O14696
Pierre Manent : "Histoire intellectuelle du libéralisme"



O14696 Pierre Manent : "Histoire intellectuelle du liberalisme"

"Histoire intellectuelle du libéralisme"

Pierre Manent

DIX LECONS



Hachette

1997



L’Europe et le problème théologico-politique



Formes politiques



I

L’Empire.

Effondré en Occident, subsistant en Orient.

Grand pouvoir de l’idée d’empire, longtemps même après la chute de l’empire romain.

Chaque roi s’est voulu "empereur en son royaume".

Saint Empire romain germanique : Jusqu’à 1806.

Deux Napoléons.



Bismarck.

III ème Reich.



Idée de l’Etat mondial.

Contenu de l’idée d’empire ?

Rassemblement de tout le monde connu, sous un pouvoir unique.

Démesure conquérante : Alexandre, César, Charlemagne, Napoléon.

Mais aussi, unité des hommes.

Universalité de la nature humaine.

Une idée politique naturelle.



II

La Cité

Elle est présence en puissance dès qu’un nombre suffisant d’hommes sont rassemblés en un même lieu.

Comme l’empire, ce type d’organisation politique jouit d’un grand prestige.

C’est le reflet de la gloire de la république romaine.

Gloire des cités grecques, Athènes, Sparte.

Prestige considérable en Europe.

Certaines cités y accéderont à un haut degré de puissance politique, de prospérité économique ou d’éminence intellectuelle.

Venise, Florence.

En déclin après le triomphe des monarchies, il resurgira pour nourrir l’espoir d’un rétablissement de la vie civique, de la liberté, mais désormais dans un cadre national.

Ce qui change profondément la signification de l’idée originelle.

La cité ?

Idée d’un espace public où les hommes, des citoyens, délibèrent et décident de tout ce qui concerne leurs affaires communes.

C’est l’idée de la maîtrise par l’association humaine de ses conditions d’existence.

C’est une idée politique éminemment naturelle.



Originalité de l’histoire de l’Europe :

Ni la cité, ni l’empire, ni une combinaison des deux n’ont fourni la forme sous laquelle l’Europe a reconstitué son organisation politique.

La monarchie fut inventée.



III

Eglise.

Sa raison d’être n’est pas d’organiser la vie sociale et politique des hommes.

Elle pose un immense problème aux peuples européens.

Le développement politique de l’Europe n’est compréhensible que comme l’histoire des réponses aux problèmes posés par l’Eglise.

Il s’agit d’une association humaine d’un type tout à fait nouveau.

Chaque réponse institutionnelle pose à son tour des problèmes, qui appellent des réponses nouvelles.

Problème théologico-politique.

L’Eglise a posé aux peuples de l’Europe deux problèmes.

L’un conjoncturel.

L’autre structurel.



Conjoncturel

Désagrégation générale consécutive aux invasions barbares.

L’Eglise a dû prendre en charge des fonctions sociales et politiques que les autorités civiles, absentes ou impuissantes, ne remplissaient pas.

Ainsi se constitua un amalgame contre nature des fonctions civiles ou profanes et des fonctions spécifiquement religieuses.



Structurel

La définition que l’Eglise donne d’elle-même inclut une contradiction.

D’une part, le bien qu’elle apporte – le salut – n’est pas de ce monde.

Ce monde, en tant que tel, le monde de César, ne l’intéresse pas.

D’autre part, elle est chargés par Dieu même et son Fils de conduire les hommes au salut dont elle est, par la grâce de Dieu, l’unique véhicule.

Dès lors, elle a un droit de regard, ou plutôt un devoir de regard, sur tout ce qui pourrait mettre en péril ce salut.

Or, toutes les actions humaines étant confrontées à l’alternative du bien et du mal, l’Eglise a un devoir de regard sur toutes les actions humaines.

Notamment celles des gouvernants.

Qu’ils ne commettent pas des actions qui mettent en péril le salut.

Ne leur laissant pas la liberté de les commettre.

L’Eglise a été conduite à revendiquer le pouvoir suprême.

Elle est considérée comme la seule vraie RESPUBLICA.



Libres de s’organiser.



Mais une théocratie.



Machiavel



La fécondité du mal.



Hobbes



Nouvel art politique.



Locke



Le travail et la propriété.



Montesquieu



La séparation des pouvoirs.



Rousseau



Critique du libéralisme.



Benjamin Constant



Le libéralisme d’opposition.



François Guizot



Le libéralisme de gouvernement.



Tocqueville



Le libéralisme devant la démocratie.

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