O14142
Raoul Mourgues : "Rembrandt kabaliste"



O14142 Raoul Mourgues : "Rembrandt kabaliste"

"Rembrandt kabaliste"

Raoul Mourgues

Oreste Zeluck

1948



Raoul Mourgues

1888-1973.



Parmi les femmes qu’il a aimées, la fille d’Ephraïm Bonus le Kabaliste fut la plus belle.

Et certainement la plus intelligente.



Après sa mort, elle eut connaissance du manuscrit qu’il avait laissé.

Elle obtint qu’il lui fut confié.

Ecrit d’une main tremblante.



Un vieillard bizarre que tout le monde avait oublié.



A sa mort, elle le remit à un groupe kabaliste, dont elle était l’âme.

Beaucoup de tels groupes en Hollande.



Le groupe m’a chargé de révéler ces pages.



Lèvres chaudes de Stella.



REMBRANDT KABALISTE



Je suis vieux, usé, vidé.

Mes yeux sont des soleils dont les flammes s’éteignent.



De la chair de femme.

Eblouissement de splendeurs.



Je suis vieux, vieux, vieux…

Mon œuvre est ignorée.

Dans vingt ans, personne ne saura plus mon nom.



Je suis seul.

On m’a condamné.

On a vendu mes biens.



Ils ont déchiré ma robe et tiré au sort mes vêtements.



Je peins pour moi tout seul ce dernier tableau du soir de ma vie.



Mon Titus.

Titia.

Magdalena.

Cornelia.



Leyde.



Le fils de Simon Menno.



J’ai horreur du sang.

J’aime tant la vie.



Jan et moi.

Nous buvions ces phrases incompréhensibles.

La Lampe Sainte.

Rabi Simeon fils de Yohaï.

Rabi Eleazar.

Rabi Aba.

Rabi Yossi.

Rabi Itshak.

Rabi Hizkia.

Rabi Hiya.

Rabi Yessa.



Noms des anges.



L’Eternel, le Vieillard des Vieillards.


Alors j’ai peint Ruth.



La mort m’a donné la gloire.

M’a donné la grâce blonde de Saskia la bien-aimée.



Portrait des chirurgiens.



J’ai eu des commandes.

Et j’ai eu Saskia !



Ainsi parlait Job :

Il découvre dans les ténèbres ce qui est caché dans les profondeurs.



Kabale :

Les ténèbres sont dans les traits noirs de l’écriture.

La lumière est dans le blanc autour des lettres.



Et j’ai connu Stella.



Mon père, Efraïm Bonus le kabaliste.



La tête des Hayot.



Le saint béni soit-il n’élit pas domicile là où le mâle est sans femelle.



J’ai élevé jusqu’à mon lit Hendrickje, mon humble servante.



Alors, la tempête s’est abattue sur moi.



Ils ont vendu tout ce que je possédais, tout ce que j’aimais et qui était ma raison de vivre.



Kabale :

La chair ne constitue pas l’homme.

L’homme est à l’intérieur.



Kabale :

Le père et la mère fournissent le corps de l’homme.

Le père fournit la partie blanche des yeux, les os, les veines, le cerveau.

La mère fournit la partie noir des yeux, les chairs, la peau.



Le sang qui coule dans mes veines, c’est de toi que je le tiens, père, mon père,

Meunier du Rhin,

Fils de Gerrit, fils de Roelof.

Et tes pauvres veines, mon père, quel sang roulaient-elles donc ?

--- Du sang juif !



Le cher secret de ma vie.

Du sang juif !



De la race royale des lions de Juda.



La moitié seulement de mon sang me vient d’Israël.

L’autre était du Christ.



La moitié de mon sang est juive.

C’est cette moitié-là qui m’a donné mon meilleur orgueil et ma vision la plus profonde.



Où est-il allé mon bien-aimé ?

Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, pour faire paître son troupeau.



La beauté de la femme naît de celle de l’homme.



Kabale :

Le coq noir.

On ne le voit qu’au moment de mourir.



JOSUE JEHOUDA

RAOUL MOURGUES



Poète français.



De conviction catholique.



Ami sincère d’Israël.



Revue juive

Articles enflammés sur le destin particulier du peuple juif.

Israël, éveille-toi !

1934 ?



Une joie intense, bien rare de nos jours.

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