O14392
Ouvrage collectif : "Tolérance, j’écris ton nom"



O14392 Ouvrage collectif : "Tolerance, j’ecris ton nom"

"Tolérance, j’écris ton nom"

Ouvrage collectif

Saura/Unesco

1995



Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable et la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté



YIRMIYAHU YOVEL

LA TOLERANCE COMME GRACE ET COMME DROIT



Une vertu hybride qui dépend en grande partie des capacités de jugement et d’application.



L’histoire du concept



Une distinction essentielle



Dans le passé, un caractère paternaliste.



Locke, Voltaire, Mendelssohn.



Non un droit, mais une grâce.



Les seules raisons de supporter un groupe, une personne, une activité ?
Le bon vouloir du législateur, ou son intérêt propre.



Tolérance protectrice.



Le privilège pouvait être révoqué immédiatement.



Marque du privilège médiéval.



Aujourd’hui, la tolérance-droit devrait prévaloir.



Les Juifs ont expérimenté la tolérance paternaliste

Au Moyen Age, tolérés, pourvu qu’ils observent des conditions de renoncement comme l’attestation de leur erreur d’avoir rejeté le Christ.



Reconnaissance des droits.



Antisémitisme laïque virulent.



La tolérance s’oppose au fondamentalisme.



VOLTAIRE



Les Grecs



On vénérait même les dieux de ses ennemis.



Alexandre consulté Amon dans les déserts de Libye.



Les Anciens reconnaissaient tous un Dieu suprême.

Mais ils lui associaient une quantité prodigieuses de divinités inférieures.



Les Grecs trouvaient bons que les Epicuriens niassent la Providence.

Et l’existence de l’âme.



Socrate mourut martyr de la divinité

Le seul que les Grecs aient fait mourir pour ses opinions.

Victime d’un parti furieux animé contre lui.

Il s’était fait des ennemis irréconciliables des sophistes, des orateurs, des poètes.



Les Romains



Cicéron douta de tout.

Lucrèce nia tout.



On ne leur en fit pas le plus léger reproche.



Pline

Il nie un Dieu.

Il dit qu’il en est un, c’est le soleil.



Cicéron, à propos des enfers

Il n’y a pas même de vieille imbécile pour les croire.



Juvénal

Les enfants n’en croient rien.



Sénèque

Rien n’est après la mort, la mort même n’est rien.



Principe du sénat du peuple romain

C’est aux dieux seuls de se soucier des offenses faites aux dieux.



Isis eut un temple dans Rome.



Les chrétiens parurent

Ils furent persécutés par ces Romains qui ne persécutaient personne.

Mais c’est faux.



Paul entre dans le temple

Avec des gentils

Il choque.

On le mène devant le gouverneur Félix.

Ensuite, on s’adressa au tribunal de Festus.

Les Juifs demandèrent sa mort.

Festus leur répondit :

Ce n’est point la coutume des Romains de condamner un homme avant que l’accusé ait ses accusateurs devant lui, et qu’on lui ait donné la liberté de se défendre.



Pourtant, il méprisait saint Paul.

Il le prit pour un fou.

Il dit de lui qu’il était en démence.



Ce ne sont pas les Romains qui se soulevèrent contre saint Paul, ce furent les Juifs.

Saint Jacques, frère de Jésus, fut lapidé par ordre d’un Juif sadducéen, et non d’un Romain.

Les Juifs seuls lapidèrent saint Etienne.



Néron les persécuta

Accusés de l’incendie de Rome.

On les abandonna à la fureur du peuple.



L’intolérance a-t-elle été enseignée par Jésus-Christ ?



Peu de passages dans les Evangiles, à l’esprit persécuteur.



Parabole

Le royaume des cieux est comparé à un roi qui invite des convives aux noces de son fils.

Il leur fait dire par ses serviteurs :

J’ai tué mes bœufs et mes volailles.

Tout est prêt, venez aux noces.

Les uns ne se soucient pas de l’invitation.

D’autres outragent les serviteurs du roi, les tuent.

Le roi fait marcher ses armées contre ces meurtriers, il détruit leur ville.



Jésus

Ne donnez à dîner ni à vos amis ni à vos parents riches.



L’esprit persécuteur abuse de tout.



Socrate avait traité les sophistes d’ignorants, et les avait convaincus de mauvaise foi.



Jésus use de ses droits divins.

Il traite les scribes et les pharisiens d’hypocrites, d’insensés, d’aveugles, de méchants, de race de vipères.



Est-ce la tolérance ou l’intolérance qui est de droit divin ?

Si vous voulez ressembler à Jésus-Christ, soyez martyrs et non pas bourreaux.



Les chrétiens doivent se tolérer les uns les autres.



Je vais plus loin : Je vous dis qu’il faut regarder tous les hommes comme nos frères.

Quoi !

Mon frère le Turc ?

Mon frère le Chinois ?

Le Juif ?

Le Siamois ?

Oui, sans doute.

Ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ?



Mais ces peuples nous méprisent.

Et ils nous traitent d’idolâtres !

Hé bien !

Je leur dirai qu’ils ont grand tort.

Ce petit globe, qui n’est qu’un point, roule dans l’espace ainsi que tant d’autres globes.

Nous sommes perdus dans cette immensité.

L’homme, haut d’environ cinq pieds, est assurément peu de chose dans la création.

Un de ces êtres imperceptibles.

Ne dites pas :

Il y a 900 millions de petites fourmis comme nous sur la terre, mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu.

Toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité.

--- Qui est le fou qui a dit cette sottise ?

--- C’est vous-même.



Je parlerai aussi ainsi aux chrétiens.

Avec toutes leurs écoles.



Puissent tous les peuples se souvenir qu’ils sont frères !



Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible !



Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également, en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

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