O13980
Fatima Mernissi : "Islam et démocratie"



O13980 Fatima Mernissi : "Islam et democratie"

"Islam et démocratie"

Fatima Mernissi

Albin Michel

2010



La peur de l’étrange Occident



La peur de l’imam



La peur de la démocratie



La charte des Nations Unies : Une courtisane pour diplomates



Le Qoran : 15 siècles d’espoir



La peur de la liberté de penser

360 dieux à la Mecque



La peur de l’individualisme



La peur du passé :

Derrière le voile, les déesses



La peur du présent



Le chant des femmes :

Destination liberté



Conclusion

Simorgh, c’est nous !



ATTAR



1175

Nashipur

Iran

Un homme a rêvé d’un monde sans peur.

Sans frontières.

Voyager très loin

Se trouver en compagnie d’étrangers qui vous connaissent comme vous vous connaissez.

Qui ne sont ni agressifs ni hostiles.

C’est le Simorgh.

Mantiq al taïr

Concert des oiseaux



Mais les soldats mongols de Gengis Khan l’ont massacré.

1230.



Le poète mourut.

Mais le rêve resta.

Il traversa les siècles.

Hanta les rêves.

Des milliers d’oiseaux avaient entendu parler du Simorgh.

Ils décidèrent de partir ensemble.

Vers lui.

Dans une forteresse.

Seuls 30 sont arrivés au but du voyage.



En persan,

Si signifie 30.

Et morgh : Oiseau.



Ils ont compris que le Simorgh, c’était eux.

Devenus le Simorgh.



Eux et le Simorgh ne formaient qu’un seul être.



Ils furent plongés dans l’ébahissement.



Les 30 oiseaux éblouis et déroutés demandèrent au Simorgh de leur expliquer cette étrange réalité

Il leur parla de ce miroir qui peut réfléchir toute la planète, avec toutes ses différences et ses individualités.



Ils demandèrent au Simorgh de leur dévoiler le grand secret.

De leur donner la solution du mystère

De la pluralité

Et de l’unité des êtres.



Le Simorgh leur expliqua ce que nos dirigeants n’arrivent pas encore à comprendre.

La communauté et toute la planète peuvent être un miroir d’individualités.

Sa force n’en serait que plus grande.



Le Soleil de ma majesté est un miroir.

Celui qui vient s’y voit.

Il voit son âme et son corps.

Il s’y voit tout entier.

Vous êtes venus 30 oiseaux.

Vous trouvez 30 oiseaux dans ce miroir.



Si d’autres venaient, ce serait pareil.



Quoique vous soyez extrêmement changés, vous vous voyez vous-mêmes comme vous étiez auparavant.



Depuis, le Simorgh interdit de séjour dans l’Orient des palais,

Hante les contes des femmes,

Et les rêves des enfants.



Aujourd’hui, le cri pour la pluralité n’est plus obligé de se voiler sous des allégories métaphysiques.



Nous pouvons le réaliser avec cet acquis scientifique, dont l’essence est de nous permettre de communiquer.

De tisser des dialogues infinis.

De créer cette planète-miroir,

Où toutes les cultures si étranges peuvent enfin briller dans leurs singularités.



Il faut avancer sans la moindre frontière.



Comment apprendre à marcher dans l’abîme et à avoir la silhouette du vent ?

Comment apprendre à être désarmé comme la forêt ?

Comment avoir l’incertitude pour patrie ?

Les poètes seront, dans ces nouvelles galaxies, nos guides les plus sûrs.

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