O14768
Œuvres poétiques : "Constantin Cavafy"



O14768 Œuvres poetiques : "Constantin Cavafy"

"Constantin Cavafy"

Œuvres poétiques

Imprimerie nationale

1992



CHRONOLOGIE



1863

Naissance à Alexandrie.



1881

Il commence la rédaction d’un dictionnaire historique qu’il interrompt "au mot fatal d’Alexandre".



1933

Il est transporté à l’hôpital grec d’Alexandrie, proche de sa maison.

Il accepte, après quelques hésitations, de recevoir les sacrements de la main du patriarche orthodoxe d’Alexandrie.

Il meurt le 29 avril, le jour de son anniversaire.



PRESENTATION



Obscurité voulue par lui.



Le devin Mithridate

Je n’ai vu que des choses obscures.



Il reste dans la pénombre

Dans la faible lueur de l’unique bougie qui sera plus chaleureuse
Quand viendront les ombres de l’amour.



Le roi Démétrios

Son abandon par les Macédoniens.

Il se déguise pour fuir.



Aemilianu Monaé

Il nous expose son intention de se forger une armure qui le protégera du monde.



Notable byzantin qui versifie en exil

C’est la rigueur de ses vers qui lui attire le blâme des lettrés de Constantinople.



Orfèvre

Il refuse de montrer les échantillons de son travail audacieux et adroit.



Des citations qui sont en même temps le poème et son commentaire.



Il n’a jamais édité aucun recueil de ses poèmes.



Certaines archives

"Not for publication."



ŒUVRES POETIQUES



MURAILLES

Sans égard, sans pitié et sans honte,
Ils ont dressé autour de moi de hautes murailles.

Je m’y désespère à présent,
Obsédé par ce destin qui me dévore.

Imperceptiblement, ils m’ont coupé du monde.



VIEILLARD

Dans sa misérable vieillesse méprisée



LES CHEVAUX D’ACHILLE



Zeus

J’aurais dû agir plus posément.
Mieux eût valu ne vous point offrir, infortunés
Chevaux.

Vous voilà tourmentés par des maux éphémères.
Les hommes vous ont mêlés à leurs peines.

Les deux nobles chevaux continuaient de pleurer
Devant l’éternel tourment de la mort.



PRIERE

Pendant qu’elle prie,

L’icône écoute, grave et triste,
Sachant que le fils attendu ne reviendra pas.



CIERGES

La hâte de la liste noire à s’allonger,
La hâte des cierges éteints à se multiplier.



LA PREMIERE MARCHE

A Eumène, jeune poète

Même sur la première marche, tu dois
Eprouver joie et fierté.



LES FENETRES

La lumière est peut-être un autre supplice.



THERMOPYLES

Ils sont justes et droits dans tous leurs actes,
Ils restent humains et charitables,
Généreux quand ils sont riches,
Et même pauvres, généreux toujours à leurs mesures,
Donnant toujours du mieux qu’ils peuvent,
Disant toujours la vérité,
Sans haine pour ceux qui mentent.



DELOYAUTE

Apollon, aux noces de Thétis et de Pélée

Jamais la maladie ne le touchera,
Longue sera sa vie.

Apollon lui-même est venue dans Troie
Et avec les Troyens il avait tué Achille.



EN ATTENDANT LES BARBARES

Sur l’agora

On dit que les Barbares seront là aujourd’hui.

A quoi bon faire des lois à présent ?
Ce sont les Barbares qui bientôt les feront.

Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennent-ils pas à l’ordinaire
Prononcer leurs discours et dire leur mot ?

Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
Et que l’éloquence et les harangues les ennuient.

Les Barbares ne sont pas venus.

Mais alors, qu’allons-nous devenir sans les Barbares ?

Ces gens étaient en somme une solution.



LE ROI DEMETRIOS

Quand les Macédoniens l’abandonnèrent

Il ne se comporta pas
Dit-on comme un roi

Il s’en alla

Retirer ses robes bordées d’or

Il jeta ses chaussures de pourpre

Il enfila à la hâte des vêtements
Simples, puis il partit
Comme le fait un acteur
La représentation finie



MANUEL COMNENE

L’empereur sentit la mort approcher

Il se fit apporter des vêtements religieux
Modeste apparence de prêtre et de moine

Heureux ceux qui croient
Et tel l’empereur Manuel finissent
En hommes modestes, leur foi pour tout vêtement.



LE DELAI DE NERON

Néron ne s’inquiéta pas quand à Delphes
Il entendit prononcer l’oracle :

Qu’il craigne les 73 ans

Il n’avait encore que 30 ans

Mais Galba en avait 73



ANNE DALASSENE

Notoire pour ses œuvres et pour ses mœurs

Une phrase belle et noble :

"Le tien et le mien, ces mots froids entre nous n’ont jamais été dits."



SALOME

Sur un plateau d’or, Salomé apporte
La tête de Jean-Baptiste

Au jeune sophiste grec
Qui dédaigne son amour.

C’est ta tête, Salomé, dit le jeune homme,
Que je voudrais qu’on m’apportât.

Il plaisante.

Le lendemain, essoufflé, un esclave vient présenter

La tête de l’Amoureuse,
Toute blonde sur un plateau d’or.

Mais plongé dans l’étude, le sophiste
Avait oublié son souhait de la veille.

La vue du sang le répugne.
Qu’on éloigne de lui, ordonne-t-il,,
Cette chose sanglante, et il reprend
Sa lecture des dialogues de Platon.



IMPOSSIBLES

La musique la plus chère
Est celle qui ne peut être jouée.

Le meilleur des vies
Est celle qui ne peut être vécue.

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