O14938
Mon ami Pierre Ansart vient de mourir ; j’en suis triste, et n’ai personne de ses proches à qui le dire



O14938 Mon ami Pierre Ansart vient de mourir ; j’en suis triste, et n’ai personne de ses proches a qui le dire



SES FONCTIONS



1950 à 1953 : Professeur de philosophie au lycée et à la faculté des lettres de Hanoi (Vietnam).
1953 à 1958 : Professeur de philosophie au lycée et à la faculté des lettres de Saigon (Vietnam).
1958 à 1967 : Attaché de recherches en sociologie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
1967 à 1970 : Maître assistant à la Sorbonne (sociologie).
1970 à 1990 : Professeur de sociologie à l’Université Paris VII-Denis-Diderot.
1980 à 1985 : Directeur du département de Sociologie.
1984 à 1988 : Directeur du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise.
1990 : Professeur émérite.



SES ŒUVRES



Sociologie de Proudhon, PUF, 1967
Socialisme et anarchisme : Saint-Simon, Proudhon, Marx, PUF, 1969
Saint-Simon, PUF, 1969
Sociologie de Saint-Simon, PUF, 1970
Naissance de l'anarchisme, PUF, 1970
La société, le sexe et la loi, Casterman, 1971
Les idéologies politiques, PUF, 1974
Idéologie, conflit et pouvoir, PUF, 1977
La gestion des passions politiques, l'Âge d'Homme, 1983
Analyse de l'idéologie, Galilée, 1983 (avec Pierre Birnbaum et Blandine Kriegel)
Proudhon, Le Livre de poche, 1984
Les sociologies contemporaines, Seuil, 1990
La gestion des passions politiques, l'Âge d'Homme, 1990
Rencontres autour de Pierre Fougeyrollas, l'Harmattan, 1993
Les cliniciens des passions politiques, Seuil, 1997
Dictionnaire de sociologie, Le Robert et Seuil, 1999 (dir. avec André Akoun)
Préface à Francis Farrugia, La reconstruction de la sociologie française (1945-1965), l'Harmattan, 2000
Le ressentiment, Bruylant, 2002 (éd.)
Préface à Norbert Elias, une sociologie des processus, l'Harmattan, 2002
Quand la vie s'allonge, France - Japon, l'Harmattan, 2004 (dir. avec Anne-Marie Guillemard, Monique Legrand, Michel Messu et Koken Sasaki)
Les sentiments et le politique, l'Harmattan, 2007 (avec Claudine Haroche)
Entre travail, retraite et vieillesse. Le grand écart , avec Guillemard A.-M., Legaré J., L’Harmattan, Paris, 2007



Il était sociologue, a publié beaucoup de livres dans ce domaine, notamment sur Saint-Simon.



Il était spécialiste de Proudhon.



Honnête, au jugement plein de maturité. Il a aimé Saint-Simon, et a écrit un livre sur lui.



A la Bn, au long des années, nous avons eu beaucoup d’intéressantes conversations.



De gauche, mais non marqué par des fanatismes ou des repentirs après des engagements communistes.



Sa femme, Michèle Ansart-Dourlen, écrivait des livres d’histoire, sur la Révolution française. Sur l’idéologie jacobine. Egalement, sur le fanatisme. Elle est morte il y a trois ans.



Je lui avais écrit quand il l’a perdue.



Il m’a remercié, dans une lettre qu’il a dictée.



De sa main, juste sa signature, tellement péniblement apposée au bas du document.



Je suis triste.



Mais je n’ai personne de ses proches à qui le dire.



Il était picard, et il en était content. Il plaisantait plaisamment à ce sujet.



Comme Saint-Simon.



Un jour, je l’ai énervé, rapprochant son nom de celui des "Ansar", les "victorieux" de l’islam, compagnons de Mohamad, originaires de Yatrib la juive, qui vit son nom transformé en Médine.



Non, il n’appartenait à aucune agressivité radicale.



Un jour, à propos de mes textes, il m’a demandé si j’avais écrit sur le "métro".



Je lui ai donné six textes... Il m’a remercié, me disant : "Vous êtes une imagination vivante". Un peu rigide, dans ses rites sociaux ; mais l’éducation de l’honnête homme, notamment marquée de religiosité conventionnelle, laisse forcément ses traces.



Toutes ces qualités attachantes, qui s’en vont.



Aucun orgueil.



Et quelle gentillesse !

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