promis de mourir.
Quel habile cadavre je fais !



Sous mes mains

Sous mes mains
Tes petits seins
Sont des ventres retournés
Des moineaux respirant, tombés.

Lorsque tu m’appelles tout près
Pour me dire
Que ton corps n’est pas beau
Je veux que mon corps et mes mains
Deviennent des fontaines
Pour ton regard et ton rire.



Chanson

Lorsque je suis transi de désir
Je regagne alors mes livres
Et ils ce que les hommes ont écrit
De la chair interdite mais belle.



Chanson pour Abraham Klein

Le psalmiste fatigue posa
Sn instrument près de lui.
Evanouis étaient le Sabbat
Et l’épousée du Sabbat.

Abandonnée était la Loi,
Abandonné était le Roi.

Il prit son instrument
Il avait l’habitude de chanter.

Il chanta et rien ne changea
Bien que beaucoup entendirent le chant,
Mais bientôt son visage devint magnifique
Et bientôt ses membres s’affermirent.



Bons frères

Vincent et Théo
Je danserai avec n’importe qui
Pour vos tombes ensoleillées



Hors des pâturages du ciel

Pour Marc Chagall

Le chaud soleil du Sabbat descend

Les gens l’appellent Rabbin
Ils emplissent leurs bouches de bon pain
Et de ses chants heureux.



Prière absurde

Je dédaigne les souffrances de Dieu.



Lignes du journal de mon grand-père

Enoncer les principes de la Foi serait aboyer à la lune.

Je ne serai jamais soulagé de cette vieille tyrannie :
"Je crois avec une foi parfaite…"

Mieux vaut bégayer que chanter.

Deviens comme le jeune Moïse.

Arbres de Montréal, de New York, de Kovno.



Inscription pour la boite d’épices familiale

Faites de mon corps
Une boite d’ambre pour les vers
Et de mon âme
Le parfum des girofles.

Que le Sabbat spolié
Ne laisse aucune odeur.
Préservez ma bouche
Des paroles idiotes.



DES FLEURS POUR HITLER



Promesse

Tes cheveux blonds
Sont ma manière de vivre
Ecrasé par la lumière !

L’empreinte de tes lèvres
Est l’envie
De mon pouvoir.

T’aimer
C’est vivre
Le journal idéal

Que j’ai promis
A mon corps
Que je n’écrirai jamais !



Attendant Marianne

J’ai perdu un téléphone
Avec ton parfum à l’intérieur.



Tout ce qui est à connaître sur Adolf Eichmann

Yeux moyens
Cheveux moyens
Taille moyenne
Signes particuliers : Néant

Dix doigts
Dis orteils

Qu’espériez-vous ?

Des serres ?

Des incisives proéminentes ?

De la salive verte ?

La folie ?



Aux pèlerins indiens

Je suis le pays que vous aviez en tête.



Hitler

Maintenant qu’il s’endorme et disparaisse avec l’histoire,
Le vrai squelette puant l’essence,
Et les acolyte doubles pattes et patachons à ses côtés.

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