O14766
Jean Granarolo : "Catulle vivant"



O14766 Jean Granarolo : "Catulle vivant"

"Catulle vivant"

Jean Granarolo

Les Belles Lettres

1982



Le soleil a, chaque jour, la possibilité de disparaître et de revenir :
Nous, au contraire, une fois disparue notre brève lumière, c'est une seule et même nuit éternelle qu'il nous faut dormir !



Est-il un seul être plus joyeux, plus heureux que moi ?



Au reste, qu'ils soient sa propriété ou la mienne, quelle importance pour moi ?



Car la petite bourse de ton cher Catulle est remplie de toiles d'araignée !



Les vers d'un poète n'ont de sel et d'agrément que s'ils sont lascifs et trop peu sages...



Dans notre besace nous ne voyons pas la poche qui pend sur notre dos !



Oh ! est-il bonheur plus grand que d'être délivré de ses soucis ?



Elle a fait voeu à la sainte Vénus et à Cupidon...



Où as-tu la tête, Catulle ? qu'attends-tu pour quitter cette vie ?



Dépèce le gland des magnanimes descendants de Rémus !



Trop insupportables, comme sont les sots.



Il faut cesser d'être malheureux contre la volonté des dieux.


J'aime et je hais.



Lesbie, oui, est une beauté, elle qui, intégralement parfaite, a dérobé à toutes les femmes tous leurs attraits à la fois.



A moi seul, ne suis-je pas plus heureux que tous les autres hommes ?

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