O14836
Jacques Chardonne : "Ce que je voulais vous dire aujourd’hui"



O14836 Jacques Chardonne : "Ce que je voulais vous dire aujourd’hui"

"Ce que je voulais vous dire aujourd’hui"

Jacques Chardonne

Grasset

2001



1884-1968.



Ceci n'est pas une lettre. C'est ce que je voulais vous dire aujourd'hui.



Vous n'aimez pas mes romans.
D'ailleurs vous ne m'avez jamais lu.



Quel joli séjour…
Quel bel endroit…

Je ne reviendrai jamais.



L'homme est très peu bestial, c'est un romanesque.



Un homme, ce n'est pas assez pour une femme, ou bien, c'est trop.



Critique acerbe de la famille.



Je crois le communisme fatal.



Je me méfie des idées si malléables, où le plus habile l'emporte une seconde.



Je ne parle pas de la chair.
Parce que j'en fais grand cas et tout cela va de soi.

Il n'y a pas d'amour sans accord physique.
C'est le fondement mystérieux de l'amour.



Je déteste toutes les formes du romantisme.



Le mot SALUT me paraît ridicule.



Je suis comme Léautaud.

Je n'aime pas les guerres.

Il n'y a pas de justes guerres.



Un auteur, de son vivant, reste maître de son œuvre et peut se corriger.



Je ne sais plus ce que je fais sur terre.



La vie est tragique.
C'est vite dit.
Le savoir, c'est autre chose.



Une règle pour la vie : rester un vivant.



Rien n'est plus dangereux, pour un écrivain, que ses lettres.
C'est là qu'il se dévoile, avec innocence.



Il y a des catholiques qui s'occupent encore des juifs.
Les juifs, ce n'est rien.
Nombre infime ; tous différents.



Je ne crois plus, vraiment, qu'à l'indifférence.



Très grande correspondance.

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