O14152
Clodoald, petit-fils de Clovis, renonce à la couronne, plutôt que d’être assassiné par les autres prétendants. Saint-Cloud



O14152 Clodoald, petit-fils de Clovis, renonce a la couronne, plutot que d’etre assassine par les autres pretendants. Saint-Cloud

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Prince mérovingien du 6 ème siècle.



Il préféra renoncer à la royauté et devint ermite et moine.



Sa vie exemplaire lui valut d'être reconnu par l'Église comme un saint, et d'être le premier prince franc qu'elle ait honoré d'un culte public.



Mort de son père.

En 523-524, à l'instigation de Clotilde, Clodomir et ses deux frères, Childebert et Clothaire - qui s'étaient partagés, avec leur demi frère Thierry, le royaume de leur père Clovis à la mort de celui-ci en 511 - se joignent dans une expédition contre les Burgondes du roi Sigismond. Après l'arrestation de celui-ci et de sa famille, Clodomir rentre à Orléans. Mais le frère de Sigismond, Godomar III revient triomphant en Burgondie à la tête des troupes envoyées par son allié et parent, le roi ostrogoth Théodoric le Grand. Là, il fait massacrer la garnison que les Francs avaient laissée. En représailles, Clodomir fait alors assassiner Sigismond et les fils de ce dernier : Gisald et Gondebaud, le 1er mai 524, puis, il se lance dans une seconde expédition contre les Burgondes. Il est tué lors de la bataille de Vézeronce le 25 juin de la même année.



Assassinat de ses frères.



Après la mort de Clodomir, ses trois fils Thibault, Gonthaire et Clodoald furent recueillis par sainte Clotilde, leur grand-mère, qui les éleva chrétiennement, en attendant qu'ils puissent se partager les États de leur père, gouvernés pendant ce temps par des lieutenants. Mais Childebert Ier, roi de Paris, et son frère Clotaire Ier, roi de Soissons, qui convoitaient le royaume d'Orléans, leur héritage, cherchèrent le moyen de parvenir à leurs fins. Clotaire épousa Gondioque, la veuve de Clodomir. Mais cela ne suffit pas pour que ce dernier obtienne le territoire de son défunt frère : la loi salique imposait le partage du royaume entre les fils de Clodomir.
Pour contourner le problème, Clotaire s'allia à son frère Childebert, qui partageait le même dessein que lui, pour organiser l'assassinat des jeunes héritiers (525). Une version veut que Childebert et Clotaire firent demander à leur mère Clotilde, de leur envoyer les enfants de Clodomir pour les proclamer successeurs de leur père. La sainte femme revêtit Clodoald, qui n’avait que deux ans, et ses deux frères de leurs plus beaux habits et les envoya avec confiance, ne se doutant pas de ce qui attendait ses petits-enfants. Les deux oncles firent alors massacrer les enfants de Clodomir. Certains prétendent même que les deux oncles barbares auraient égorgé de leurs propres mains les deux aînés, Thibault et Gonthaire, âgés de dix et sept ans, au grand désespoir de sainte Clotilde, qui voyait ses petits enfants tués par ses propres fils assassins. Seul le plus jeune, Clodoald, âgé de seulement deux ans, fut miraculeusement sauvé du massacre, par le dévouement de quelques fidèles. On le cacha dans un monastère, et il put ainsi échapper à toutes les recherches de ses oncles. Une autre version veut que Childebert et Clotaire ait envisagé de couper les cheveux des enfants, car les cheveux étant source de puissance dans la culture franque, leur absence aurait empêché les jeunes héritiers de revendiquer le partage du royaume de feu leur père. Mais les cheveux devant immanquablement repousser, ils demandèrent à Clotilde (car la culture familiale franque était empreinte de germanisme, et était donc matriarcale) ce qu'ils devaient faire. Celle-ci répondit qu'elle les préférait voir morts que tondus. Ne se le faisant pas dire deux fois, les oncles félons choisirent de tuer les jeunes neveux. Se chargeant de cette peu honorable besogne, ils tuèrent d'abord Gonthaire, avant que Thibault ne se jette à leurs pieds pour les implorer de le laisser en vie. Alors, Childebert hésita, et son frère lui rappela que c'était son idée. C'est donc ainsi que prit fin la courte vie des descendants de Clodomir, du moins deux des trois puisque Clodoald avait pu s'échapper.



Renonciation à la royauté.



Quelques années plus tard, il se coupa lui-même les cheveux au cours d'une cérémonie par laquelle il déclarait qu'il renonçait à la royauté, ayant préféré sacrifier sa chevelure, symbole de la royauté franque. Et même s'il eut plusieurs occasions de recouvrer les États de son père, il ne voulut point en profiter. Il préféra une vie humble et tranquille dans les rigueurs de la solitude, à une vie éclatante, mais périlleuse dans un palais royal, au milieu d'une foule de courtisans. Il se consacra entièrement au service de Dieu.



Initiation religieuse.



Après avoir distribué aux églises et aux pauvres les biens que ses oncles n'avaient pu lui ravir, il se retira auprès d'un saint religieux, nommé Séverin, qui menait une vie solitaire et contemplative dans un ermitage aux portes de Paris (à l'emplacement de l'actuelle Église Saint-Séverin dans le Ve arrondissement).
Le jeune prince devint son disciple et reçut de ses mains l'habit religieux. Il demeura quelque temps en sa compagnie, pour s'y former à toutes les vertus monastiques. Childebert et Clotaire n'ignoraient pas son identité, mais, comme ils le virent sans prétention, ils le laissèrent en liberté et lui donnèrent même quelques héritages pour vivre plus commodément dans le lieu de sa retraite.



Fondation d’un monastère.



Après y avoir vécu quelque temps solitaire, Clodoald, vit accourir de toutes parts des disciples, dès qu’on sut le lieu de la retraite du serviteur de Dieu, pour se mettre sous sa direction. Quelques cellules furent d’abord bâties, bientôt un monastère devint nécessaire. D'après la tradition, Clodoald aurait fait construire un monastère avec chapelle qu'il dota des biens que les rois, ses oncles, lui donnèrent. Il le fit dépendant, avec son église et tous ses revenus, de l'église cathédrale de Paris, dont il était le prêtre. Clodoald y vécut sept ans au milieu de ses frères, leur donnant l’exemple de toutes les vertus. Il y mourut saintement le 7 septembre 560.
Sa mort, qu'il aurait prédite avant qu'elle arrivât, fut, selon la légende, suivie de plusieurs miracles, qui se seraient produits près de son tombeau. Clodoald est alors canonisé et le hameau se transforme rapidement en un lieu de pèlerinage, qui voit accourir des foules immenses. Novigentum change alors de nom pour devenir "Sanctus Clodoaldus" (Saint-Cloud).

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