O14089
Les dieux de Palmyre



O14089 Les dieux de Palmyre

Les dieux de Palmyre.

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Panthéon
Carrefour des routes caravanières, carrefour de peuples et ancienne cité qui connut de multiple influences tout en préservant toujours une certaine autonomie, Palmyre dispose d’un panthéon très varié, composé de dieux d’origine babylonienne, phénicienne, sémite, perse, palmyrénienne et grecque. On a pu ainsi recenser une soixantaine de dieux qui étaient vénérés par ses habitants dans des sanctuaires campagnards de la Palmyrène, comme Abgal (honoré), Ma’an, Ashar et Ashad (le lion), Azzu (fort) et Mu’nim (bienveillant), des divinités qui portaient des qualificatifs que l’on retrouvera parmi les nombreux épithètes d’Allah. Leur assimilation avec les dieux gréco-romains est hasardeuse, sauf dans le cas de la déesse Allath, car on a retrouvé dans son temple une statue en marbre d’Athéna d’après le modèle de Phidias.



Nabu (Nabo, Nabou)
Le dieu Nabou, originaire de Babylonie, était le fils de Bel-Marduk. Nabou était le dieu dont la mission était d’inscrire l’avenir de l’humanité, avenir décidé lors de l’assemblée des dieux au moment de la fête du Nouvel An. Il était également le patron des scribes, car lui-même écrit le destin des hommes. Il devint populaire en Assyrie au cours du premier siècle avant l’ère chrétienne. On le considérait comme un dieu sauveur, et on l’associait au dieu Ea, d’origine sumérienne, vénéré en tant que dieu de la sagesse. Dieu jeune, beau et musicien, il est parfois associé à 1’Apollon grec. Le serpent et le scorpion font partie de ses attributs.
Baal Shamîn
« Le Seigneur des Cieux très hauts ». Dieu de l’orage et des pluies fertilisantes, identique à Hadad dont le culte est commun à toute la Syrie. C’est le dieu suprême comme Bêl, mais il est plus proche des humains. Introduit à Palmyre à partir des ports phéniciens par les caravanes, il est déjà présent à Emèse dès le IXe siècle avant J.-C. Il devient populaire à Palmyre avec l’influence romaine. Au IIe siècle, on le désigne le plus souvent par les épithètes « Grand et Miséricordieux » sans préciser le nom du dieu.
Allath
La déesse, appartient au panthéon arabe de la Mecque pré-islamique et au panthéon nabatéen. Divinité de la fertilité, comme l’Atargatis syrienne, c’est aussi la déesse étoile (Vénus) qui guide les caravanes la nuit. Elle prend un aspect guerrier à Palmyre en étant associée, à la fin IIIe siècle, à l’Athéna grecque.
Arsu
Dieu arabe des chameliers, protecteur des caravanes, connu sous le nom de Ruda dans la langue araméenne.
Shadrafa
Celui qui guérit. Présent un peu partout au Proche-Orient dés le VIe siècle avant J.-C., il a, à Palmyre, un temple qui n’a pas encore été retrouvé.
Iarhibol
Le seigneur Soleil que l’on voit souvent en compagnie de Bêl ou Baal Shamin. I1 est représenté avec l’astre Soleil comme nimbe ou sous l’aspect d’un aigle.
Aglibol
Le seigneur Lune accompagne généralement Bêl et Iarhibol. Lui aussi possède un nimbe signifiant la Lune et un aigle comme attribut.
Malakbel
Il est le véritable dieu de Palmyre, son protecteur. Souvent cité, il est également présent au côté de Baal Shamin et Aglibôl. A Palmyre, il participe à la création du monde en aidant Bêl dans son combat contre Tiamat, l’eau primordiale et terrible.
Processions, sacrifices et banquets rituels
Palmyre était divisée en quatre tribus, dont chacune était propriétaire d’un des quatre principaux sanctuaires de la ville : temple de Baal-Shamîn, temple d’Aglibol, temple d’Arsou et temple d’Artémis. Le grand sanctuaire de Bêl constituait quant à lui une sorte de panthéon national, symbole d’unité de la cité d’où la signification toute symbolique de son financement par l’empereur Tibère.
La ville s’animait à certaines occasions de processions et cortèges, ce qu’illustre la fameuse scène d’une poutre du péristyle du temple de Bêl : un chameau portant une tente d’où paraît dépasser un bétyle est conduit par un personnage qui suit un poulain ; deux femmes voilées les accompagnent, le groupe ainsi constitué défilent devant quatre personnages faisant le geste de bénédiction.
L’essentiel des cultes était constitué, pour les rites ordinaires, de sacrifices d’encens que l’on brûlait dans des pyrées situés sur la toiture du temple, comme dans le temple de Bêl. Pour les rites exceptionnels, on pratiquait des sacrifices d’animaux (moutons, chèvres, chamelons) brûlés en holocauste dont seules étaient prélevées les entrailles. Ces pratiques, typiquement sémitiques, peuvent être rapprochées des rituels pratiqués à Pétra sur les hauts-lieux.
De même, comme à Pétra, on pratiquait des banquets sacrés avec des participants en nombre limité. L’admission y était subordonnée à la détention de jetons, appelés tessères, en terre cuite de forme rectangulaire ou bien s’apparentant à des pièces de monnaie. Dans ces banquets, les fidèles partageaient le vin, le pain et la viande comme dans les thiases du culte dionysiaque. On a identifié l’emplacement de tricliniums découverts dans le temple de Baal-Shamîn et celui de Bêl. Les défunts étaient honorés régulièrement par leurs proches lors de banquets funéraires qui se déroulaient dans la tombe même. Sur ce point aussi, l’on retrouve des pratiques cultuelles similaires à celles de Pétra.

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