O14205
Pierre Grimal : "Gaïa"



O14205 Pierre Grimal : "Gaia"

"Gaïa"

Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine

Pierre Grimal

Puf

1996



La Terre

Elément primordial.

D’où sortirent les races divines.



Grand rôle chez Hésiode.



Aucun chez Homère.



HESIODE



Gaïa naquit la seconde, aussitôt après Chaos, immédiatement avant Eros.



Sans l’aide d’aucun élément mâle, elle engendra le Ciel (Ouranos), qui la recouvre,

Ainsi que les Montagnes,

Ainsi que Pontos,

Personnification mâle de l’élément marin.



Après la naissance du Ciel,

Elle s’unit à celui-ci.

C’est alors que les enfants qu’elle en eut ne furent plus de simples puissances élémentaires,

Mais les dieux proprement dits.



D’abord les six Titans :

Océan

Coeos

Crios

Hypérion

Japet

Cronos



Et les six Titanides

Théia

Rhéia

Thémis

Mnémosyne

Phoebé

Téthys



Ensuite vinrent les Cyclopes

Argès

Stéropès

Brontès


Ce sont des divinités liées à

La foudre

Les éclairs

Le tonnerre



Enfin, des amours d’Ouranos naquirent

Les Hécatonchires (êtres aux cent bras gigantesques et violents).

Appelés

Cottos

Briarée

Gygès



Tous ces enfants étaient en horreur à Ouranos, qui ne leur permettait pas de voir la lumière.



Il les contraignait à rester ensevelis dans les profondeurs de leur mère.



Celle-ci résolut de délivrer ses enfants.

Elle leur demanda de la venger d’Ouranos.



Mais aucun n’y consentit, sauf Cronos, le plus jeune.

Il accepta, par haine de son père.



Gaïa lui confi alors une faucille d’acier très aiguisée.

Lorsqu’avec la nuit Ouranos s’approcha de Gaïa, l’enveloppant de toutes parts,

Cronos, d’un coup de sa faucille trancha les testicules de son père,

Et les projeta derrière lui.



Le sang des blessures tomba sur la Terre, et la féconda de nouveau.



C’est ainsi que naquirent les Erinyes,

Les Géants

Et les Nymphes des frênes.

Ou, en général, les divinité coexistantes aux arbres.



Après la mutilation d’Ouranos, Gaïa s’unit à l’autre des enfants qu’elle avait eus autrefois :

Pontos, le Flot.



Avec lui, elle engendra cinq divinités marines :

Nérée

Thaumas

Phorcys

Céto

Euribie.



Cronos régnait sur le monde.

Il ne tarda pas à se montrer un tyran aussi brutal que son père.



Lui aussi enferma ses frères, les fils de Gaïa, dans le Tartare.



Si bien que la Terre prépara une deuxième révolution.



Lorsque Rhéa, qui avait vu successivement tous ses enfants dévorée par Cronos,

Fut grosse de Zeus,

Elle alla consulter Gaïa et Ouranos,

Pour leur demander un moyen de sauver l’enfant qu’elle allait avoir.



Gaïa et Ouranos lui révélèrent le secret des Destins.

Et lui apprirent à tromper Cronos.



C’est ainsi que Zeus put grandir et échapper à la voracité de son père.



Gaïa l’avait en effet dissimulé à sa naissance, et caché dans une caverne profonde.


A la place de l’enfant, elle donna à Cronos une pierre enveloppée de langes que le dieu dévora.



Plus tard, lorsque Zeus entra en lutte ouverte avec Cronos, c’est Gaïa qui lui révéla que les Titans pouvaient seuls lui donner la victoire, s’il les avait pour alliés.



Alors, Zeus alla les délivrer, et ils lui donnèrent des armes :

La foudre

Le tonnerre

L’éclair

Avec lesquels il ne tarda pas à détrôner Cronos.



Gaïa, toutefois, ne se rallia pas entièrement à Zeus.

Mécontente de la défaite des Hécatonchires, ses enfants,

Elle s’unit à Tartare, le dieu personnifiant l’abîme des Enfers.

Elle engendra avec lui un monstre d’une force prodigieuse, Typhon,

Qui déclara la guerre aux dieux et les tint longtemps en échec.



Avec Tartare, elle eut un autre enfant, Echidna, également un monstre.



D’autres théogonies lui attribuent la maternité de Triptolème, qu’elle aurait eu d’Océan, son propre fils, l’un des Titans.



Egalement le géant Antée, qui fut l’adversaire d’Héraclès, passait pour son fils.


Et celui du dieu de la mer, Poséidon.


Tous les monstres, fils de la Terre.



Charybde

Les Harpyes

Python

Le dragon qui gardait la Toison d’or

Et même la renommée, le monstre que décrit Virgile sous le nom de Fama,

La voix publique.



Peu à peu, la Terre, puissance et réserve inépuisable de fécondité,

Passa pour la mère universelle,

La mère des dieux.



Au fur et à mesure que la pensée hellénique personnifiait ses dieux, la Terre s’incarna dans des divinités comme Déméter, ou Cybèle, dont les mythes, plus humains, parlaient davantage à l’imagination.



Les spéculations sur la Terre quittaient le domaine de la mythologie pour entrer dans celui de la philosophie.


Gaïa passait pour l’inspiratrice de nombreux oracles.

Elle possédait les secrets des Destins.

Ses oracles étaient plus anciens et même plus sûrs que ceux d’Apollon.

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