A2710
Guido Ceronetti : "Le Cantique des cantiques"



A2710 Guido Ceronetti : "Le Cantique des cantiques"

"Le Cantique des cantiques"

Guido Ceronetti

Les Presses du Midi

2000



J’ai soif d’amour, j’ai soif de baisers !

J’ai envie d’être caressée à en perdre la tête

Je voudrais m’emplir d’amour comme mes poumons d’un parfum

Je voudrais être imprégnée d’amour comme la peau d’un onguent



Toi, beaucoup de gens t’aiment

Et certains y consacrent même toute leur vie



Je ne pense qu’à l’amour

Je l’aime plus que tous les plaisirs de la vie

Et même que ma fierté



Quoi, je ne suis pas assez bien pour lui

C’est vrai j’ai des défauts

Comme toutes mes pareilles



Mes défauts me viennent de la vie que j’ai menée jusqu’ici



Dis-moi où tu es

Sinon je risque d’aller chercher l’amour n’importe où



Toi que j’attends depuis toujours



Tu m’apparais comme un objet précieux

Qu’on choisit entre mille

Parce que tu sembles vouloir m’aimer



Donne-toi à moi !

Ouvre-moi ton sanctuaire le plus intime



Pénètre-moi d’amour jusqu’à mon tréfonds

Entre en moi comme une flèche inflexible qui
Incrustera ton sceau en moi



Garde-moi toujours enserrée dans ton amour



Avec moi tu veux rester encore ?



J’entends ta voix, mais je ne comprends pas ce que tu me dis



Tantôt je te sens là comme un étranger


Sortir de ma frilosité
Et retrouver une gaieté plus constante.



Je voudrais te voir, t’entendre, te toucher



Dispose de moi comme tu voudras



Quand la lumière s’éteint ne me laisse pas



Retrouvons-nous au-delà de tout ce qui nous sépare



Seule avec mon angoisse dans la nuit muette

Je te cherche mais ne te trouve pas



Je supplie les autorités

J’interroge follement



Quitte ce monde brutal qui était le tien

Quitte le pays d’orgueil et de violence cruelle

Où les hommes se conduisent comme des bêtes sauvages



En toi je suis entré comme en mon jardin privé


J’ai goûté toute ta douceur

Je me suis enivré de toi

J’ai absorbé en moi tout ce que tu étais



Je ressentais que sa main n’était plus posée sur moi

Au profond de mon ventre se tordait



Soudain un mugissement de douleur
Qui t’appelait



Je reste entièrement ouverte à mon aimé



Chlomo

Pour connaître la vie, un masque de libertin.

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