H5467
Des pages hébraïques dans la "Conférence des oiseaux" de Attar. L’amitié. Le Simogh de Fatima Mernissi embellit la vie



H5467 Des pages hebraiques dans la "Conference des oiseaux" de Attar. L’amitie. Le Simogh de Fatima Mernissi embellit la vie

Fatima Mernissi est morte, le 30 novembre 2015.



Elle n’a pas vu la réalisation de son rêve de tendresse entre les hommes.



Mais elle l’a décrit, à propos de l’oiseau fabuleux, le Simorgh.



"Islam et démocratie"

Fatima Mernissi

Albin Michel

2010



La peur de l’étrange Occident



La peur de l’imam



La peur de la démocratie



La charte des Nations Unies : Une courtisane pour diplomates



Le Qoran : 15 siècles d’espoir



La peur de la liberté de penser



360 dieux à la Mecque



La peur de l’individualisme



La peur du passé :

Derrière le voile, les déesses



La peur du présent



Le chant des femmes :

Destination liberté



Conclusion



Simorgh, c’est nous !



FAKRUDDIN EL ATTAR



1175



Nashipur

Iran



Un homme a rêvé d’un monde sans peur.

Sans frontières.

Voyager très loin

Se trouver en compagnie d’étrangers qui vous connaissent comme vous vous connaissez.

Qui ne sont ni agressifs ni hostiles.

C’est le Simorgh.

Mantiq al taïr

Concert des oiseaux



Mais les soldats mongols de Gengis Khan l’ont massacré.

1230.



Le poète mourut.

Mais le rêve resta.

Il traversa les siècles.

Hanta les rêves.

Des milliers d’oiseaux avaient entendu parler du Simorgh.

Ils décidèrent de partir ensemble.

Vers lui.

Dans une forteresse.

Seuls 30 sont arrivés au but du voyage.



En persan,

Si signifie 30.

Et morgh : Oiseau.



Ils ont compris que le Simorgh, c’était eux.



Devenus le Simorgh.



Eux et le Simorgh ne formaient qu’un seul être.



Ils furent plongés dans l’ébahissement.



Les 30 oiseaux éblouis et déroutés demandèrent au Simorgh de leur expliquer cette étrange réalité

Il leur parla de ce miroir qui peut réfléchir toute la planète, avec toutes ses différences et ses individualités.



Ils demandèrent au Simorgh de leur dévoiler le grand secret.

De leur donner la solution du mystère

De la pluralité

Et de l’unité des êtres.



Le Simorgh leur expliqua ce que nos dirigeants n’arrivent pas encore à comprendre.

La communauté et toute la planète peuvent être un miroir d’individualités.

Sa force n’en serait que plus grande.



Le Soleil de ma majesté est un miroir.

Celui qui vient s’y voit.

Il voit son âme et son corps.

Il s’y voit tout entier.

Vous êtes venus 30 oiseaux.

Vous trouvez 30 oiseaux dans ce miroir.



Si d’autres venaient, ce serait pareil.



Quoique vous soyez extrêmement changés, vous vous voyez vous-mêmes comme vous étiez auparavant.



Depuis, le Simorgh interdit de séjour dans l’Orient des palais,

Hante les contes des femmes,

Et les rêves des enfants.



Aujourd’hui, le cri pour la pluralité n’est plus obligé de se voiler sous des allégories métaphysiques.



Nous pouvons le réaliser avec cet acquis scientifique, dont l’essence est de nous permettre de communiquer.

De tisser des dialogues infinis.

De créer cette planète-miroir,

Où toutes les cultures si étranges peuvent enfin briller dans leurs singularités.



Il faut avancer sans la moindre frontière.



Comment apprendre à marcher dans l’abîme et à avoir la silhouette du vent ?

Comment apprendre à être désarmé comme la forêt ?

Comment avoir l’incertitude pour patrie ?

Les poètes seront, dans ces nouvelles galaxies, nos guides les plus sûrs.



Sans doute le dernier livre de Fatima Mernissi.



Avec le paradoxe incantatoire, qui voulut parer l’islam de la démocratie, un oripeau qui ne lui convient guère.



Les livres de Fatima Mernissi énumèrent 60 vocables, pour exprimer l’amour, dans la civilisation musulmane.



Mais d’elle, nous percevons plutôt la haine…



Avec un seul mot, celui de la détestation meurtrière.



Le Maroc de Fatima Mernissi n’est pas particulièrement aimant.



Un haut fonctionnaire militaire, de l’armée, a décrit la corruption dans ce milieu.



On n’a pas cherché à tirer parti de ce qu’il dénonçait.



Très banalement, il a été jeté en prison…



En France, la mort de Fatima Mernissi n’a été annoncée que par un de ses éditeurs, Albin Michel.



Sans doute personne ne sait vraiment que les pages en caractères hébraïques de Fakrudin el Attar exprimaient estime et amour.



Et il a été assassiné par les troupes de Gengis Khan.



Gengis Khan, aussi illettré que Mohamad, qui a dit :



"Le plus grand bonheur, c’est de violer les femmes et les filles des ennemis violés, tandis que les larmes coulent sur leurs joues."



Quant au poète arabe, Al Mutanabbi, il disait, lui aussi :



"Le plus grand bonheur est de donner la mort."



Tout cela, dans la civilisation arabe, et les autres, nous le connaissons.



Nous l’avons vécu.



Nous le vivons.



Malgré tout, le rêve généreux de Fatima Mernissi demeure.



Même si elle n’est plus là pour l’exprimer, l’imaginer, le chérir.



Au moins, elle a su dire certaines choses.



Une sorte de prophétie, analogue à celle de Naomi Shemer, dans son chant "Jérusalem d’or".



A une jeune femme persane, voilée, qui s’émerveillait de me voir lire "La conférence des oiseaux", de Attar, j’ai di t :



Dans son livre, il y a plusieurs pages en caractères hébraïques.



Elles indiquent un chemin d’amitié, même si tous les humains de notre époque, au visage de bouledogue le refusent.



Talmud

"Avant la venue du Messie, le visage de l’époque sera celui du chien."



Des prophéties se connaissent, qui voient les hommes, malgré les massacres qu’ils aiment tant (et nous aussi) créer lumière et amitié.

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