O14684
Alain Buisine : "Casanova l’Européen"



O14684 Alain Buisine : "Casanova l’Europeen"

"Casanova l’Européen"

Alain Buisine

Tallandier

2001


Madame de Pompadour me demanda si j’étais vraiment de là-bas.

--- D’où donc ?

--- De Venise.

--- Venise, Madame, n’est pas là-bas ; elle est là-haut.



Il n’y a point d’homme au monde qui parvienne à savoir tout ; mais tout homme doit aspirer à tout savoir.



Tu me supposes riche ; je ne le suis pas.

Je n’ai ni parents, ni amis, ni aucun projet solide.

Mon grand trésor est que je suis mon maître, et que je ne crains pas les malheurs.

Voilà ton homme.



Me sentant né pour le sexe différent du mien, je l’ai toujours aimé, et je m’en suis fait aimer autant que j’ai pu.



J’ai commencé à vivre en vrai indépendant de tout ce qui pouvait mettre des bornes à mes inclinations.



L’homme qui se déclare amoureux par des paroles est un sot ; c’est par des actions que l’homme d’esprit fait connaître son amour.



Le plaisir que je donnais composait toujours les quatre cinquièmes du mien.



Pensant à la réalité et à l’imagination, j’ai donné la préférence à celle-ci puisque la première en dépend.



Qui est libre dans cet enfer qu’on appelle le monde ? Personne.



Si je m’étais marié avec une femme assez habile pour me diriger, me soumettre, sans que j’eusse pu m’apercevoir de ma soumission, j’aurais soigné ma fortune, j’aurais eu des enfants, et je ne serais pas, comme je le suis, seul au monde, et n’ayant rien.



La mort est un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif avant qu’une pièce qui l’intéresse infiniment soit finie.

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