O14279
Robert Graves : "Phèdre et Hippolyte"



O14279 Robert Graves : "Phedre et Hippolyte"

"Phèdre et Hippolyte"

"Les Mythes grecs"

Robert Graves

Fayard

1958



Lorsqu’il eût épousé Phèdre, Thésée envoya son bâtard Hippolyte à Pitthée qui l’adopta, et en fit l’héritier du trône de Trézène.

Ainsi, Hippolyte n’eut pas de raison de contester à ses frères légitimes, fils de Phèdre, le droit de régner sur Athènes.

Hippolyte avait hérité de sa mère Antiopé une dévotion exclusive à Artémis, vierge.

Aphrodite considéra cela comme une insulte à sa personne.

Elle rendit Phèdre follement amoureuse d’ Hippolyte.

Thésée était en Thessalie, en compagnie de Pirithoos, ou au Tartare.

Phèdre le suivit à Trézène.

Là, elle érigea un temple à Aphrodite.

Elle contemplait Hippolyte au gymnase, tous les jours, entièrement nu.

Elle perçait nerveusement les feuilles d’un myrte, avec une épingle ornée de pierreries.

Phèdre ne révélait à personne son amour.

Elle dormait mal, et perdait ses forces.

Sa vieille nourrice comprit tout, et la pressa d’écrire une lettre à Hippolyte.

Elle s’était, lui dit-elle, convertie au culte d’Artémis.

Nous sommes vouées à être malheureuses en amour.

Ma grand-mère Europe.

Ma mère, Pasiphaé.

Ma propre sœur, Ariane, abandonnée par Thésée, votre père infidèle.

Depuis, il a assassiné votre royale mère.



Hippolyte, à la lecture de la lettre de Phèdre, éprouve un sentiment d’horreur. Il brûle la lettre, et l’accable de reproches.



Phèdre crie, se dit violée.



Elle accuse Hippolyte des crimes les plus horribles, et elle se pend.



Thésée rentre de voyage ; il maudit Hippolyte, et demande à son père, Poséidon, de le tuer.



Hippolyte meurt, en conduisant des chevaux.



Artémis se venge, en causant la mort d’Adonis.



Des amours débridées, des vengeances entre déesses…



Un univers violent, sans amour béni.



Mais le charme de l’histoire mythique grecque.

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