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Amin Maalouf accorde une interview à une chaîne de télévision franco-israélienne. Pour l’Akhbar, du Caire, c’est un crime immonde



O14509 Amin Maalouf accorde une interview a une chaine de television franco-israelienne. Pour l’Akhbar, du Caire, c’est un crime immonde

Amin Maalouf accorde une interview à une chaîne de télévision franco-israélienne. Pour l’Akhbar, du Caire, c’est un crime immonde.



Pour avoir donné, le 2 juin, une interview par satellite à la chaîne privée francophone israélienne i24news, l’écrivain et académicien franco-libanais Amin Maalouf essuie une violente campagne de dénigrement dans la presse libanaise.



C’est le quotidien Al-Akhbar, connu pour ses positions radicales sur le boycott d’Israël, qui a ouvert le feu. Sous le titre “Amin Maalouf… Léon l’Israélien ?” (allusion au best-seller de l’auteur, Léon l’Africain), Al-Akhbar commente l’interview de Maalouf sur la chaîne israélienne : “Le culot n’a plus de limite car il devient possible à un grand écrivain libanais de donner impunément de faux témoignages. Est-ce un moment d’inattention ou bien une initiative calculée ? Les masques tombent et nos élites vont chuter comme des pommes pourries… Nous demandons à Amin Maalouf de présenter ses excuses, tout en sachant qu’il ne le fera pas, car cela contredit ses intérêts.”
Toujours dans le même quotidien, un “comité de boycott des partisans d’Israël au Liban” fait signer une pétition contre Maalouf, interpellant l’auteur par des termes assez crus : “Excuse-toi pour ce que tu as fait”, et le comité ajoute :

Le fait d’avoir accepté de donner une interview à cette station, même si Maalouf n’a pas évoqué de près ou de loin la politique criminelle d’Israël, innocente cet Etat et les médias israéliens. Maalouf doit présenter des excuses aux peuples libanais et palestiniens et au peuple arabe en général…
Cette interview arrive au moment où de nombreux intellectuels du monde, comme [l’Américaine] Alice Walker ou [le Britannique] Stephen Hawking et tant d’autres [qui boycottent l’Etat hébreu] n’ont pas avalé le mensonge qui consiste à séparer la culture et l’art, du crime, du racisme et de l’occupation [israélienne].”
Le quotidien As-Safir qui se partage avec Al-Akhbar le même lectorat, se veut encore plus percutant, en retirant à Maalouf sa qualité d’intellectuel, en titrant “La trahison d’un ‘intellectuel’”. Pour As-Safir, être en Israël ou se faire interviewer par satellite, c’est du pareil au même. L’auteur de l’article a fouillé dans les livres de Maalouf pour dénicher la traîtrise et a trouvé que dans son roman Les Echelles du Levant, Maalouf donne la parole à une Juive qui vient s’installer à Haïfa, qu’elle considère sa ville, et rêve d’établir une cité mixte judéo-arabe.
Enfin le site Al-Modon, connu en principe pour un ton moins véhément, titre “Amin Maalouf, l’orientaliste français”. Mettant en doute sa libanité, le site écrit :

Peut-être que l’écrivain garde encore une vielle carte d’identité libanaise dans un vieil album, mais il se promène avec un passeport français qui est devenu sa première identité… Parler de sa libanité est une sorte de folklore destiné à la saison touristique, qui ne provoque que le rire.”
A noter qu’aucun journaliste au Liban n’a encore [ce 9 juin] publiquement osé prendre la défense de l’écrivain Amin Maalouf, y compris dans la presse qu’Al-Akhbar considère comme vendue à Israël.



Personne ne veut d’un dialogue que tous préfèrent sinistre et sanglant.

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