O14481
Insomnie : "Marina Tsvetaeva"



O14481 Insomnie : "Marina Tsvetaeva"

"Marina Tsvetaeva"

Insomnie

Gallimard

2011



Chaque chose DOIT resplendir à son heure,

Et cette heure est celle ou des yeux véritables la regardent.



Heureuse ? Vous ne répondez pas !

Je m’en doute ! Et c’est tant mieux !

Vous avez, je crois, embrassé trop de gens.
De là cette tristesse.



Je reviens à la maison, non pour tromper
Ni pour servir – je n’ai pas besoin de pain.

Je suis ta passion, ta renouée du dimanche,
Ton septième ciel et ton septième jour.



J’ai dit. Un autre l’a entendu
Doucement l’a redit. Le troisième l’a compris.



Clouée au pilori du déshonneur
Selon l’ancienne conscience des Slaves,
Marquée au front, un serpent dans le cœur,
Je vous l’affirme : je suis innocente.



Hier encore ses yeux cherchaient les miens,
A cette heure son regard est ailleurs !

Moi je suis niaise, tu es l’esprit,
Je suis inerte, toi tu es la vie

O le cri des femmes de tous les temps :
"Mon bien-aimé, qu’est-ce que je t’ai fait ?"



Il y a au monde des hommes en trop,
Des superflus, pas dans la norme,

(Sortis des dictionnaires et répertoires,
Ils ont une fosse pour demeure).

Nous les poètes, nous rimons
Avec PARIA, mais sortis de nos berges
Nous disputons aux dieux leurs déesses
Et aux dieux des vierges-princesses !

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