H8578
Peu recommandable Zeus, l’imperfection même



H8578 Peu recommandable Zeus, l’imperfection meme

Peu recommandable Zeus, l’imperfection même.



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Zeus, en reléguant les Titans dans les bas-fonds du Panthéon, des créatures frustes et malfaisantes, débute la grande mythologie olympienne et préfigure la maturité de la culture grecque, car Zeus et ses congénères vont vivre désormais intensément à travers des récits imaginatifs, une littérature de haute volée et un goût artistique prodigieux. Les Titans vaincus tomberont dans l’oubli et resteront à jamais sans culte pour les honorer. Il n’est guère de contrées préhelléniques qui ne fassent référence de près ou de loin à un maître-dieu, d’une stature similaire à celle de Zeus.



Dieu du Ciel



Zeus Upatos, Upsistos (très-haut, suprême). Il a reçu, au cours du partage du monde, la sphère céleste, la partie la plus considérable, la plus imposante et la plus mystérieuse aux yeux du genre humain. Le Ciel est un poste privilégié : Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. Hésiode écrivait : « L’œil de Zeus voit tout, connaît tout »24. Ce domaine inaccessible aux hommes va paradoxalement le rapprocher d’eux. Maître d’en haut, ce dieu commande à toute la machinerie atmosphérique. Il est le maître du temps météorologique : orages, tonnerres, pluies, neige, grêles, foudre25, bourrasques, trombes, nébulosités… mais aussi les canicules et les sécheresses. Le dieu peut se montrer dans « son mauvais jour » : Zeus Terpichéraunos « qui aime manier la foudre » ; Zeus Néphélégèrétès « qui accumule les nuages » ; Zeus Maïmaktès « qui souffle la tempête », etc. Le bien-être de l’humanité dépend de ses volontés, de ses caprices ou de ses colères.
Les montagnes dont le sommet tutoie les nuages et les éclairs vont être le truchement sacré et privilégié entre Zeus et les hommes : l’Olympe principalement (la plus haute : environ 2 900 m), mais aussi le Parnès (en Attique, Zeus Ombrios, le dieu des pluies) ; le Pélion (en Thessalie, Zeus Akraïos, le dieu du sommet) ; le Lykaion (en Arcadie l'actuelle Diaphorti : Zeus Lykaïos), etc. C’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes et c’est tout naturellement qu’Iris dont l’arc coloré joignait la terre aux cieux fut sa messagère. La vallée de Tempée, creusée par les eaux du Pénée entre l’Olympe et l’Ossa26,27 est attribuée au bras puissant de Zeus qui sépara la montagne. Cet événement était fêté pendant les Pélôria (Zeus Pélôrios, tout-puissant) devenue une grande fête de la moisson. La richesse et la fertilité de la terre sont en son pouvoir.
Zeus, maître de la destinée, est parfois représenté ou décrit avec une balance où s'estime le sort octroyé à chacun. En dépit de ceux qu'il aimerait favoriser, même si les péripéties peuvent en être modifiées, il ne change pas le destin, mais le réalise, fatalisme entre autres illustré par le châtiment infligé à Asclépios, qui osa ressusciter un mort.
L'influence du dieu s'étend sur les richesses et les cultures : il est dit Zeus Plousios « qui apporte la richesse ». Pour les moissons : à Athènes, c’est Zeus qu'on célébrait pendant les Bouphonies (sacrifices de bœufs) et les Pandia (fête des plantations) pour s’attirer la faveur de Zeus Épikarpios « qui donne des fruits » et, en automne, on fêtait régulièrement le Zeus Géôrgos « cultivateur ».
Bien que l'étymologie indique que Zeus était à l'origine un dieu du ciel diurne, de nombreuses villes grecques ont honoré un Zeus local qui vivait sous terre. Les Athéniens et les Siciliens ont honoré Zeus Chthonios ou Katachthonios, c’est-à-dire le dieu souterrain, car du ventre de la terre sortent les cultures. On constate une fois de plus l’extrême prépondérance de Zeus : Hadès, son frère, qui en est le dieu légitime est souvent supplanté dans ce rôle28. Ce frère mal-aimé, essentiellement rattaché aux forces obscures des bas-fonds de la terre, autrement dit le monde des morts, sera craint et ne sera jamais populaire.



Un dieu justicier et protecteur



Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode s’adresse à Zeus afin qu’il replace les lois dans l’équité. Le premier acte du dieu est de neutraliser ses encombrants ancêtres préolympiens, de libérer les innocents suppliciés et de rétablir sa fratrie légitime. Sûr de sa force et de son bon droit, il sera désormais « le père des dieux et des hommes ». Homère avait, à juste titre, fait de Zeus, dans l’Iliade, l’aîné de la famille. Car c’est bien en véritable grand frère qu’il va exercer son autorité. Plus tard, sa nombreuse progéniture, divine ou mortelle, renforcera ce caractère de patriarche de la famille. De par son aspect de dieu-père d’inspiration indo-européenne mais immergé dans une société méditerranéenne où prédominent les déesses-mères[réf. nécessaire], Zeus est, selon Louis Séchan, « pour l’essentiel, la grande divinité des immigrants hellènes ». Homère, en mêlant les dieux aux affaires des hommes, va contribuer puissamment à « humaniser » les divinités et ainsi renforcer les liens entre eux. Hérodote faisait déjà la différence entre la divinité « à forme humaine » des Asiatiques (a????p?e?de?? / anthrôpoeideís) et la divinité « à nature humaine » des Grecs (a????p??f?e?? / anthrôpouphueís)30[source insuffisante].
Il est le grand protecteur des liens du mariage (Zeus Téléïos, « dieu qui accomplit ») ; du foyer domestique (Zeus Ktêsios, « dieu domestique ») ; de la propriété familiale (Zeus Herkéios, « dieu de la clôture »)31 ; de la famille ou droit du sang (Zeus Sunaïmos, « dieu de la race ») ; de la sécurité de la cité (Zeus Polioûkos, « dieu qui protège la ville »)32. Il est le dieu bienveillant des rois — ils sont souvent issus de héros — et le dieu de toutes les royautés car elles émanent du pouvoir divin : sur terre, les souverains sont l’équivalent des dieux et Homère ne craint pas de les qualifier de « dioguénès » et de « diotréphès » (né de Zeus et nourri par Zeus). Il est encore le garant des libertés civiques (Zeus Éleuthérios, « dieu libérateur »)33 ; des pactes et des serments (Zeus Orkios, « dieu des serments »), etc.



Un dieu bienfaiteur et sauveur



Zeus Sôtêr « dieu sauveur » : il n’y a pas d'autres dieux qui soient autant invoqués par les Grecs pour le secours et la sauvegarde. À l'esprit des grands capitaines, pas de décisions importantes sans le consulter. On lui sacrifie après un voyage et on l'invoque avant d'entreprendre : Zeus Alexikakos, « qui écarte les maux ». De nombreux ports ont un temple dédié à Zeus Sôtêr (dieu salvateur). Les Athéniens célèbrent, le dernier jour de l’année, la fête des Disotéria. On l'invoque pour se faire pardonner en offrant des sacrifices à Zeus Meïlikios « doux comme le miel » et, par extension, de bonne disposition, prêt à pardonner ou à accueillir les sacrifices. Il est honoré sous cette épithète à Athènes et à Sycione qui organisait les Jeux pythiens.
Zeus est surtout un dieu purificateur et cela donne lieu à des fêtes importantes à Athènes : les Diasia (fêtes de Zeus, « dios »). En automne, une période de sacrifices d'ovins à Zeus Phratrios durait de 3 à 4 jours, à Athènes et dans les grandes cités : c’étaient les Apaturies (Apatouria) ou fêtes des phratries. Les sacrifices sont en effet un moyen d’atteindre le dieu et d’obtenir la purification et la réconciliation. Tout criminel ne doit pas être puni avant d'être purifié car il s'est souillé aux yeux de Zeus et porte atteinte aux lois divines et non plus aux lois des hommes qui ne réclament que vengeance34.
Zeus est par nécessité un dieu qui délivre des présages et il se montre attentif aux suppliques (Zeus Hikésios, « dieu des suppliants ») et, selon Hésiode, le recours suprême des opprimés35. Zeus communique ses intentions par des moyens variés : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie, bruits (les klèdonès), extase, tirage au sort (les Klèroï ; latin : sortes), et nombre de manifestations atmosphériques. Trois principaux sanctuaires lui furent consacrés pour entendre ses oracles.



Un dieu bon, qui ne l’est pas.



Une tromperie qui vicie la vie.

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