A2730
Alfred de Musset : "Les caprices de Marianne. Pourquoi Coelio est-il amoureux de Marianne" ?



A2730 Alfred de Musset : "Les caprices de Marianne. Pourquoi Coelio est-il amoureux de Marianne" ?

Alfred de Musset : "Les caprices de Marianne. .Pourquoi Coelio est-il amoureux de Marianne"



LA PIECE



La pièce se passe à Naples (un Naples imaginaire) pendant le carnaval. Elle raconte l'histoire de Cœlio, un jeune homme amoureux qui rêve de conquérir Marianne, épouse du juge Claudio. N'osant l'aborder, il tente d'abord d'utiliser l'entremise de la vieille Ciuta, qui n'obtient rien de la jeune femme que l'affirmation de sa fidélité conjugale. Cœlio fait alors en dernier recours appel à son ami Octave, viveur et libertin, cousin du mari de Marianne. Celle-ci continue de refuser ses avances mais elle tombe peu à peu amoureuse du messager : par caprice, elle lui offre même un rendez-vous où elle lui annonce sa décision de prendre un amant, mais surtout lui avoue à demi-mot son amour.
Octave, après une phase d'indécision et un échange de répliques ambiguës, décide de ne pas profiter de cette chance, jouant loyalement le jeu de son ami Cœlio qu'il envoie au rendez vous obtenu. Cependant Claudio, l'époux de Marianne soupçonne sa femme d'adultère. Il décide d'employer des spadassins (tueurs à gages) pour abattre l'amant dès qu'il approchera de la maison. Cœlio tombe dans le guet-apens et, avant de mourir assassiné, peut croire à la trahison de son ami en entendant Marianne trompée par l'obscurité l'accueillir du nom d'Octave.
Pendant la dernière scène, Octave est accablé et il renonce à sa vie de plaisirs et repousse sèchement l'amour que lui déclare alors Marianne.



LES PERSONNAGES



Les Caprices de Marianne met en scène neuf personnages, avec des rôles plus ou moins importants : en effet, c'est le trio Marianne-Cœlio-Octave qui mène l'intrigue.
Claudio

Claudio est le mari de Marianne, mais ce mariage n'est pas un mariage d'amour. Il est riche, il a du pouvoir et il veut éliminer tous ceux qui tournent autour de sa jeune femme, comme, d'après lui, son cousin Octave. Claudio est juge et pourtant il engage des spadassins afin de tuer l'amant de sa femme. Claudio représente un véritable obstacle pour le trio Marianne-Cœlio-Octave, mais à la fin c'est lui qui triomphe : sa puissance, aussi bien que les conventions sociales, le mettent à l'abri de la Justice. Aussi Claudio, présenté au début comme un personnage burlesque, comme notable et mari (voir la scène avec Octave), apparaît finalement sous l'allure menaçante d'un homme déterminé et dangereux. Le thème du double dans Les Caprices de Marianne, acte 1 scène 1, évoque le personnage à double masque, personnage qui joue sur l'impression.
Marianne

Très jeune, unie au juge Claudio dans un mariage très conventionnel et imposé, elle se montre une femme dévote et une épouse attachée à ses devoirs : bonne représentante des femmes de son temps. Parfaitement froide et irréprochable au début de la pièce, elle écarte les sollicitations dont elle est l'objet, mais s'agace non moins de l'attitude de son mari. Sa curiosité s'en éveille. Marianne n'est pas une femme libre, sa liberté, ce sera l'homme qu'elle choisira pour amant. On lui a imposé un mari, on ne lui imposera pas son amant. D'où son rejet de Cœlio qu'elle ne connait pas. Elle n'est pas bigote, elle va à la messe car c'est son unique possibilité de sortir, mais elle ne parle pratiquement pas de Dieu. Elle est consciente d'être au centre d'un jeu hypocrite où les uns lui reprochent sa cruelle indifférence aux déclarations d'amour et les autres suspectent sans motif sa vertu. Sa rencontre avec Octave est une fulgurance passionnée qui va les dépasser tous les deux et les détruire : tout le drame romantique du XIXe siècle. Elle tombe amoureuse de Octave , cependant Octave va la repousser au nom de son amitié pour Cœlio, le double positif de sa jeunesse perdue et parce qu’il ne l'aime pas. Les caprices sont la vision machiste des hommes sur son comportement, ils ne la comprennent pas, parce qu'ils ne la connaissent pas. Elle ne répond pas à leurs attentes : refusant la brutalité et la jalousie de son mari, refusant l'amour du premier inconnu venu, étant belle et leur restant inaccessible. La pièce est vue à travers le point de vue des hommes. On a envie qu'Octave défende son ami, et c'est pourquoi au début on déteste Marianne, pour la découvrir au fur et à mesure, sous la plume de Musset : la Femme.
Cœlio

Cœlio est amoureux de Marianne. Il est le fils d'Hermia, le voisin de Claudio. Ce noble jeune homme cherche, pendant toute la pièce, à manifester son amour à Marianne : pour cela il utilise l'entremetteuse Ciuta puis sollicite l'intervention d'Octave, son ami. Mais malheureusement, c'est Octave qui sera aimé par Marianne. À la fin de la pièce, convaincu de son destin malheureux et de la trahison de son ami, Cœlio ne se dérobe pas à la mort. Il est représenté comme un héros romantique (c'est-à-dire un héros inadapté à son monde et qui représente le mal du siècle) lyrique, toujours enveloppé d'une auréole de mystère et de sombres pressentiments, dont la mort est tragique. Il est aussi considéré comme le « bon double » d'Octave.
Octave

Octave montre pendant le premier acte son côté bohème, ivre et insouciant, même lors de la première rencontre avec Marianne, qu'il essaie de convaincre d'aimer Cœlio. Cependant, pendant le deuxième acte, son attitude se nuance, et peu à peu son masque tombe, pour découvrir un personnage sensible, et qui, voyant bien qu'il pourrait profiter de la situation, décide finalement de s'effacer pour laisser Marianne à Cœlio. Cette évolution trouve son aboutissement lors de la dernière scène, où, après la mort tragique de Cœlio, et devant la tombe de son ami, Octave se retourne contre Marianne pour une cruelle mise au point: « Je ne vous aime pas, Marianne. C'était Cœlio qui vous aimait.»


Ce que Coelio aime en Marianne, c’est qu’elle est… mariée à un autre.



La lui enlever.



Ce ne sont pas ses propres qualités qui important, mais le caractère impossible d’une conquête.



Désœuvrement.



Vie vide.



Une romance bien poétique…

Retour à la page d'accueil : ici