O14274
Shlomo Sand : "Le crépuscule de l’histoire"



O14274 Shlomo Sand : "Le crepuscule de l’histoire"

"Le crépuscule de l’histoire"

Shlomo Sand

Flammarion

2015



Nietzsche

L’histoire est toujours une théologie masquée.



Isaiah Berlin

1973

Conférence sur Georges Sorel.

Marxiste.

Puis dreyfusard.

Un des pères intellectuels du fascisme.

Antinationaliste durant la première guerre mondiale.

1917

Partisan de la révolution soviétique.

Violence théorique plus que naïve.



Antitotalitarisme

A la mode à Paris.



Furet

Il a instrumentalisé Sorel, comme soutien de Mussolini.

Il existe un mystère du mal dans la dynamique des idées politiques au 20 ème siècle.



DEFAIRE LE MYTHE DES ORIGINES



Ernest Lavisse

L’histoire de la Grèce et de Rome, c’est déjà notre histoire, puisque les origines de l’intelligence et de la politique moderne y sont déjà contenues.



Marc Bloch



Le piège européocentriste



Edward Said

L’Europe, fondée sur le mépris de l’Orient.



Du rationalisme grec au mal radical ?



Christian Meier

D’Athènes à Auschwitz

Antinazi.

Très allemand.

Admiration pour le monde antique.

Premier stade de l’histoire européenne.

Pourquoi l’itinéraire européen a-t-il abouti au nazisme ?

La solution est dans l’évolution du rationalisme.

Bien que descendant de la Grèce ancienne, il a été terriblement perverti lorsqu’il fut appliqué à tous les domaines de l’existence.



A partir des analyses de Max Weber.



Hitler, Lénine et Staline

Représentants d’une logique hermétique, dépourvue de spiritualité et de cœur.

Elle s’est employée à transformer à toute allure le sort de la société dans laquelle ils vivaient.



Europe orpheline de la Grèce ?



ECHAPPER A LA POLITIQUE ?



Marc Bloch

Lettre à Lucien Febvre

8 novembre 1939

J’ai mauvaise conscience.

Nous avons laissé faire, en 1919-1920 et après.

Nous avons vendu notre âme contre notre repos, notre travail intellectuel.



La nouvelle histoire



Georges Haupt

Nous pouvons ironiser sur la stupidité, la naïveté, ou la méchanceté des communistes.

Mais tant que nous n’aurons pas compris pourquoi, à Auschwitz, les communistes, au prix de sacrifices surhumains, tentaient de se procurer des cigarettes pour payer leurs cotisations, nous serons incapables d’appréhender la puissance du communisme durant la première moitié du 20 ème siècle.

Un numéro sur le bras, à Auschwitz.



SONDER LA VERITE DU PASSE



L’histoire, comme genre politico-littéraire



Eusèbe de Césarée

256-339

Père de l’histoire cléricale.

Archevêque et protégé de l’empereur Constantin 1 er.



La mythistoire des territoires nationaux



Fustel de Coulanges, à Mommsen

Publiquement

1870

Vous êtes, Monsieur, un historien éminent.

Mais quand nous parlons du présent, ne fixons pas nos yeux sur l’histoire.

La race, c’est de l’histoire, c’est du passé.

La langue, c’est encore de l’histoire, c’est le reste et le signe d’un passé lointain.

Ce qui est actuel et vivant, ce sont les volontés, les idées, les affections.

L’histoire vous dit peut-être que l’Alsace est un pays allemand ;

Mais le présent vous prouve que c’est un pays français.

Il serait puéril de soutenir qu’elle doit retourner à l’Allemagne parce qu’elle en faisait partie il y a quelques siècles.



S’ELOIGNER DU TEMPS NATIONAL



La naissance d’un relativisme historiographique



Nietzsche

Le premier critique du positivisme historiographique.

Autrement dit, de la science du temps.

Une critique incohérente.

Comme généralement chez Nietzsche, elle est désordonnée et truffée de contradictions.



Nietzsche

Utilisation de l’inconvénient des études historiques pour la vie

1874

Cri d’alarme contre l’excès et la boulimie des études historiques dans la culture allemande.

Certes la conscience et la mémoire du passé différencient l’homme du reste du monde vivant, mais elles risquent aussi de l’étouffer, d’opprimer son imagination et ses facultés de création.

Il ne s’agit pas de nier la nécessité de l’existence même d’une conscience historique.

Il convient toutefois de s’en tenir à une approche instrumentale, à savoir :

Jusqu’à quel point la conscience historique nous est-elle utile ?

Ne pas sombrer dans une amnésie bestiale.

La prétention de la discipline historique, de se présenter comme le porte-parole d’une vérité scientifique est ridicule.

Il la compare à la théologie médiévale qui, par la crainte qu’elle inspirait, entendait convaincre ses croyants de l’existence d’une vérité unique.

Nietzsche ne récuse pas la mythistoire, qui glorifie les grands hommes et les événements exceptionnels.

Mais il existe autant de vérités que d’historiens.



1874

Nietzsche attaque frontalement la philosophie hégélienne de l’histoire, dont se nourrissent, dit-il, les historiens allemands.

Cette philosophie déterministe, qui prévoit la fin du processus dialectique, sanctifie la toute-puissance de l’histoire.

Elle débouche sur une admiration pure et simple du succès.

Et elle conduit à l’idolâtrie des faits.

Dégoût pour la soumission obséquieuse au pouvoir prussien.

Goût, très allemand, pour les preuves.

Conception, sûre d’elle-même, d’un processus historique nécessaire, hégélien ou positiviste.

"Celui qui a appris à courber l’échine et à incliner la tête devant la puissance de l’histoire, il aura un geste approbateur et mécanique, devant toute espèce de puissance que ce soit, un gouvernement ou l’opinion publique, ou encore le grand nombre. Il agitera ses membres d’après la mesure qu’adoptera une puissance pour tirer ses ficelles."

Nietzsche est né prussien et fils de pasteur, comme un bon nombre des historiens qu’il méprise.

Mais à la différence de ceux-ci, il n’a pas remplacé la théologie par l’histoire nationale politicienne.

Il s’est résolu à quitter l’Allemagne pour s’installer à Bâle.

Il a même renoncé à la nationalité prussienne.

Penseur national, voire antinational.

Il déteste le nationalisme allemand, qu’il intègre dans son dégoût général pour la médiocrité, la bêtise, les foules, la politique, et par-dessus tout, pour l’hypocrisie.

Il voit dans le provincialisme bourgeois allemand une source d’abominations, semblable aux idéologies consolatrices qui, dans une symbiose conformiste, se sont substituées aux croyances en Dieu.



Par-delà le bien et le mal

Un peuple qui souffre et veut souffrir de la fièvre nerveuse du nationalisme et de l’ambition politique,

Aura l’esprit traversé de nuages et de perturbations de toutes sortes.

De cours accès de stupidité.

Par exemple, chez les Allemands d’aujourd’hui,

La gallophobie

L’antisémitisme

La polonophobie

Le christianisme romantique

Le wagnérisme

La teutomanie

Le prussianisme

Ils obscurcissent l’esprit et la conscience des Allemands.



Ainsi, Treitschke.



L’HISTOIRE COMME SCENE DU CRIME ET LA NEGATION DE LA SHOAH

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